Jouets A. Kirouac: la fin d'une époque

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Le premier commerce Jouets A. Kirouac fondé en 1888 sur la rue Saint-Jean, à Québec.

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(Québec) Résigné à son sort, André Kirouac vient de mettre la clé sous la porte de son commerce, Jouets A. Kirouac, que son arrière-grand-père avait fondé en 1888 sur la rue Saint-Jean à Québec. 

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Un magasin Kirouac à Limoilou en 1960

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Qui ne connaît pas le magasin J.A. Kirouac? Eh bien, Jouets A. Kirouac était le dernier descendant de la lignée de J.A. Kirouac.

À la fin du mois de mai, André Kirouac mettait fin aux activités du magasin Jouets A. Kirouac qui logeait aux Galeries de la Capitale. 

Rappelons qu'à la suite de difficultés financières, la boutique avait fermé ses portes une première fois aux Galeries de la Capitale en 2004 avant de les rouvrir en 2010. Pour faire place à son concurrent américain Toys"R"Us, Jouets A. Kirouac avait alors déménagé son magasin du parc récréatif vers un endroit moins achalandé - près de l'entrée est du centre commercial, à deux pas du Dollorama.

Vers un cul-de-sac

La croissance fulgurante du compte de taxes municipal depuis la vente des Galeries de la Capitale de Marcel Adams (Les Développements Iberville) au Fonds de pension du Canada en 2005 semble être venue à bout du marchand de jouets centenaire. «Comme nous, d'autres petits commerçants sont tombés au combat.»

«Pendant des années, nous avons encaissé les pertes. Un bon jour, mes conseillers ont commencé à me dire que c'était bien beau la famille Kirouac et l'histoire entourant J.A. Kirouac à Québec, mais que la situation n'avait plus d'allure et surtout que ça n'irait pas en s'améliorant. Nous nous dirigions vers un cul-de-sac», confie André Kirouac au Soleil. J.A. Kirouac a finalement déclaré faillite. Cinq employés ont perdu leur emploi. «C'est dur pour eux aussi.»

André Kirouac rapporte que le montant de sa facture de taxes municipales était rendu plus élevé que celui de son loyer. «Les taxes représentaient le double de mon loyer! Ça n'avait plus de bon sens.» Il explique qu'après la vente du centre commercial en 2005 et la révision de l'évaluation foncière qui s'est ensuivie, sa facture de taxes municipales avait grimpé de 4 $ à 25 $ le pied carré.

«La direction du centre commercial n'a jamais ménagé les efforts pour nous aider à rester en vie», reconnaît le commerçant.

Tout en avouant ne pas être dans le secret des dieux ou connaître le fin détail des baux des locataires des grandes surfaces, André Kirouac s'interroge à savoir si ces derniers paient leur juste part de la hausse de la taxe foncière. Directeur général des Galeries de la Capitale, Yves Bois assure que les locateurs majeurs ne bénéficient d'aucun traitement de faveur.

Selon le rôle d'évaluation foncière de la Ville de Québec, la valeur imposable des Galeries de la Capitale s'élève à 328 millions $. Sa facture de taxes municipales en 2013 est de l'ordre d'un peu plus de 12,1 millions $.

La fin d'une époque

Si la faillite de J.A. Kirouac marque la fin d'une époque, la famille Kirouac demeure un rouage important de l'industrie du jouet en Amérique du Nord.

Par ses filiales et ses 150 employés, le consortium Famille Kirouac fait sa marque dans les secteurs de la fabrication, de l'importation et de la distribution de jouets pour le marché francophone.

Le consortium est aussi propriétaire du magasin grande surface Club Jouet situé sur la rue Bouvier. Il y a quelques années, plusieurs magasins Club Jouet avaient vu le jour au Québec dans le but de livrer bataille au Toys"R"Us, Costco et Walmart de ce monde. Il n'en reste plus qu'un seul et il se porte fort bien, assure André Kirouac en soulignant que la famille n'avait jamais cherché à associer le nom de Kirouac à celui de Club Jouet afin de préserver l'identité distincte de deux commerces.

Maintenant que Jouets A. Kirouac est disparu du décor, le nom de Kirouac sera-t-il associé davantage à celui de Club Jouet?

«Laissez-nous le temps de digérer tout ça, répond André Kirouac. Les derniers événements nous ont fait mal. On va prendre le temps de vivre notre deuil.»

Pour l'administrateur du consortium, la région de Québec représente un marché qui n'a pas son pareil en Amérique du Nord.

«Trouvez-moi une autre ville d'importance qui peut compter sur d'irréductibles commerçants locaux comme Club Jouet et Benjo - pour les jouets de haut de gamme - qui tiennent tête aux géants américains. Il y a juste à Québec qu'un tel phénomène peut se produire. Si vous êtes en mesure d'offrir des prix et des services comparables aux gros joueurs, les gens de Québec vous seront toujours fidèles.»

André Kirouac... (Photo Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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André Kirouac

Photo Le Soleil, Erick Labbé

125 ans d'histoire

Il y a 125 ans, Joseph-Arthur Kirouac s'associait à Odilon Pruneau pour fonder la maison Pruneau et Kirouac. Situé sur la rue Saint-Jean, entre la porte Saint-Jean et la côte du Palais, le commerce vendait des livres, des articles de bureau, de la papeterie et des jeux.

En 1904, le bâtiment était complètement anéanti par un incendie. Désormais seul en affaires, M. Kirouac a relancé le commerce, sur la côte de la Fabrique face à l'hôtel de ville de Québec, sous le nom de J.A. Kirouac.

Comble de malheur, un autre incendie a rasé le magasin en 1936. Avec l'aide de ses fils Ernest et Marcel, Joseph-Arthur Kirouac a relevé ses manches et a reconstruit le commerce qui trône au coin des rues Collin et Saint-Jean.

Dans un court historique publié par Céline Kirouac, on raconte que J.A. Kirouac a toujours cherché à se démarquer de la concurrence en proposant à ses clients des produits de qualité originaux. Par les spécialités de la maison : les poupées importées d'Europe, les jeux éducatifs Meccano et les trains électriques.

Dans les années 2000, Kirouac comptait une dizaine de magasins à travers le Québec.

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