Évaluation immobilière: les villes peinent à susciter la concurrence

La Ville de Québec retournera en appel d'offres... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

La Ville de Québec retournera en appel d'offres cette année pour d'autres travaux de mises à jour du rôle d'évaluation foncière.

Photothèque Le Soleil

Partager

(Québec) Les villes de Québec et de Lévis ont de la difficulté à susciter de la concurrence pour les contrats d'évaluation immobilière.

D'autres villes et régions du Québec vivent des situations similaires.

Depuis 2003, Lévis ne reçoit qu'une seule soumission pour ses appels d'offres en évaluation, celle du consortium Évimbec-Altus-Dorion.

Évimbec et Altus, deux des plus gros joueurs au Québec, ont aussi soumissionné en consortium sur des contrats de la Ville de Québec. Cela a eu pour effet de réduire la concurrence et parfois de l'éliminer.

La faiblesse de la concurrence a parfois coïncidé avec des hausses de prix spectaculaires, sans pouvoir établir de lien de cause à effet.

Insatisfaite des résultats d'un appel d'offres lancé en octobre 2007, la Ville de Québec a choisi de ne pas octroyer les contrats. Les meilleurs prix obtenus en appel d'offres dépassaient de 64 % l'estimé de la Ville, ce qui aurait représenté une facture supplémentaire de 1 million $.

«Une croissance surprenante pour un dossier semblable», a considéré le directeur du service d'évaluation de la Ville, Pierre Huot.

À sa suggestion, Québec a embauché 18 employés temporaires pour effectuer les vérifications techniques qu'elle devait initialement confier au privé.

M. Huot ne peut préciser si ce choix a coûté moins cher à la Ville que les prix obtenus en soumission.

Il croit cependant que ce fut une bonne décision, car lors de l'appel d'offres suivant, en 2008, les soumissions sont entrées à un prix plus raisonnable.

Dans les communications internes à la Ville de Québec, le mot collusion n'a jamais été mentionné ni écrit, rapporte M. Huot.

Mais il confie avoir été déçu du nombre de soumissionnaires, déçu des prix obtenus et déçu qu'Évimbec et Altus aient agi en consortium. «Ce n'est pas normal», croit-il.

Lors de l'appel d'offres 2007, Québec avait pourtant pris la peine d'écrire à une quinzaine de firmes à travers le Québec pour essayer de susciter de l'intérêt.

Seulement quatre entreprises ont participé au concours, dont Évimbec et Altus en consortium. Pour deux des quatre lots mis à l'enjeu par Québec, il n'y a eu qu'un seul soumissionnaire.

«Le nombre de soumissions ne permet pas la concurrence comme on l'aimerait», constate M. Huot.

Québec s'apprête à retourner en appel d'offres en 2013 pour d'autres travaux de mises à jour du rôle.

Les «lois du marché»

La Ville de Lévis souhaiterait elle aussi plus de concurrence.

L'automne dernier, la seule soumission reçue pour «l'équilibration» du prochain rôle d'évaluation (2014-2015-2016) est entrée à 23,4 % plus cher que le mandat précédent.

Après négociation avec le consortium Évimbec-Altus-Dorion, Lévis a réussi à atténuer la hausse et à lui retrancher 4,6 %. La fiche de prise de décision de la Ville parle quand même d'une «augmentation importante».

Lors de cet appel d'offres, Lévis avait fractionné des lots en espérant attitrer plus de soumissionnaires. «Ce n'est pas ce qui s'est produit malheureusement», a déploré la semaine dernière le directeur du service d'évaluation, Jacques Laroche.

En entrevue au FM93, M. Laroche a attribué l'absence de concurrence aux «lois du marché». «On ne peut pas obliger personne à soumissionner», dit-il.

Le porte-parole de la Ville de Lévis, Christian Brière, a expliqué au Soleil qu'il s'agit de «gros mandats qui exigent de nombreuses ressources». «À cause de ça, probablement que les entreprises forment des consortiums au lieu de se compétitionner.»

Seul joueur depuis 1986

À Trois-Rivières et dans la MRC de Rimouski-Neigette, les derniers appels d'offres pour des travaux d'évaluation n'ont généré qu'une seule soumission.

Depuis 10 ans, Servitech est la seule à soumissionner et est la seule depuis 1986 à avoir obtenu des contrats, constate la directrice générale de la MRC, Louise Audet.

«On s'en accommode, mais, dans un monde idéal, on souhaiterait au moins deux prix.»

Le directeur du service d'évaluation à Trois-Rivières, Yvan Toutant, ne voit «pas de problématique, même s'il n'y a qu'un seul soumissionnaire», pour autant que la Ville «rentre dans ses prix».

Ce fut le cas lors de l'appel d'offres de 2011. La Ville avait évalué le coût des travaux entre 90 000 $ et 100 000 $. La soumission d'Aviso est entrée à 94 000 $.

Avec la collaboration d'Isabelle Mathieu

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer