Mines d'ici gérées à l'étranger

Ce sont les firmes du Québec qui ressortent... (Photo archives Le Soleil)

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Ce sont les firmes du Québec qui ressortent les plus affectées au Canada, n'ayant investi que 9,5% des capitaux nécessaires à l'exploitation ou à l'aménagement des mines québécoises en 2011.

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(Québec) En quatre ans, le contrôle des mines québécoises en exploitation ou en aménagement a glissé vers des firmes dont les sièges sociaux sont situés à l'extérieur du pays.

Des chiffres de l'Institut de la statistique du Québec révèlent qu'en 2011, «la gestion des projets d'aménagement minier est maintenant» à 67,3 % sous contrôle étranger pour «ce qui est des sommes investies dans ce secteur», soit plus de 4 milliards $.

Il s'agit d'un brusque revirement. En 2008, les compagnies avec un siège social hors Canada n'occupaient que 37 % de cet espace d'investissements totalisant alors 2 milliards $.

La part des entreprises établies en Ontario ou en Colombie-Britannique a subi en conséquence un recul, de 38 % à 23 %. Mais ce sont les firmes du Québec qui en ressortent les plus affectées.

En 2008, celles-ci ont investi 25 % des capitaux nécessaires. Ce pourcentage a chuté à 9,5 %, en 2011. Les projections pour l'année qui se termine fixent ce pourcentage à 4,5 %.

Industrie mondiale

Ce portrait statistique n'alarme pas le gouvernement québécois. «C'est certain que je trouve plus intéressant que le siège social soit ici», a commenté la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet.

Mais elle a ajouté qu'elle est bien consciente du caractère mondial d'une industrie qui doit avoir accès à des capitaux importants. «Surtout pour [les mines de] fer et de nickel, ça se compte en milliards de dollars», a-t-elle fait observer lors d'une entrevue au Soleil.

Les données doivent aussi être mises en perspective dans une industrie qui compte à peine une vingtaine de joueurs, a commenté l'expert Nochane Rousseau, responsable du secteur minier québécois pour la firme Pricewaterhouse Coopers (PwC). Une seule transaction, où la minière québécoise Consolidated Thompson a cédé le contrôle à l'américaine Cliff Resources de sa mine de Lac Bloom, à Fermont, explique le bouleversement de tendance, a-t-il suggéré.

Comme la ministre Ouellet,M. Rousseau croit qu'il faut se préoccuper de la situation, sans s'en alarmer. «Oui, nous aimerions avoir plus de sièges sociaux. [...] Oui, nous avons besoin de ces capitaux» pour le démarrage de mines.

Capitaux étrangers

Le consultant associé chez PwC a fait état de l'énormité des fonds nécessaires tout en précisant que «ça ne veut pas dire que (les investisseurs étrangers) prennent le contrôle à 100 %. C'est une façon d'avoir des capitaux étrangers» qui créent de l'emploi au Québec, a aussi glissé M. Rousseau.

Le spécialiste a indiqué que «les compagnies québécoises ont toujours été sous-représentées» dans le secteur. Une nouvelle politique de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), gestionnaire du «bas de laine» des Québécois, pourrait changer la donne au printemps, en permettant à la CDPQ d'intervenir à tous les stades de développement d'une mine, a-t-il rappelé.

Selon lui, des pays se sont donné des crédits d'impôt pour attirer des sièges sociaux. Mais l'opération est délicate, en raison de traités internationaux.

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