DiagnoCure doit s'armer de patience

Le cofondateur, président et chef des affaires médicales... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Le cofondateur, président et chef des affaires médicales de DiagnoCure, le docteur Yves Fradet, fait preuve de prudence dans la gestion de la biotech de Québec.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Partager

(Québec) Ça se passait le 15 février. DiagnoCure voyait enfin la terre promise apparaître à l'horizon. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration accordait sa bénédiction à la commercialisation du test Progensa PCA3 développé par la biotech de Québec en collaboration avec son partenaire américain Gen-Probe.

Ce test urinaire moléculaire est conçu pour aider les urologues à prendre une décision éclairée à l'égard du traitement du cancer de la prostate et à déterminer si une reprise de biopsie est requise pour le patient qui a déjà obtenu un résultat négatif lors d'une première biopsie. Une façon, donc, de réduire le nombre de biopsies inutiles et coûteuses pour les systèmes de santé.

Pour DiagnoCure, il s'agissait du troisième test diagnostique - après ceux pour les cancers de la vessie et du côlon - à réussir à se frayer un chemin dans le dédale des approbations réglementaires et à accéder à l'étape payante de la commercialisation. Rares sont les petites sociétés des sciences de la vie à afficher un tel palmarès.

Selon les experts, le marché visé par le test PCA3 dépasse le milliard de dollars américains. Et la concurrence est inexistante, pour le moment, pour ce test qui vient combler le vide existant entre les 45 millions des tests PSA qui sont pratiqués annuellement - de pair avec le toucher rectal - pour mesurer le niveau d'antigène spécifique à la prostate et les biopsies réalisées à répétition.

Il est utile de rappeler que le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l'homme. Un Américain sur six est susceptible de s'y frotter et un homme sur 36 en mourra.

Entente «exceptionnelle»

Dix mois plus tard, DiagnoCure l'aperçoit toujours cette fameuse terre promise. L'atteindre semble toutefois pas mal plus compliqué que prévu.

«La situation actuelle est très frustrante et totalement hors de notre contrôle», commente le docteur Yves Fradet, cofondateur, président et chef des affaires médicales de la compagnie cotée en bourse (TSX : CUR, 0,30 $).

Le 1er août dernier, le partenaire de DiagnoCure, Gen-Probe - qui a investi plus de 50 millions $ depuis 2003 pour réaliser les études cliniques et pour s'acquitter des frais liés à l'homologation du PCA3 - passait entre les mains de la multinationale Hologic pour la somme de 3,7 milliards $US.

Ce géant américain fait fortune dans les produits liés à la santé de la femme. Il est notamment fournisseur de tests de Pap pour le cancer du col de l'utérus et d'appareils pour les mammographies.

En entrevue au Soleil, le docteur Fradet signale qu'Hologic laisse couler peu d'informations à son partenaire québécois à l'égard de la stratégie de commercialisation du PCA3. «Nous ne sommes pas dans le secret des dieux et Hologic ne nous informe pas de leur plan», confie-t-il en assurant qu'il y avait un «fort intérêt» dans la communauté médicale pour l'utilisation du test diagnostique qui est déjà commercialisé en Europe.

«Les médecins savent que le PCA3 existe. Il faut maintenant les inciter à l'utiliser. Tout ce que ça prend, c'est un peu d'investissement, un peu de commercialisation.»

La situation actuelle est d'autant plus décevante que DiagnoCure estime avoir en poche une entente «exceptionnelle» avec son partenaire. Un contrat valide jusqu'en 2027.

En effet, l'accord prévoit que la biotech québécoise - qui a vu le jour en 1994 - recevra des redevances de 8 % sur les ventes du test jusqu'à ce qu'elles atteignent 62 millions $US. Dès que les ventes dépasseront ce montant, le pourcentage des redevances grimpera à 16 %. En février dernier, les ventes du test atteignaient déjà 27 millions $.

«Rendus à l'ADN»

La situation financière de DiagnoCure n'est pas catastrophique, mais il est évident qu'elle et ses actionnaires bénéficieraient largement d'une mise en marché plus agressive du PCA3 de la part de Hologic.

À la fin du troisième trimestre qui se terminait le 31 juillet, l'entreprise affichait une perte nette de près de 600 000 $ comparativement à une perte nette de près de 900 000 $ pour la même période en 2011.

DiagnoCure avait enregistré des revenus de près de 710 000 $ comparativement à un peu plus de 290 000 $ pour la même période en 2011. Des revenus provenant de redevances versées par ses partenaires pour la vente de tests diagnostiques et de paiements d'étapes prévus aux ententes signées avec ces mêmes partenaires. Dans ses coffres, elle avait encore 6,4 millions $.

«Évidemment, la prudence est de mise dans les circonstances. Nous préservons notre cash tout en continuant d'être actifs. Et il faut garder un minimum d'employés. Nous fonctionnons maintenant avec 13 employés. Nous sommes rendus à l'ADN de DiagnoCure», conclut Yves Fradet.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer