TeraXion: sur terre et bientôt dans l'espace

Alain-Jacques Simard, président et chef de la direction... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Alain-Jacques Simard, président et chef de la direction de TeraXion, a fondé la firme en avril 2000 - avec Alain Chandonnet, Martin Guy et Ghislain Lafrance - après avoir travaillé au chantier maritime MIL Davie et pour Loto-Québec.

Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) «Notre marché, c'est le monde. Et bientôt, ça sera l'espace!»

Président et chef de la direction de TeraXion, Alain-Jacques Simard n'en dira guère plus à ce sujet au Soleil.

«Nous travaillons actuellement à un projet avec le Massachusetts Institute of Technology [MIT]. Laissez-moi seulement vous dire qu'il y aura du TeraXion dans l'espace à compter de 2016.»

Celui qui a été ingénieur de production au chantier maritime MIL Davie puis gestionnaire et responsable de nombreux projets d'expansion et de développement de casinos au Québec et à l'étranger pour Loto-Québec avant de fonder TeraXion en avril 2000 - avec Alain Chandonnet, Martin Guy et Ghislain Lafrance - ne sera pas plus loquace quand viendra le temps de parler du chiffre d'affaires de sa compagnie. «Il a doublé en l'espace de trois ans», se limitera-t-il à dire.

Motus et bouche cousue également au sujet du montant de l'investissement que vient de faire TeraXion dans le Parc technologique du Québec métropolitain pour regrouper dans un seul immeuble la centaine d'employés qui évoluaient dans trois bâtisses différentes. «Tous ces chiffres, je m'en excuse, je les ai oubliés!»

Puis, il reprend son sérieux.

«Par cet investissement, nous voulons envoyer un message. C'est à Québec que nous voulons faire grandir notre entreprise», affirme M. Simard qui, avec les autres fondateurs, a pu racheter «son» entreprise, en 2010, avec l'aide du Fonds de solidarité FTQ, de la Caisse de dépôt et placement, de Fondaction CSN et d'Accès Capital. Dans les années précédentes, TeraXion avait réalisé trois rondes de financement lui permettant d'amasser 28,5 millions $US auprès d'actionnaires japonais et américains notamment.

TeraXion conçoit, développe et fabrique des composants optiques pour des systèmes de télécommunication. Elle se spécialise dans le développement de produits destinés à la correction des signaux optiques de transmission de données à haute vitesse. Ses clients sont les grands équipementiers de ce monde (Siemens, Huawei ou Alcatel-Lucent) qui intègrent la technologie québécoise dans leurs systèmes de télécommunication.

«Il y a de bonnes chances que le courriel que vous envoyez passe par du TeraXion», souligne Alain-Jacques Simard en précisant que l'«explosion» de la consommation de bande passante, que ce soit, par exemple, pour le téléchargement de films sur Internet ou encore par l'envoi de photos ou de vidéos, offrait à TeraXion des opportunités d'affaires exceptionnelles. Les solutions technologiques de TeraXion permettent, entre autres, d'augmenter la portée des autoroutes optiques et d'accroître la vitesse de transmission sur les réseaux existants.

En plus du monde des télécommunications, TeraXion a mis au point des applications, notamment par l'entremise de lasers industriels et de capteurs optiques, pour les domaines industriel et médical et pour ceux de l'aérospatiale, de la défense et de l'énergie.

Au-delà des frontières

Pas surprenant, donc, d'apprendre que le marché de la compagnie québécoise dépasse largement les frontières canadiennes. Dans les faits, 99 % des ventes de TeraXion ont été faites à l'extérieur du pays. «L'an dernier, nous avons réalisé 30 % de ventes en Chine.»

La performance de l'entreprise ne passe pas inaperçue. Il y a une dizaine de jours, TeraXion remportait le Mercuriade accordé par la Fédération des chambres de commerce du Québec à la société qui avait déployé une stratégie gagnante d'exportation ou d'investissement à l'étranger lui permettant d'accéder aux plus grands marchés internationaux dans son domaine d'expertise. «Nous n'avons pas l'habitude de courir les concours, mais nos actionnaires tenaient, cette année, à ce que nous soyions des Mercuriades. Et pourquoi pas?» de confier Alain-Jacques Simard en soulignant que l'entreprise demeurait à l'affût de nouvelles acquisitions. En mars dernier, elle mettait le grappin sur une société d'Ottawa, Cogo Optronics, qui développe des technologies pour les prochaines générations de réseaux optiques à haute vitesse.

«Nous nous faisons toujours une fierté de souligner que 30 % de nos revenus proviennent de la Chine et que 100 % de nos produits sont fabriqués à Québec. Avouez que vous n'entendez pas ça souvent.»

Le savoir-faire québécois au Chili

Avant de se retrouver dans l'espace, le savoir-faire de TeraXion s'exerce sur le plancher des vaches. Plus précisément dans le désert d'Atacama, au Chili.

En effet, TeraXion est l'un des partenaires incontournables dans le projet ALMA (Atacama Large Millimeter Array) qui consistait à installer à plus de 5000 mètres d'altitude le plus puissant réseau de radiotélescopes jamais construit par l'être humain, et ce, pour détecter les secrets de l'origine du cosmos. Une affaire de 1,5 milliard $. ALMA est en opération depuis la mi-mars.

Le réseau de radiotélescopes est constitué de 66 antennes pesant chacune plus de 100 tonnes. L'un des défis de ce projet était d'en arriver à fournir des signaux de référence à chacune des 66 antennes afin qu'elles puissent transmettre l'information recueillie au télescope géant de 16 km de diamètre. Grâce aux technologies laser développées par TeraXion, la synchronisation a pu être réalisée.

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