Hydro: plus de 23 milliards pour acheter de l'électricité

Hydro-Québec versera au moins 150 millions $ cette... (Photothèque Le Soleil)

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Hydro-Québec versera au moins 150 millions $ cette année à TransCanada pour qu'elle garde fermée sa centrale au gaz du parc industriel de Bécancour. La société d'État  a décidé de reporter à au moins l'hiver 2016 l'utilisation de cette centrale privée au gaz naturel. Elle aura ainsi versé depuis 2008 plus de 900 millions $ à TransCanada sans toutefois pouvoir bénéficier d'un seul électron produit à cette centrale.

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(Québec) Malgré d'imposants surplus énergétiques dans ses coffres pour au moins une décennie, Hydro-Québec continue d'acquérir à fort prix de l'électricité à des producteurs privés.

Au cours des 10 prochaines années, la société d'État dépensera plus de 23 milliards $ pour acheter de l'électricité au secteur privé. Plusieurs projets de petites centrales hydro-électriques et de parcs éoliens verront ainsi le jour dans plusieurs régions de la province.

«Le hic, c'est qu'Hydro-Québec n'a pas besoin de cette électricité produite par des promoteurs privés et dont les risques financiers seront assumés par les clients de la société d'État», a déploré lundi l'analyste en énergie Jean-François Blain, qui regrette l'absence d'un débat public sur la gestion des achats d'électricité et des enjeux énergétiques chez Hydro-Québec.

Au moins huit projets de petites centrales seront mis de l'avant au cours des prochaines années par des intérêts privés qui ont signé des contrats fermes avec Hydro-Québec. Ces huit projets totaliseront une puissance installée de 125 mégawatts (MW) à un coût moyen de plus de 10 ¢ le kilowattheure.

Par exemple, dans la région de Québec, Hydro-Québec Distribution s'est engagée à acheter pour une durée de 20 ans de l'électricité qui sera produite sur la rivière Sainte-Anne par le promoteur privé Société Hydro-Canyon Saint-Joachim à près de 11 ¢ le kilowattheure.

Dans le secteur éolien, Hydro-Québec a signé des contrats d'approvisionnement avec une dizaine de promoteurs privés dont les projets d'une puissance de près de 1000 MW entreront en service d'ici 2016. Dans certains projets, Hydro-Québec s'est engagée à payer plus de 12 ¢ le kilowattheure.

Or, Hydro-Québec peine ces temps-ci à obtenir 4 ¢ pour chaque kilowattheure vendu aux États-Unis en raison de la faiblesse des prix du gaz naturel qui dicte le marché de l'électricité sur la côte est américaine depuis quelques années.

Pour la Coalition avenir Québec (CAQ), Hydro-Québec doit cesser immédiatement l'achat d'électricité à certains promoteurs privés. «Il devient urgent de revoir la stratégie de développement d'Hydro-Québec», a fait savoir lundi le chef, François Legault.

La CAQ soutient que le projet de construire une minicentrale hydroélectrique de 16 MW à Val-Jalbert, au Lac-Saint-Jean, est maintenant inutile et qu'Hydro-Québec doit annuler ce contrat qui ne répond plus à une logique économique.

Le chef de la CAQ croit qu'Hydro-Québec doit s'adapter rapidement à la nouvelle réalité nord-américaine en mettant à jour son plan stratégique de développement.

À Val-Jalbert, des calculs effectués par la Fondation Rivières font état d'une perte possible de 5 millions $ par année pour Hydro-Québec avec ce contrat d'achat d'électricité.

Il faut savoir qu'Hydro-Québec vend actuellement son électricité à ses clients québécois à un coût moyen de 7 ¢ le kilowattheure.

Surplus gênants

D'après les données calculées par M. Blain pour le compte de l'Union des consommateurs (UC), la division Distribution d'Hydro-Québec devra gérer des surplus d'approvisionnement bruts de 72,1 térawattheures (TWh) d'ici la fin de 2020. Un térawattheure peut alimenter 50 000 maisons.

Les importants surplus d'électricité accumulés par Hydro-Québec vont d'ailleurs coûter une véritable fortune aux Québécois, soit une facture de 4,5 milliards $ d'ici 2020.

Résultat : la hausse tarifaire demandée par Hydro-Québec à ses clients pourrait être très salée, soit environ 5 % d'augmentation annuelle pour récupérer 500 millions $ de perte par année.

Chez Hydro-Québec, on dit suivre de près la situation des achats d'électricité tout en se référant à la suspension du contrat d'approvisionnement avec la multinationale albertaine TransCanada Énergie (TCE) à Bécancour comme d'un exemple à suivre.

«Hydro-Québec Distribution démontre à la Régie chaque année que le scénario de suspension est l'option la plus rentable pour la clientèle», a indiqué lundi le porte-parole de la société d'État, Patrice Lavoie.

Hydro-Québec a décidé de reporter à au moins l'hiver 2016 l'utilisation de cette centrale privée au gaz naturel de 507 MW de TCE située dans le parc industriel de Bécancour.

Malgré cela, Hydro-Québec versera ainsi au moins 150 millions $ cette année à TransCanada pour qu'elle garde fermée sa centrale au gaz. Avec ce nouveau dédommagement, la société d'État aura ainsi versé depuis 2008 plus de 900 millions $ à TransCanada sans toutefois pouvoir bénéficier d'un seul électron produit à cette centrale de Bécancour.

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