L'UPAC n'a pas fait baisser les prix des contrats à Québec

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Le maire de Québec Régis Labeaume et son bras droit François Picard

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Annie Morin
Annie Morin
Le Soleil

(Québec) La Ville de Québec, son directeur de l'ingénierie, le maire Régis Labeaume et son bras droit, François Picard, se sont «gourés». La création de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) n'a pas fait baisser les coûts des travaux publics dans la capitale. Peu d'«extras» ont par ailleurs été comptabilisés au fil des ans.

Québec a dévoilé jeudi un bilan sur cinq ans de la gestion des contrats d'infrastructures réalisés et supervisés par son service de l'ingénierie. Une promesse faite aux journalistes, a insisté M. Labeaume au début de la conférence de presse.

L'accent a été mis sur le faible écart entre le coût initial et le coût final des contrats, qui ont totalisé 700 millions$ entre 2008 et 2012. Les dépassements de coûts, les «extras» en langage populaire, représentaient 2,6 millions$ pour toute la période, soit une proportion de 0,41 %.

Le maire n'était pas peu fier de ce résultat, qu'il attribue à une gestion serrée des projets du début à la fin, mais aussi à la culture «d'honnêteté et d'intégrité» régnant à l'hôtel de ville. «Au Québec, les travaux publics, c'est le business des "extras". Et c'est ça qu'il faut arrêter, le business des "extras"», a-t-il lancé.

Le politicien a insisté sur l'importance de lancer les appels d'offres tôt dans l'année, «quand les entrepreneurs ont les deux pieds sur le poêle, qu'ils ont pas d'ouvrage», pour bénéficier des meilleurs prix. Il a aussi reconnu l'expertise de ses fonctionnaires, qui déterminent eux-mêmes les chantiers à programmer en plus de superviser les sous-traitants embauchés pour la confection des plans et devis, la réalisation ou la surveillance des travaux.

Il leur a tout de même fait cette recommandation: «Il faut gérer les projets comme si on était dans le privé. Ça veut dire que chaque "extra", comme gestionnaire, c'est comme s'ils [les entrepreneurs] allaient chercher l'argent dans tes poches.»

Puis pour les élus: «Quand on dit qu'on ne savait pas, ça se peut pas. Il faut tout d'abord poser les questions pour savoir. Il faut vouloir savoir.» Selon M. Labeaume, il faut cesser de voir les dépassements de coûts dans le secteur public comme «une fatalité».

Stabilité des prix

Les journalistes ne pouvaient pas manquer cette stabilité dans les prix des contrats. Le 4 juin, lors de l'annonce des chantiers programmés pour la belle saison, des statistiques présentées par le service de l'ingénierie suggéraient plutôt une baisse de 25 % des coûts de réalisation des travaux d'infrastructures pour l'année 2011 et une tendance semblable pour 2012.

Le vice-président du comité exécutif, François Picard, avait attribué ce revirement aux scandales secouant l'industrie de la construction, entre autres. Quelques jours plus tard, à New York, le maire Labeaume avait remercié chaudement le grand patron de l'UPAC pour cette chute de prix. Flatté, Robert Lafrenière avait cependant refusé de sauter aux mêmes conclusions.

Jeudi, les représentants de la Ville ont dû admettre qu'ils s'étaient trompés. «L'information n'était pas exacte», a reconnu Daniel Lessard, directeur du Service de l'ingénierie, qui parle désormais de stabilité des prix ou de petite tendance à la baisse. «Je me suis gouré, visiblement», a ajouté le maire Labeaume.

L'administration municipale n'était pas déçue que cette sortie coïncide avec la reprise des travaux de la commission Charbonneau sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction. «Avec l'ambiance délétère au Québec actuellement [...] si on peut contribuer un petit peu à faire baisser le niveau de cynisme face aux gestionnaires publics, je serais bien content», a souligné le maire.

Son bras droit, François Picard, a déploré que des citoyens pensent que les systèmes mis au jour par la commission Charbonneau sont généralisés au Québec. «Moi, si je vivais ce que d'autres ont vécu ailleurs, je ne serais plus ici», a-t-il témoigné.

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