Fin des cages de gestation pour les truies au Canada en... 2022

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Claudette Samson

(Québec) Les cages de gestation dans lesquelles sont confinées les truies durant leur grossesse seront délaissées au Canada à compter de 2022, alors que huit grands détaillants s'engagent à ne plus commercialiser la viande provenant de ces bêtes. Une consultation publique débutera samedi sur les façons d'opérer ce virage majeur et sur ses répercussions.

Cet engagement volontaire vient des chaînes de supermarchés Loblaw, Metro, IGA-Sobeys, Walmart, Costco, Coop Atlantique, Canada Safeway et Federated Co-operatives, qui représentent environ 90 % des ventes d'épicerie au pays. Il porte sur tout le porc frais produit en Amérique du Nord, et non seulement au Canada. Les producteurs qui ne voudront pas s'adapter seront délaissés.

Le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD), dont font partie ces entreprises, «est d'avis que les truies devraient être logées dans un milieu favorisant le plus possible leur grossesse, leur santé et leur bien-être; qui plus est, la sélection d'un système de logement des truies devrait tenir compte de principes scientifiques éprouvés, des attentes des parties intéressées et de la viabilité à long terme de l'industrie», écrit l'organisation dans un communiqué publié à la fin d'avril.

Selon Nathalie Saint-Pierre, vice-présidente du CCCD pour le Québec, cette décision découle de la préoccupation grandissante des consommateurs à l'égard des conditions de logement des truies. Quiconque a vu ces bêtes pendant leur grossesse ou lors de l'allaitement de leurs petits a pu constater qu'elles n'ont d'autre choix que de demeurer debout ou couchées, coincées qu'elles sont dans ces cages à peine plus grandes qu'elles.

À compter de samedi, le Conseil national pour les soins aux animaux d'élevage consultera la population - consommateurs, éleveurs, scientifiques... - sur cette question. Cette consultation coïncide avec la révision du Code de pratiques pour les porcins dont la dernière mouture remonte au début des années 90.

Pour Jean-Guy Vincent, président du Conseil canadien du porc, une organisation ayant participé aux discussions avec les autres maillons de la chaîne, la démarche devra s'appuyer sur des données scientifiques et non sur les pressions exercées par les groupes de défense des animaux. Elle devra aussi maintenir le «haut niveau de qualité et de salubrité» actuel.

Diverses façons de faire existent, mais quelles sont les meilleures? demande-t-il. Le recours à des cages de gestation avait permis de diminuer les blessures dues aux comportements agressifs entre les cochons, tout en contrôlant mieux l'alimentation des futures mères. Comment modifier ces conditions tout en maintenant ces avantages?

Échéance

Si l'échéance de 2022 peut paraître lointaine, c'est qu'un tel virage ne se fait pas en criant ciseau.

«On ne peut pas juste dire aux producteurs: "Faites-le", dit M. Vincent. Les importants investissements requis par un tel changement pourraient avoir pour effet d'éliminer les petits producteurs au profit des grandes corporations. «Je ne pense pas que c'est ce que le public veut.»

La question est donc posée sur les coûts de l'opération et leur répartition. Le Conseil canadien de commerce au détail reconnaît cet impact, ce qui conforte M. Vincent. Il est clair, dit-il, que les producteurs devront recevoir du soutien, mais également que chacun devra faire sa part, du producteur au consommateur.

Le Conseil national pour les soins aux animaux d'élevage doit faire connaître le 1er juin les conditions de la consultation devant durer 60 jours. L'objectif est d'avoir un nouveau Code de gestion pour les porcins avant la fin de 2013.

L'entreprise Olymel, qui a acquis en janvier le deuxième producteur de porcs au pays, se disant persuadée en mars dernier de pouvoir adapter sa production en fonction des nouvelles normes déjà en vigueur en Europe d'ici 10 ans. Elle estimait alors l'investissement requis à 10 millions $.

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