Des détaillants refusent de franciser leur site web en dépit de la loi 101

À la suite de plusieurs plaintes portées à... (Le Soleil, Andréanne Lemire)

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À la suite de plusieurs plaintes portées à l'Office québécois de la langue française, Urban Outfitters a bloqué il y a près de trois ans son site web au Québec. Les internautes québécois sont depuis redirigés sur une page où sont indiquées les adresses, les heures d'ouverture et les offres d'emploi de ses magasins en sol québécois.

Le Soleil, Andréanne Lemire

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(Québec) Ils brassent des affaires au Québec. Ils ont pignon sur rue dans des centres commerciaux et dans des artères très achalandées de Québec et de Montréal. Et pourtant, plusieurs grands détaillants refusent toujours d'offrir un site Web en français à leur clientèle québécoise.

Comme l'a constaté Le Soleil, plusieurs grandes entreprises du commerce au détail contreviennent à la loi québécoise sur l'affichage en français sur le Web. L'article 52 de la loi 101 souligne que le site Web de toute entreprise qui a une adresse au Québec doit être au moins aussi complet en français qu'en anglais.

Présente au Québec depuis plusieurs années, la chaîne américaine de vêtements Urban Outfitters ne semble pas avoir la langue française dans ses priorités.

À la suite de plusieurs plaintes déposées à l'Office québécois de la langue française (OQLF), Urban Outfitters a bloqué il y a près de trois ans son site Web au Québec. Les internautes québécois sont depuis redirigés sur une simpliste page Web de l'entreprise où sont indiquées les adresses, les heures d'ouverture et les offres d'emplois de ses magasins en sol québécois.

Urban Outfitters, que nous avons tenté de joindre sans succès, soutient sur cette page que «des contraintes linguistiques» l'obligent présentement à fermer son site Internet au Québec. Or, Urban Outfitters, présente également en France, a pourtant un site Web complet en français pour ses clients de l'Hexagone.

Unique, le cas d'Urban Outfitters au Québec? Pas vraiment. De grands détaillants comme Victoria's Secret (lingerie fine), American Eagle Outfitters (vêtements), Anthropologie (vêtements et articles de maison), Aeropostale (vêtements) et Club Monaco (vêtements) ne jugent toujours pas nécessaire de faire traduire leurs sites Web en français pour leur clientèle québécoise.

Le détaillant Anthropologie (qui appartient à Urban Outfitters) a d'ailleurs suscité la grogne des internautes québécois sur sa page Facebook en octobre dernier lors de l'ouverture de sa première boutique au Québec.

Anthropologie refuse de faire traduire son site Web au Québec. Pour l'heure, une simple page Web indique l'adresse de sa boutique dans la métropole et les heures d'ouverture. Rien de plus.

«Du cas par cas»

Ces cas d'entêtement linguistique sont d'ailleurs de très beaux exemples à ne pas suivre, fait remarquer le professeur en marketing à HEC Montréal Jacques Nantel. «Mal servir même une partie infime de sa clientèle est une mauvaise stratégie», affirme-t-il.

À l'OQLF, qui recueille les plaintes du public par rapport aux entreprises délinquantes, on soutient que très peu de détaillants optent pour l'option de bloquer leur site Web pour ne pas le franciser. «Du cas par cas», signale le porte-parole de l'Office, Martin Bergeron.

L'OQLF dit toutefois travailler avec les entreprises récalcitrantes en leur offrant notamment les services d'un conseiller en francisation afin d'obtenir un plan d'action.

Une entreprise qui s'entête à ne pas respecter la loi peut toutefois voir son cas transféré devant les tribunaux. Des amendes pouvant varier entre 2500 $ et 20 000 $ peuvent également être imposées.

Les détaillants qui refusent de franciser leur présence sur le Web au Québec courent également le risque de voir leurs marques boycottées, tout en s'aliénant un nombre important de consommateurs.

Mélanie Michaud ne magasine plus chez Urban Outfitters depuis quelques années. «Je ne mets plus les pieds dans ces magasins. Ils ne respectent pas le français. Cela me dérange profondément», a-t-elle souligné lorsque jointe par Le Soleil.

Mme Michaud, qui a mis en ligne un site Web (Pourquoi je boude Urban Outfitters), dit avoir dépensé en 2010 près de 2000 $ en vêtements et autres produits dans les magasins québécois du détaillant américain. Or, en 2011 et en 2012, Mme Michaud a fait ses achats ailleurs.

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