SiliCycle retombe sur ses pattes

Dans l'ordre habituel, on aperçoit Raif Kadri, Luc... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Dans l'ordre habituel, on aperçoit Raif Kadri, Luc Fortier, Jean Dubé, Simon Bernier, Hugo St-Laurent, Geneviève Gingras et François Béland dans le laboratoire de l'entreprise.

Le Soleil, Erick Labbé

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Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) SiliCycle a faim. Ses actionnaires dirigeants ne se satisfont pas de la croissance «mitigée» de 5 % du chiffre d'affaires réalisée en 2012 après deux années de surplace en 2010 et en 2011.

«Ça ne va pas aussi vite qu'on le voudrait. Nous sommes en voiture pour faire plus que ça», assure Hugo St-Laurent, président et chef de la direction de l'entreprise du Parc technologique du Québec métropolitain qui misera, en 2013, sur la diversification de ses activités et de ses marchés et sur la poursuite de sa stratégie d'acquisition pour assouvir son appétit de croissance.

SiliCycle est spécialisée dans la création, le développement, la fabrication et la commercialisation de gels de silice et de produits pour l'analyse, la chimie organique et la chromatographie, cette technique physique qui permet la séparation d'espèces chimiques. Le gel de silice, qui se vend entre 1000 $ et 10 000 $ le kilogramme, est une substance utilisée en laboratoire pour isoler et pour purifier les composés pouvant détenir, par exemple, des pouvoirs thérapeutiques.

Il agit comme une sorte de filtre sélectif qui départage les bonnes molécules de celles moins désirées. Vendu en poudre, le gel de silice sert principalement au développement et à la fabrication de médicaments.

SiliCycle compte pas moins de 1200 clients à travers le monde. Des clients provenant de secteurs aussi diversifiés que les industries pharmaceutiques et biopharmaceutiques, les universités, les hôpitaux, les centres de recherche et les laboratoires d'analyse scientifique.

Transformation

La transformation que connaît l'industrie pharmaceutique, notamment aux États-Unis, a causé de solides migraines à l'équipe de direction de SiliCycle. Les fabricants nord-

américains de médicaments apportent le pain et le beurre à la table de l'entreprise de Québec fondée en 1995 par Hugo St-Laurent et ses associés de la première heure, Luc Fortier et André Couture, à partir d'une garantie de prêt de 44 000 $ provenant du défunt plan Paillé.

L'industrie pharmaceutique représente près de 80 % du chiffre d'affaires de SiliCycle. Et le marché nord-américain couvre 65 % de son territoire de prédilection, loin devant l'Europe (15 %), l'Asie (15 %) et le reste de la planète (5 %).

Il est alors facile de comprendre pourquoi le coup a été si difficile à encaisser pour SiliCycle lorsque les grandes sociétés pharmaceutiques ont commencé à mettre la pédale douce dans le développement de nouveaux médicaments, dans le but de réduire leurs coûts. En 2010, la compagnie n'avait pas eu le choix de licencier une quinzaine de ses 65 employés. Hugo St-Laurent parle d'une «dure épreuve» pour la PME qui, avant 2010, avait connu 15 années consécutives de croissance. Heureusement, SiliCycle a repris du poil de la bête. Cinq nouveaux employés ont été embauchés en 2012. D'autres postes seront bientôt à pourvoir.

Diversification

SiliCycle a appris à vivre avec la nouvelle réalité de l'industrie pharmaceutique nord-américaine.

C'est pourquoi la PME a cherché, au cours des deux dernières années, à étendre ses tentacules ailleurs dans le monde, notamment par l'intensification de sa présence en Inde et en Europe. Le mois dernier, dans le cadre d'une mission du Québec en Chine pilotée par le vice-premier ministre et ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, François Gendron, SiliCycle annonçait l'ouverture d'un bureau d'assistance technique en Chine afin de mieux servir la clientèle de ce grand pays et d'y poursuivre la croissance des ventes. Elle prévoit les faire exploser d'environ 1 million $ d'ici deux ans, ce qui devrait permettre l'embauche de trois à cinq personnes à Québec.

SiliCycle ne veut plus seulement être identifiée comme l'accompagnatrice des pharmaceutiques dans la production des médicaments. Elle entend multiplier les efforts pour faire la promotion de l'utilisation des gels de silice et de l'expertise technique développée depuis 1995 pour la réalisation d'autres activités scientifiques, notamment pour l'analyse et le contrôle de la qualité des produits et plus particulièrement dans les secteurs de l'alimentation (pour l'extraction des oméga-3, par exemple), de l'environnement, des produits chimiques industriels et de la médecine légale.

Acquisition

Sans révéler de secret, Hugo St-Laurent, ingénieur-chimiste diplômé de l'Université Laval, signale que SiliCycle est en pèriode d'acquisition. Des cibles ont été déterminées. L'été dernier, la PME a mis la main sur Chromatography Sciences Company, l'un des concurrents. Cette compagnie montréalaise est considérée comme la pionnière au Canada dans la fabrication et la commercialisation de produits analytiques destinés aux laboratoires de recherche en Amérique du Nord.

«Nous sommes en bonne position pour atteindre une croissance de 20 % par année», souligne

M. St-Laurent. Il vante la maturité de l'équipe de direction, des employés et du modèle d'affaires.

De plus, la PME possède les espaces nécessaires et les installations scientifiques requises pour soutenir un tel niveau de croissance. En 2009, SiliCycle a réalisé un investissement de 9 millions $ pour se doter d'une nouvelle usine de 26 500 pieds carrés, ce qui a permis de quadrupler la capacité de production de gels de silice.

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