Course aux talents: Québec devra se faire belle

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(Québec) De l'avis de Mario Lefebvre, directeur du service de conjoncture métropolitaine au Conference Board, Québec aura intérêt à se faire «cute en tabarouette» si elle veut tirer son épingle du jeu dans la course aux talents qu'ont déjà commencé à se livrer les grandes villes des pays industrialisés frappés, elles aussi, par la réalité du vieillissement de leur population.

«Québec n'attire pas beaucoup de Canadiens des autres provinces et pas encore suffisamment d'immigrants», a constaté M. Lefebvre, qui participait jeudi au colloque annuel sur la conjoncture économique organisé par l'Association des économistes québécois, le Cercle finance du Québec et Québec International.

«Pour l'instant, le pouvoir d'attraction de Québec se limite aux personnes qui proviennent d'ailleurs au Québec», a-t-il souligné en rappelant que pour plusieurs Québécois la capitale est devenue la Mecque de l'emploi dans la province.

Selon Mario Lefebvre, Québec ne doit pas s'endormir sur ses lauriers. La source finira par se tarir. «Comme partout ailleurs, la population grisonne. Il faut s'attendre à ce que la croissance naturelle de la population fléchisse. Québec doit se tourner davantage vers l'immigration. Et ça va être tout un défi, car elle n'est pas la seule au monde à vouloir amener les immigrants sur son territoire», a-t-il soutenu en insistant sur le fait que les entreprises devront changer leur attitude à l'égard des travailleurs venant d'ailleurs. «Elles sont encore beaucoup réticentes à embaucher des immigrants.» Là où la situation se complique, c'est que des bassins traditionnels de recrutement au Canada au cours des dernières années, en particulier la Chine et l'Inde, vivent de profondes transformations. «Ces pays connaissent un fort développement et de moins en moins de Chinois ou d'Indiens veulent quitter leur pays pour aller gagner leur vie à l'étranger.»

Tout en invitant la région de Québec à ne pas se limiter à tenter de charmer les chercheurs d'emploi des pays francophones, l'économiste du Conference Board lui conseille de prendre exemple sur les villes de Calgary et de Winnipeg qui sont sorties des sentiers battus pour attirer des immigrants.

À Calgary, une offensive est menée depuis plusieurs années auprès des immigrants de deuxième génération dont les parents ont pris racine au Canada en s'installant à Vancouver ou à Toronto. Du côté de Winnipeg, les autorités mettent à contribution l'imposante communauté ukrainienne locale pour mousser les avantages de la capitale du Manitoba auprès de leur famille et de leurs connaissances vivant aux quatre coins du globe.

Mario Lefebvre suggère aussi au gouvernement du Québec d'agir rapidement au chapitre de la reconnaissance des diplômes étrangers. «Il ne doit pas attendre de voir comment les autres pays en cette matière. Il doit prendre les devants.» Par ailleurs, il s'insurge contre un certain discours voulant que l'on doive freiner l'immigration étant donné les difficultés engendrées par l'intégration des nouveaux arrivants. «Voyons donc, d'abord, comment nous pourrions faciliter leur intégration.»

Le savoir élevé

Mario Lefebvre a souligné que le marché régional de l'emploi avait montré des «petits signes de fatigue» en 2012, notamment aux deuxième et troisième trimestres, mais que les chiffres des trois derniers mois de l'année dernière laissaient entrevoir un regain d'énergie. «Même si le taux de chômage est passé de 4,6 % à 5,1 %, il n'y a pas lieu de s'énerver.»

En rappelant que la région avait assisté à la création de près de 60 000 emplois au cours des 10 dernières années, l'économiste principal de Québec International, Louis Gagnon a révélé que l'emploi dans le domaine du savoir élevé, donc celui des emplois très spécialisés, avait connu une croissance de 35,4 % dans la région de Québec au cours de la dernière décennie. «Une performance supérieure à la moyenne canadienne, à la moyenne québécoise et même à la moyenne ontarienne», s'est empressé de préciser M. Gagnon.

Un emploi spécialisé génère, généralement, des salaires plus élevés. Et des salaires plus élevés encouragent la consommation et stimulent la construction résidentielle. Ce n'est pas donc un hasard si les ventes des détaillants ont continué de progresser ces dernières années.

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