Le marché du condo à Québec préoccupe Desjardins

«La construction neuve de copropriétés doit absolument s'affaiblir... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

«La construction neuve de copropriétés doit absolument s'affaiblir à Québec afin de faciliter l'écoulement de nouveaux projets» - Hélène Bégin, économiste principale des études économiques de Desjardins

Photothèque Le Soleil

Partager

(Québec) Les économistes du Mouvement Desjardins se montrent inquiets par le nombre élevé de condominiums neufs invendus dans la région de Québec.

«Une situation préoccupante», a indiqué lundi l'économiste principale Hélène Bégin des études économiques de Desjardins dans une note de recherche portant sur le marché de l'habitation en sol québécois.

Les mises en chantier de copropriétés ont grimpé de 30% l'an dernier dans la région métropolitaine alors que près de 1000 unités neuves terminées sont présentement inoccupées. «La construction neuve de copropriétés doit absolument s'affaiblir à Québec afin de faciliter l'écoulement de nouveaux projets», a fait valoir Mme Bégin au Soleil.

Dans le cas de Québec, l'économiste de Desjardins rappelle que les promoteurs immobiliers devront tôt ou tard lever le pied sur l'accélérateur, «s'il n'est pas déjà trop tard». Car pour absorber le fort surplus de copropriétés actuellement sur le marché, le nombre de mises en chantier devra diminuer d'au moins 15 % cette année et de 10 % l'an prochain.

Or, c'est plutôt le contraire qui a été observé en janvier dans la région de Québec alors que le nombre de mises en chantier a bondi de 300 %, passant à 423 logements.

Depuis l'été dernier, le nombre de transactions est d'ailleurs en forte baisse dans la capitale. En décembre, la baisse des ventes de condos a chuté de 41 % alors que le nombre de nouvelles inscriptions a passablement augmenté.

En janvier, le prix moyen de vente d'un condo à Québec s'est élevé à 227 690 $, en hausse de 9% sur un an.

Ce surplus de condos neufs pourrait d'ailleurs mener à des baisses de prix éventuelles si le marché ne se discipline pas rapidement. «Il y a certains secteurs à risque. Il faut en être conscient», a fait remarquer l'économiste.

Dans les années 90, la forte construction de copropriétés avait d'ailleurs mené à une baisse remarquée et soutenue des prix de vente à Québec. À cette époque, le ratio vendeur/acheteur s'élevait à près de 50 à Québec et à 30 à Montréal.

Le marché du condo est maintenant à l'avantage des acheteurs à Québec où l'on compte plus de 10 produits disponibles pour chaque client intéressé.

Promotion

Pour liquider leurs surplus d'inventaires, certains promoteurs offrent d'ailleurs des promotions rarement vues.

C'est le cas du promoteur immobilier CDE Constructions qui dit avoir près de 600 condos à liquider en ce moment. CDE Constructions offre aux nouveaux acheteurs de payer pendant un an les taxes municipales, les frais d'hypothèque et les frais communs de leurs nouvelles résidences. Des économies qui peuvent s'élever à plus de 15 000 $ sur un an.

Unifamiliale

Outre le marché du condo, Desjardins prévoit que le marché de la résidence unifamiliale demeurera vigoureux à Québec en 2013 en raison de la rareté des terrains. «Malgré une activité moins soutenue, le marché des maisons unifamiliales demeure en situation de pénurie alors que le bassin des propriétés n'est pas suffisant pour combler entièrement la demande des acheteurs potentiels», a souligné Mme Bégin.

Chemin faisant, Desjardins croit que le prix de vente moyen d'une résidence unifamiliale va s'apprécier de 3 %, à 263 872 $, dans la région de Québec en 2013.

Plusieurs économistes sont toutefois en désaccord avec la position de Desjardins. C'est le cas de l'économiste Derek Holt de la Banque Scotia qui soutient que le marché immobilier canadien est clairement en correction.

Ajustements en vue

À la Banque du Canada, le gouverneur Mark Carney est d'avis que le marché immobilier canadien va encaisser au cours des deux prochaines années d'importants ajustements, a-t-il rappelé dimanche lors d'une entrevue au réseau CTV.

Le gouverneur, qui quittera ses fonctions en juillet, insiste pour dire que l'enrichissement des ménages ne doit pas uniquement reposer sur la hausse de la valeur des maisons. «La vraie richesse s'obtient par l'innovation et l'effort au travail», a-t-il observé.

La Banque du Canada entend poursuivre ses efforts dans le but de décourager l'endettement des ménages par l'achat de maisons à fort prix. Rappelons que le taux d'endettement des ménages canadiens s'élève tout près à 164 % de leur revenu disponible.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer