Fonction publique: un gel tous azimuts jusqu'au 31 mars

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La plupart des ministères et des organismes gouvernementaux sont concernés par la décision du Conseil du trésor.

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(Québec) Le gel des embauches dans la fonction publique québécoise concerne non seulement les postes réguliers et occasionnels, mais aussi ceux des cadres, a affirmé au Soleil, lundi, le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard.

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Le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, indique que le gel s'applique aussi aux cadres.

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Attention : le gel en vigueur depuis le 15 janvier s'applique également aux contrats de services professionnels. Sauf exception, aucun ne pourra être renouvelé d'ici le 31 mars, date à laquelle prendra fin cette grande mesure d'exception.

Le ministre Stéphane Bédard déclare être forcé d'agir ainsi en raison de la situation des finances publiques. «C'est un exercice de rigueur justifié dans le contexte actuel», dit-il.

Une directive envoyée par une sous-ministre de la Famille à ses gestionnaires, datée du 21 janvier, a permis d'apprendre qu'«aucun emploi vacant le 15 janvier 2013, ou qui le deviendra par la suite, ne peut être "doté" par recrutement et aucun emploi occasionnel ne peut faire l'objet d'une nomination, d'une prolongation ou d'un renouvellement».

La plupart des ministères et des organismes gouvernementaux sont concernés par cette décision du Conseil du trésor.

Est-ce que le gel s'applique aussi aux cadres de la fonction publique? a demandé Le Soleil au ministre Stéphane Bédard. Réponse : «Il s'applique à tout le monde.»

Une autre directive obtenue par Le Soleil, datée du 23 janvier celle-là, indique que la décision du Conseil du trésor touche non seulement les postes à pourvoir, mais aussi les «ressources budgétaires».

Ainsi, «tout achat non essentiel» doit être reporté; aucun nouvel engagement budgétaire n'est autorisé; et aucun contrat professionnel échu ne peut être renouvelé d'ici le 31 mars. C'est ce qu'on peut lire dans une note interne du ministère des Ressources naturelles.

Toute demande de dérogation doit être approuvée par le Conseil du trésor.

Les plus vulnérables

Pour la présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, Lucie Martineau, les décisions prises «en catimini» par le gouvernement Marois heurtent de front les plus vulnérables de la fonction publique, les employés occasionnels.

Lucie Martineau déplore qu'il ait fallu une fuite pour qu'elle soit informée de la situation.

«Le gouvernement parle des deux côtés de la bouche, tonne-t-elle. Une journée, il affirme vouloir se démarquer du gouvernement précédent en innovant en termes de renouvellement des effectifs et d'attraction; le lendemain, il choisit la facilité en gelant les embauches. Une méthode dont a largement abusé le Parti libéral du Québec.»

Elle soutient que le manque de personnel accroît «le recours à une sous-traitance» coûteuse.

Même écho du côté du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec. Son président, Richard Perron, fustige l'utilisation d'une «méthode aussi brutale et contre-productive que le gel d'embauches». Elle «envoie un très mauvais signal».

La décision du Conseil du trésor s'inscrit dans le plan de réduction des dépenses 2013-2014 du gouvernement Marois, lequel découle de la situation financière de l'État québécois.

Présenté en décembre, le plan ramène «la croissance des dépenses gouvernementales» à 1,8 %, alors qu'elle a été de 4,4 % en moyenne depuis près de 10 ans.

Les effets du plan sont nombreux. Ils suscitent des grincements de dents dans plusieurs milieux.

Par exemple, les 18 centres de recherche des établissements de santé du Québec prévoient dénoncer publiquement demain les coupes annoncées au Fonds de recherche en santé.

Régime de retraite

Lundi, Stéphane Bédard a confié que de nouveaux éléments apparus récemment sur le tableau de bord gouvernemental pèsent négativement dans la balance des finances publiques.

Il a cité une récente réévaluation actuarielle des régimes de retraite qui oblige son gouvernement à inscrire dès cette année un déboursé supplémentaire de plusieurs dizaines de millions de dollars dans le grand livre des comptes publics.

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