Lutte contre les incendies de forêt: un dispendieux exercice

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Un avion-citerne déverse de l'eau du haut des airs sur un feu en complément avec les équipes qui combattent au sol.

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Jean-Michel Poirier
Le Soleil

(Québec) Au Québec, combattre les incendies de forêt est un exercice dispendieux. Cette année, la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) dispose d'un budget opérationnel de 49 millions $ pour s'acquitter de sa mission. Ce montant englobe les frais de structure et le personnel. Cependant, devant l'ampleur de la tâche et le nombre limité de ressources, des frais d'embauche de personnel additionnel - les frais de suppression - s'ajoutent chaque année. En 2012, ces frais étaient de 38 millions $.

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Le budget de la SOPFEU provient de deux sources : du ministère des Ressources naturelles et de l'industrie forestière. Le Ministère contribue à hauteur de 62 % du budget contre 38 % pour l'industrie. François Lefebvre, directeur général de la SOPFEU, ajoute que le budget opérationnel de l'organisation est plutôt stable d'année en année.

«On n'a cependant pas de contrôle sur l'augmentation des coûts de l'essence, par exemple.»

Les frais de suppression sont financés de la même manière que le budget annuel de l'organisation et selon le même ratio.

Représentation régionale

L'organisme est chapeauté par un conseil d'administration de 20 membres, composé à 75 % par l'industrie forestière et à 25 % par le gouvernement. Les membres de l'industrie proviennent des cinq secteurs géographiques de couverture de la SOPFEU : le sud-ouest, le nord-ouest, le centre-nord, le centre-sud ainsi que l'Est-du-Québec. Questionnée sur le manque de représentativité de l'industrie touristique, Eloïse Richard, la porte-parole de l'organisme, affirme que le gouvernement remplit le rôle de représentation pour le milieu touristique. Il est possible de noter que le milieu municipal n'est, lui non plus, pas représenté.

Pour donner un coup de main aux 230 pompiers réguliers qui affrontent les flammes, deux types de ressources temporaires peuvent être embauchées. «Il peut s'agir d'entreprises, souvent sylvicoles, qui viennent nous supporter. Ils sont environ 600», affirme François Lefebvre. Ces derniers ne sont cependant pas autonomes et doivent être supervisés par l'organisme.

M. Lefebvre ajoute que la SOPFEU peut aussi faire appel à des pompiers professionnels des autres provinces canadiennes ainsi que des États-Unis pour aider à combattre les incendies lorsque la situation l'exige. Cependant, le dg précise que ce bassin de ressources modulables peut être limité, car «eux aussi ont des obligations» sur leurs territoires respectifs.

Quant à savoir si l'estimation de Jacques Viger, représentant de la sécurité civile, de 10 000 $ l'heure pour une intervention de la SOPFEU donnée au collègue David Rémillard est exacte, Éloïse Richard tient à nuancer les propos de M. Viger. Selon elle, il est difficile de chiffrer avec exactitude le coût moyen d'une intervention sur un incendie. «Il y a trop de variables. La taille du feu, le nombre de largages et la quantité d'intervenants au sol peuvent faire varier les coûts», a-t-elle affirmé.

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Aucun mode de sélection, selon le dg

Fortement critiquée dans sa gestion des incendies à Baie-Johan-Beetz, la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) se défend de hiérarchiser l'importance des secteurs d'activité touchés par les incendies et de priviliégier l'industrie forestière, représentée à 75 % au conseil d'administration, aux dépens des autres secteurs économiques qui dépendent de la forêt. Le directeur général de l'organisme, François Lefebvre, se veut rassurant. «Les priorités sur les feux sont à la protection des vies humaines. On évacue et on combat le feu. Il n'y a pas de mode de sélection», a-t-il affirmé.

Il ajoute que la SOPFEU obéit à des normes fixées par le gouvernement et que le conseil ne peut les modifier.

D'ailleurs, il précise que même si la SOPFEU ne se substitue pas aux services de pompiers locaux et n'est pas au service des municipalités, l'organisme protège indirectement les communautés. «Et elles n'ont pas à débourser un sou», poursuit M. Lefebvre. «Prenez une communauté comme Parent, en 1995; on a travaillé sur le feu et on a protégé la municipalité», a-t-il ajouté. Le dg tient aussi à ajouter que même si les incendies sont dommageables, «toute l'activité économique qu'on amène est importante».

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