L'INO aux barricades contre les compressions budgétaires en recherche

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«Faire le choix de couper dans la recherche pour boucler son budget, c'est le pire des choix. C'est hypothéquer l'avenir du Québec et celui de la région de Québec» - Jean-Yves Roy, pdg de l'INO

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(Québec) L'Institut national d'optique n'ira pas frapper sur des casseroles dans les rues, mais il ne peut demeurer silencieux devant les compressions imposées par le gouvernement du Québec au secteur de la recherche et du peu de considération affichée par ce dernier à l'égard des centres de recherche à vocation industrielle.

Pdg de l'INO, Jean-Yves Roy n'a pas participé à l'une ou l'autre des quatre rencontres préparatoires au Sommet sur l'enseignement supérieur qui se tiendra les 25 et 26 février. Il n'avait pas été invité. Il ne participera pas non plus au sommet. Il n'a pas été invité. «Pourtant, nous, les centres de recherche à vocation industrielle, nous sommes le lien indispensable entre la recherche qui se fait dans les laboratoires des universités et le développement et la commercialisation des inventions des chercheurs.»

Depuis l'arrivée en scène du nouveau gouvernement, l'INO se sent bien seul. Il est passé de la responsabilité du défunt ministère du Développement économique et de l'Innovation et de l'Exportation à celui de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie. «L'INO a été noyé dans ce nouveau ministère», affirme Jean-Yves Roy qui prend la plume, au nom de son organisation qui fait travailler 200 personnes, pour dénoncer les coupes « absolument catastrophiques» faites par les péquistes dans le monde de la recherche. Sa lettre est publiée dans le Carrefour des lecteurs (p. 25).

L'INO a tenté de rencontrer la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais. «On nous a envoyé un accusé de réception nous disant qu'elle viendrait bientôt nous voir.»

Recherche fondamentale

Même si elles ont été réduites de 63 à 38 millions $, les coupes dans la recherche fondamentale feront mal. «Faire le choix de couper dans la recherche pour boucler son budget, c'est le pire des choix. C'est hypothéquer l'avenir du Québec et celui de la région de Québec», martèle M. Roy en entrevue au Soleil.

Dans la région de Québec, des centres de recherche à vocation industrielle, en plus de l'INO, ont joué un rôle déterminant, au cours des 20 dernières années, pour sortir Québec de sa vocation de ville de fonctionnaires et pour lui insuffler un vent de changement dont les fruits tombent aujourd'hui de l'arbre. Qu'il suffise de penser au Centre de recherche industrielle du Québec, à l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement, à COREM, à FP Innovations ou encore aux 46 instituts et centres de recherches de l'Université Laval qui regroupent 1000 professeurs chercheurs. «Nous nous retrouvons tous, aujourd'hui, dans le même bain. »

Jean-Yves Roy craint que les décisions qui seront prises au Sommet sur l'enseignement supérieur «aboutissent à des compromis sur le financement des universités qui pourraient ultimement affecter les budgets de recherche.»

Respect de l'entente

Le pdg de l'INO ne cache pas non plus ses craintes au sujet du budget du centre de recherche. Ottawa (9 millions $) et Québec (7 millions $) assument une partie du budget annuel de fonctionnement de l'INO. L'entente avec les deux paliers de gouvernement est valide jusqu'en 2016. Québec finance également à la hauteur de 80 % les achats d'équipements scientifiques. «Des clauses des ententes avec les gouvernements permettent à ces derniers de cesser de verser leur part à tout moment. Est-ce que Québec pourrait aller jusque-là? Je dois vous avouer que ça nous inquiète et que les signes que nous percevons ne sont guère positifs. Nous n'avons aucune indication à l'effet que l'entente sera respectée à la lettre», soulève Jean-Yves Roy en indiquant que l'INO, dans un souci de bonne administration, essayait toujours d'en faire plus avec moins et cherchait à être plus présents auprès des entreprises pour vendre son expertise dans le domaine de l'optique-photonique.

Depuis un quart de siècle, l'INO a contribué à la création de 28 entreprises qui fournissent aujourd'hui un gagne-pain à plus de 1000 personnes.

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