Le report de l'âge de la retraite «inévitable», selon Claude Lamoureux

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Claude Lamoureux, ex-président et chef de la direction du Régime de retraite des enseignants de l'Ontario et membre du comité d'experts, présidé par Alban D'Amours

Le Soleil, Patrice Laroche

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Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) Le report de l'âge de la retraite est devenu «inévitable», affirme Claude Lamoureux, ancien président et chef de la direction du Régime de retraite des enseignants de l'Ontario.

«Aujourd'hui, l'espérance de vie à 65 ans augmente d'un mois par année, et ce, autant pour les hommes que pour les femmes. À mon avis, l'âge de la retraite, on aurait dû déjà l'avoir augmenté de quatre ans depuis l'entrée en vigueur du Régime de rentes en 1966.»

Stéfane Marion, économiste et stratège en chef à la Banque Nationale, abonde dans le même sens.

«Si l'on avait indexé l'âge de la retraite à l'espérance de vie, les Québécois feraient aujourd'hui comme les Coréens et partiraient à la retraite à l'âge de 70 ans.»

MM. Lamoureux et Marion participaient, jeudi, à un colloque organisé par la Régie des rentes portant sur les perspectives démographiques, économiques et financières d'ici 2060. Oui, 2060!

L'événement réunissant des économistes, des actuaires et des démographes donnait le coup d'envoi du processus d'analyse actuarielle du Régime des rentes. Un exercice qui se déroule dans un contexte dans lequel les régimes de retraite, publics et privés, doivent verser des rentes à un plus grand nombre de retraités, et ce, sur une plus longue période en raison du vieillissement de la population et de l'augmentation de l'espérance de vie des Québécois. Une retraite, aujourd'hui, dure souvent 30 ans et plus.

«Nous sommes passés de huit travailleurs par personne retraitée, lors de la mise en place du régime, à seulement quatre», a indiqué M. Marion, en rappelant qu'il faudra compter sur beaucoup de travailleurs, au cours des prochaines années, pour financer toutes les dépenses liées au vieillissement de la population d'ici 2050. Des dépenses qui atteindront 385 milliards $, soit 106,7 % du produit intérieur brut. «La contribution santé que nous avons payée cette année aurait dû être de

2000 $ et non de 158 $ par contribuable pour s'assurer de ne pas avoir un déficit actuariel.»

L'économiste plaide donc en faveur d'une augmentation du taux de participation des plus vieux au monde du travail. Il note qu'au Québec, le taux de participation des 55 ans et plus se situe à 32 %, alors qu'il s'établit à 38 % dans le reste du Canada et à 40 % aux États-Unis.

Système à repenser

Pour Claude Lamoureux, le système québécois des retraites a besoin d'être «repensé» pour tenir compte de l'accroissement de l'espérance de vie et des coûts de la santé qui ne cesseront d'exploser.

Selon lui, un rééquilibre générationnel s'impose.

Il a rappelé qu'au moment où il avait pris la direction du Régime de retraite des enseignants de l'Ontario, en 1990, il y avait quatre travailleurs actifs pour un retraité. «Avant ça, c'était 10 enseignants actifs pour un retraité. C'était fantastique. Aujourd'hui, ce ratio de 1,5 travailleur pour un retraité. Et dans 20 ans, ça sera un pour un», a décrit M. Lamoureux, qui est membre du comité d'experts, présidé par Alban D'Amours, chargé par le gouvernement québécois pour lui faire des recommandations en vue d'améliorer le système de retraite. «Aujourd'hui, le risque est porté par les jeunes et ils ne peuvent pas le porter tout seuls. Il faut diminuer leur fardeau.»

Pour l'actuaire, il ne fait pas de doute que la révision du système des retraites obligera des groupes à faire des «sacrifices». Il faudra notamment réfléchir à l'idée de hausser les cotisations ou encore de ne permettre l'indexation des prestations qu'à l'obtention de surplus.

Il croit que la population est prête à amorcer le virage. «Ça s'est fait en Hollande. Ça s'est fait au Nouveau-Brunswick, où le risque est maintenant partagé non seulement par les actifs et les retraités, mais aussi par les employeurs et les employés.»

Pour lui, il est essentiel que les politiciens portent le ballon, comme le fait le maire de Québec, Régis Labeaume, et mettent les cartes sur la table.

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