Gentilly-2: la fermeture est irrévocable, affirment le PQ et Hydro-Québec

Le PDG d'Hdro-Québec, Thierry Vandal, reconnaît qu'il y... (La Presse Canadienne)

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Le PDG d'Hdro-Québec, Thierry Vandal, reconnaît qu'il y a eu explosion des coûts dans les prévisions de rénovation de la centrale, située à Bécancour, près de Trois-Rivières.

La Presse Canadienne

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(Québec) Le gouvernement Marois et Hydro-Québec ont scellé le caractère irrévocable de la décision de fermer et de démanteler la centrale nucléaire Gentilly-2.

Mardi matin, la ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles Martine Ouellet a éteint, dès le début de la commission parlementaire «sur le démantèlement» des installations, tout espoir que pouvaient entretenir les tenants du maintien en opération de Gentilly-2.

«La décision est ferme», a-t-elle lancé d'entrée de jeu. «Nous ne changerons pas d'idée», a-t-elle enchaîné à l'intention de ceux qui dénoncent les pertes d'emplois et le contrecoup économique sur Trois-Rivières et la région du Centre-du-Québec.

La ministre Ouellet a soutenu qu'elle n'en fait pas une question de dogme. Je n'ai pas de position sur le nucléaire dans le monde, a-t-elle dit en substance. Mais le recours à ce type d'énergie «n'a pas de sens» au Québec.

Le pdg d'Hydro, Thierry Vandal, s'est assuré lui aussi d'établir que la société d'État ne fera pas marche arrière. À moins que l'actionnaire - le gouvernement du Québec - ne l'ordonne contre toute logique économique, a-t-il suggéré. Le fait que 1 milliard $ ait déjà été dépensé n'y changera rien, même si c'est en pure perte.

Il y a eu explosion des prévisions de coûts pour rénover la centrale, située à Bécancour, près de Trois-Rivières, a-t-il admis. L'estimation de 1,9 milliard $, en 2008 était rendue à 4,3 milliards $ en octobre 2012, lorsque la société d'État a rendu ses recommandations au nouveau gouvernement du Parti québécois, en octobre.

M. Vandal a indiqué que le coût pour produire un kilowatt-heure à la centrale a été poussé à la hausse par des complications et un calendrier qui ne cessaient de s'allonger pour retaper des centrales semblables au Nouveau-Brunswick et en Corée.

Par contre, le «facteur le plus significatif» a été l'effondrement des prix de l'énergie sur les marchés, en particulier du nord-est américain. Le président et directeur général d'Hydro a plaidé qu'aucun expert n'avait prévu que l'utilisation massive de gaz naturel provenant de gaz de schiste aurait cet effet.

Avant même que ne débute l'examen parlementaire, la députée libérale de Trois-Rivières Danielle St-Amand s'est montrée sceptique devant les chiffres mis de l'avant de Québec.

Elle s'est surtout dit «très inquiète» pour les travailleurs et leurs familles qui perdront leurs emplois. «Il y a des drames humains», a-t-elle laissé tomber.

La fermeture de Gentilly-2, c'est la disparition de 2600 emplois, directs et indirects, dans la région. C'est, a-t-elle insisté, reprenant l'argument de la mairesse de Bécancour Gaétane Désilets, l'équivalent de la perte de 60 000 emplois à Montréal.

Les libéraux savaient, dit Thierry Vandal

Au déclenchement de l'élection du 4 septembre, les libéraux de Jean Charest savaient que le projet de réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2 ne tenait pas la route du point de vue de la rentabilité économique.

C'est ce qu'a laissé entendre le président et directeur général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, mardi, en commission parlementaire. Il a avancé que le doublement de l'estimation de la facture pour retaper la seule centrale nucléaire ne s'est pas matérialisé d'un coup. Depuis des mois, le gouvernement libéral était mis au courant de la tendance dangereusement à la hausse. Les libéraux avaient «comme orientation de maintenir ouverte la possibilité» de retaper les installations.

Pendant que Martine Ouellet, l'actuelle ministre péquiste des Ressources naturelles, accusait les libéraux de s'être livrés à «de l'aveuglement volontaire», ces derniers ont nié qu'ils détenaient l'information. «Les rapports, on ne les avait pas», a répliqué la députée libérale de Trois-Rivières, Danielle St-Amand.

Hydro-Québec n'a remis sa recommandation sur la fermeture de la centrale que le 2 octobre, a dit Mme St-Amand en accusant le gouvernement péquiste d'avoir décidé du sort de Gentilly-2 avant d'avoir le rapport final en main.

«Leur décision est purement idéologique. [...] Nous comprenons qu'il y a des projets énergétiques en cours présentement qui coûtent plus cher au kilowattheure que Gentilly-2.»

La ministre Ouellet et le pdg Vandal ont tous deux rétorqué que ce n'est pas Hydro qui a décidé d'aller de l'avant avec des projets éoliens plus coûteux que le nucléaire, par kilowatt produit. Il s'agit d'une commande passée par les libéraux, ont-ils précisé.

Le critique de la Coalition avenir Québec, François Bonnardel, croit que ce sont les libéraux qui sont à blâmer. Ils ont «passé un sapin» aux citoyens de la région et «caché» qu'Hydro-Québec avait arrêté sa décision de fermer sa centrale nucléaire.

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