L'industrie du bingo en quête d'un second souffle

Les gens de l'industrie du bingo se réuniront... (Photothèque Le Soleil)

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Les gens de l'industrie du bingo se réuniront le 13 mars prochain à Gatineau afin de se pencher sur les moyens de raviver l'intérêt pour cette activité.

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(Québec) Les efforts ne suffisent plus pour rentabiliser les salles de bingo dont les revenus sont en chute libre en raison d'une clientèle vieillissante. 2013 marque une année charnière durant laquelle l'industrie proposera un plan pour moderniser les salles et diversifier l'offre de jeux. Plus encore, elle demande un nouveau partage des revenus.

Des 207 millions $ de chiffres d'affaires en 2009-2010, l'industrie du bingo en générait près de 30 % de moins l'année suivante avec 152 millions $. Malgré une hausse de 10 millions $ l'an dernier, on ne peut parler de reprise.

Tout au plus, a-t-on arrêté momentanément la saignée qui dure depuis plus de 10 ans, explique Gaston Leroux, directeur général du Secrétariat du bingo du Québec, qui agit à titre d'organisme-conseil auprès du ministère de la Sécurité publique. «C'est une année charnière. Les enjeux seront sur la table et il faut se regrouper autour d'objectifs communs pour l'avenir du bingo», reconnaît-il, sans ambages.

Le secrétariat déposera bientôt une étude sur l'état de l'industrie, allant du profil des joueurs aux revenus des salles, en passant par la perception de la population. «Ce sont des données qui nous manquent pour mieux comprendre la problématique», précise le dg.

Ce qui est évident, c'est que la clientèle vieillit et qu'il y a peu d'intérêt chez les jeunes. C'est pourquoi le Secrétariat a aussi mandaté une firme d'élaborer un plan de modernisation des salles. «Que ça soit à Rouyn-Noranda ou en Gaspésie, on veut uniformiser les salles. Les couleurs, l'atmosphère, on voudrait que ça soit partout pareil. Il faut décrocher de l'image traditionnelle qui n'est plus au rendez-vous pour les jeunes.»

Le 13 mars aura lieu une importante rencontre à Gatineau où seront présents les gestionnaires de salles, la Société des bingos du Québec et la Ontario charitable Gaming Association. «On aura une meilleure idée pour voir ce qui se fait ailleurs et diversifier l'offre. La perception du jeu est que c'est trop long. Comment faire pour faire des sessions plus courtes pour ne pas coincer les participants? C'est le genre de question qu'on se posera.»

Une loi à changer

Actuellement, la loi prévoit que 45 % des revenus sont remis aux organismes communautaires affiliés. Le reste, 55 %, sert à couvrir les frais de gestion des salles. La diminution des revenus des dernières années crée des déficits. C'est ce mode de calcul qui doit changer.

«Peut-il y avoir une autre formule? Il faut être imaginatif. Ça pourrait être des ententes selon les revenus, suggère M. Leroux. L'objectif ultime est de garantir un revenu aux organismes communautaires et de garnir leurs coffres. Si les bingos n'existaient pas, ils devraient frapper à d'autres portes.» L'an passé, les bingos ont remis 54 millions $ à 800 organismes communautaires à travers la province.

D'ailleurs, le directeur prévoit faire une tournée des régions pour expliquer ce que rapportent et à qui profitent les bingos. «J'ai l'impression que beaucoup de gens ne savent pas pourquoi ils ont été créés et que c'est le communautaire qui en bénéficie», conclut-il.

«Un baume» nommé Kinzo

Le Bingo des Chutes dans Beauport a encore vu fondre sa «clientèle bingo» en 2012. Une perte de 10 % cette fois-ci. Heureusement, l'arrivée du kinzo sauve la mise.

Le kinzo a connu une bonne première année d'opération, signale Roch Huot, directeur du bingo du boulevard Sainte-Anne. Le kinzo, c'est cette variante du bingo qui se joue en réseau à travers une quinzaine de salles au Québec. Avec sa courte durée de jeu d'une dizaine de minutes et son rythme plus rapide, le kinzo doit attirer une nouvelle clientèle et aider les salles de bingo à se rentabiliser.

La Société des bingos souhaite se rendre à une quarantaine de salles d'ici peu et pourrait étendre son réseau à l'extérieur des salles de bingo.

«J'ai fait un bénéfice net de 150 000 $ avec le kinzo cette année et j'ai réussi à drainer une nouvelle clientèle, se réjouit M. Huot. C'est un baume, mais pas un remède miracle, prévient-il. Je persiste à dire que c'est un beau complément, mais ça ne remplace pas le bingo. Du moins, actuellement.»

Comme M. Leroux, il croit que l'industrie est à la croisée des chemins. En 2010, il avait remis 1,2 million $ à des organismes communautaires. En 2011, le montant atteignait 936 000 $. Et il a chuté à 778 000 $ l'an passé.

À l'étape de la promotion

Parallèlement, et malgré le bénéfice du kinzo, le directeur doit gérer un déficit de 66 000 $. Comme quoi, il y a encore beaucoup à faire pour retrouver le chemin de la rentabilité. «La prochaine étape consiste à rentabiliser certaines plages horaires plus tranquilles pour le kinzo. On est à l'étape de la promotion. Encore beaucoup de monde ne connaissent pas ce nouveau jeu», convient-il.

Mais au-delà du kinzo, il soutient qu'un nouveau pacte est nécessaire pour éviter les déficits à répétition.

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