Usine Stadacona: le président des retraités s'excuse de s'être fié à Hamad

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Gilles Bédard (à droite), président du Regroupement des retraités de l'usine Stadacona

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) À l'aube du dépôt d'une loi spéciale qui devrait forcer la création des nouveaux régimes de retraite chez Papiers White Birch, le président du Regroupement des retraités de l'usine Stadacona Gilles Bédard s'excuse d'avoir accordé une confiance aveugle au syndicat et à l'ancien ministre responsable de la région, Sam Hamad.

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Les retraités présents à la rencontre ont été témoins des regrets de leur président.

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Le 13 juillet, 30 minutes avant qu'on annonce la relance de la papetière du boulevard des Capucins, M. Hamad aurait assuré deux fois plutôt qu'une que l'entreprise s'engageait à verser 35 millions $ dans les régimes de retraite pour compenser les pertes.

«Si, aujourd'hui, notre fonds de pension vaut 200 millions $, au lendemain de la signature [de la vente de l'usine], est-ce qu'il va valoir 235 millions?» aurait demandé Pierre Savard, vice-président du Regroupement. «Oui», aurait alors répondu M. Hamad.

Ce scénario assurait ainsi les retraités que leurs rentes n'allaient pas être coupées de plus de 30 %.

Or, près de trois mois après la transaction des actifs à Black Diamond, les 35 millions $ manquent toujours à l'appel et les nouveaux régimes de retraite n'ont toujours pas été créés. Résultat : les retraités verront, dès samedi, leurs rentes fondre de 47 %.

Même s'il dit ne pas chercher de coupable, M. Bédard a l'impression que l'ex-ministre Hamad a parlé à travers son chapeau en faisant une promesse qu'il n'était pas en mesure de tenir. Il s'excuse aujourd'hui de s'être fié à sa parole et à celle des autorités en place.

Entente verbale, loi spéciale

«On se fie à Renaud Gagné qui est le négociateur [vice-président national du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier N.D.L.R.], on se fie à Sam Hamad qui est le ministre responsable des régimes de retraite, on se fie au grand boss de la Régie des rentes, si je ne peux plus me fier à eux autres, j'ai un problème. Et je réalise aujourd'hui que le monde avait raison de dire : "Bédard, tu te trompes, tu vas te faire fourrer." Mais c'est exactement ce que je constate qu'il nous arrive aujourd'hui. Et je m'en excuse auprès de nos membres, d'avoir fait confiance à tous ces gens-là», a-t-il laissé tomber en conférence de presse.

À ses côtés, Pierre Savard a reconnu que l'entente était seulement verbale et qu'aucune confirmation écrite n'a été produite. L'ancien ministre Sam Hamad ne souhaite pas commenter directement les allégations, mais considère que le gouvernement et le syndicat ont fait ce qu'il y avait de mieux pour les retraités.  «Si on n'avait pas agi, les retraités auraient été coupés entre 40 % et 50 % de leurs retraites. Si on fait la loi, ils ne seront pas coupés de 47 %, ils seront coupés de 30 %.»

La loi spéciale devrait être déposée aujourd'hui à l'Assemblée nationale par la ministre Agnès Maltais. L'opposition a déjà fait savoir qu'elle l'appuiera.

De 908 $ à 481 $ par mois

«Il y en a qui me disent que l'aide sociale rapporte plus que ça...» M. Martel, qui a préféré ne pas donner son nom au complet, avait avec lui la lettre qui fait état des coupes de 47 % qu'il subira dès samedi, à la suite de la fermeture de son régime de retraite à prestations déterminées. On y lit que sa «rente mensuelle qui était de 907,99 $ sera réduite à 481,23 $. Les montants indiqués sont bruts, soit avant l'application de tout impôt payable.»

Selon Raymond Thibault, membre de l'exécutif du Regroupement des retraités, environ 25 % des membres se trouvent dans la même situation. Le président des retraités, Gilles Bédard, a même fait état de personnes qui avaient des revenus annuels de 5000 $ à 8000 $.

«Quand on parle d'une coupe de 47 %, c'est énorme. On vient de placer une grande partie de ces gens-là sous le seuil de la pauvreté», a-t-il indiqué.

Michel Émond, parmi les retraités les plus jeunes (il a quitté l'usine il y a sept ans), chiffre ses pertes à environ 1300 $ par mois.

«Au début, le syndicat disait qu'il n'accepterait jamais de couper au-dessus de 10 %. Après, on parlait de 30 %. Puis là, c'est 47 %. Je me sens démuni, c'est un vrai cauchemar.»

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