Restaurants et bars de la haute-ville: morosité malgré le FEQ et le beau temps

Le déploiement du Festival d'été est certes la... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le déploiement du Festival d'été est certes la bienvenue de la part des commerçants de la haute-ville, mais l'effervescence ne se fait pas nécessairement ressentir sur la caisse enregistreuse.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Marie-Pier Duplessis
Le Soleil

(Québec) Le Festival d'été de Québec (FEQ) a beau battre son plein en même temps que le retour du soleil et du beau temps, il semble que les restaurateurs n'en ont toujours pas pour leur argent. Pour certains d'entres eux, 2013 pourrait être «une année à oublier».

Denis Pelletier, propriétaire du Complexe Maurice, sur Grande Allée, est catégorique. «Enfin, Dame Nature nous aide et c'est très bien, mais on paye encore pour le manque de saison qu'on a eu en mai et en juin. Même si on a une belle fin d'été, ça va juste minimiser les dommages. Vraiment, 2013 pourrait être une année à oublier», se désole-t-il.

Il y a deux semaines, Le Soleil faisait état de l'inquiétude des hôteliers face à la saison touristique estivale qui avait débuté maussadement. Force est de constater que les restaurateurs et les teneurs de bars ne sont guère plus satisfaits.

Au Pub D'Orsay, dans le Vieux-Québec, on constate que l'achalandage depuis le début de la saison est «relativement calme», malgré une légère augmentation par rapport à l'an dernier. «Ce n'est pas les grosses années qu'on a connues il y a 7, 8, 9 ou 10 ans, soutient le propriétaire, Marcel Veilleux. D'ailleurs, on observe une baisse significative depuis 2008, sauf en 2011, où l'on a connu un excellent été», détaille ce dernier.

Le déploiement du Festival d'été est certes la bienvenue de la part des commerçants de la haute-ville, mais l'effervescence ne se fait pas nécessairement ressentir sur la caisse enregistreuse. «On sent un regain, mais ce n'est pas la mer à boire non plus, note M. Veilleux. Ça nous amène un certain dynamisme [en ville], mais ça ne nous apporte pas nécessairement plus de clientèle, contrairement aux Fêtes de la Nouvelle-France et au Festival de musique militaire qui, pour nous, s'avèrent beaucoup plus intéressants au niveau des affaires.»

Outre la situation géographique - le Festival d'été se concentre beaucoup plus du côté de la colline parlementaire que du côté du Vieux-Québec - M. Veilleux explique ce phénomène par le profil des festivaliers. «Le Festival d'été attire énormément de jeunes, qui n'ont pas nécessairement l'argent pour aller manger au restaurant. Prendre une bière, oui, mais pas pour se payer une bonne bouffe avant de se rendre sur le site.»

M. Pelletier, qui gère à quelques pas des plaines d'Abraham un restaurant (Voodoo Grill), une boîte de nuit (Le Maurice) et deux autres établissements nocturnes (Charlotte Ultra Lounge et Société Cigare), ne perçoit pas non plus une augmentation significative de sa clientèle depuis le début du FEQ et le retour du beau temps. «Même s'il fait beau et qu'il y a de l'animation en ville, les gens n'ont pas encore profité de leur cour, de leur bateau et de leur piscine. Vu que la température n'était pas là les deux derniers mois, on dirait que les gens veulent tout faire en même temps.» Résultat, dit-il, ce sont les sorties au restaurant et dans les bars qui écopent. Par exemple, «on sent que les gens ont retardé leur arrivée d'une demi-heure pour faire la fête. Pour nous, chaque 15 minutes est super important parce que les gens veillent en moyenne seulement deux heures et demie par soir. Donc à toutes les 15 minutes qu'ils retardent, on perd de 7 % à 10 % de nos possibilités de vente.»

Céline et paul McCartney ne changeront rien

Le Capitole de Québec est situé à quelques pas d'une des scènes du Festival d'été, à Place d'Youville. Là-bas, la clientèle est au rendez-vous, mais, selon le propriétaire, cette situation est davantage due à la prévente de billets de spectacles présentés entre ses murs qu'à la présence de festivaliers en ville. «Le FEQ marque toujours le vrai départ de la saison, concède Jean Pilote, mais nous, on a de l'activité depuis le 21 [juin] à cause de notre spectacle de Johnny Cash. Veut, veut pas, chaque soir on a environ 1000 personnes au théâtre et 500 personnes au cabaret qui viennent généralement souper avant le spectacle.»

«Pas la plus grosse année»

Selon l'homme d'affaires, 2013 «ne sera pas la plus grosse année, mais ça ne sera pas catastrophique non plus». «C'est sûr que ça a mal parti, on a rarement vu ça. Je pense qu'on a battu des records de pluie et de froid, mais, honnêtement, les gens sortent quand même.»

À son avis, la venue de Paul McCartney et de Céline Dion ne changera pas grand chose à son achalandage, puisque ces spectacles tombent en même temps que les vacances de la construction. «Le 27 [juillet], qu'il y ait Céline Dion ou personne en ville, c'est toujours mon plus gros samedi de l'année, explique M. Pilote. On ne peut pas être plus plein que plein. McCartney, ça sera peut-être différent un peu parce que ça tombe un mardi, mais ça n'aura pas le même impact que quand on fait un événement comme Madonna l'an passé, vu que c'était à la fin de la saison.»

*****************

Plus de touristes étrangers

Malgré une année plutôt morose du côté des affaires, Denis Pelletier, du Complexe Maurice, se réjouit de voir les touristes étrangers en plus grand nombre à Québec, notamment ceux en provenance des États-Unis.

«On sent chez nous plus d'Américains et d'Européens que par les années précédentes, expose-t-il. Je ne sais pas si c'est dû à l'effet des avions directs en provenance de Chicago, de Boston et de New York, mais on rencontre beaucoup de couples américains qui ne sont pas en congrès, qui sont en vacances. L'économie américaine semble avoir repris de la vigueur, et l'effet se fait sentir jusque chez nous.»

Malgré tout, la clientèle de base des restaurants et des bars demeure celle de l'intérieur, et vient des différentes régions du Québec. «C'est sûr que touristiquement parlant, on ne vit pas les meilleures années», affirme Marcel Veilleux, propriétaire du pub D'Orsay. «Les Québécois n'ont pas tant d'argent dans leurs poches, mais ils semblent dire qu'ils veulent rester dans leur environnement pour leurs vacances.» Quant aux touristes étrangers, estime-t-il, il s'agit d'un bonus.

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