Chaussures Régence installe une école dans son usine du Cambodge

Jean-Damien Cangelosi, responsable des activités de Chaussures Régence... (Le Soleil, Jocelyn Bernier)

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Jean-Damien Cangelosi, responsable des activités de Chaussures Régence au Cambodge, et Christian Bergeron, président-directeur général de l'entreprise

Le Soleil, Jocelyn Bernier

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(Québec) Chaussures Régence, qui ouvrira une usine au Cambodge en janvier, planche parallèlement sur la construction d'une école pour accueillir les enfants de ses quelque 500 futurs travailleurs. Un projet aussi inusité que révolutionnaire en matière de traitement de personnel.

«Les Cambodgiens sont très orientés sur la famille. Pour les entreprises, la difficulté est de conserver leurs employés parce qu'ils n'ont pas beaucoup d'attachement à leur milieu de travail. Donc, si vous voulez garder vos gens et éviter un trop grand roulement de personnel, vous devriez construire une école», a conseillé Jean-Damien Cangelosi, lorsque Chaussures Régence l'a embauché comme responsable des activités au Cambodge. «Les écoles, ça manque vraiment là-bas. Ça serait la petite touche qui ferait en sorte que vous seriez perçu comme un véritable employeur d'exception», a-t-il ajouté.

Même si l'idée semblait farfelue au départ, le président de l'entreprise charlesbourgeoise, Christian Bergeron, a rapidement embarqué dans le projet. «Sur le coup, je me suis dit : ''On est des manufacturiers, pas des éducateurs!'' Mais, quand on y pense, on se rend compte que si c'est ce que ça prend pour faire la différence, ça vaut vraiment la peine.»

M. Bergeron a calculé que ses quelque 500 employés cambodgiens représentent plus ou moins 60 enfants d'âge primaire. «Soixante enfants, ce n'est pas la fin du monde. C'est environ trois classes, donc trois professeurs, un petit building... Ça ne coûtera pas une fortune, alors pourquoi ne pas le faire?»

Au chantier

Une semaine plus tard, l'homme d'affaires se trouvait sur le chantier à Phnom Penh, la capitale cambodgienne. C'est alors qu'il a annoncé au propriétaire, qui a accepté de construire l'usine neuve, que s'ajoutait au plan et devis un nouveau bâtiment pour accueillir les élèves. «Faut pas que tu fasses ça! a-t-il rétorqué. Ça va créer un précédent. Tout le monde va vouloir avoir une école dans leur milieu de travail!» Il n'en fallait pas plus pour convaincre le chef d'entreprise que son employé M. Cangelosi avait vu juste...

En plus des trois professeurs, M. Bergeron souhaite embaucher un cuisinier, qui s'assurera que les enfants mangent toujours à leur faim. Avec tout ça, on est bien loin de l'image que l'on peut avoir des usines en Asie, qui exploitent les enfants pour de la main-d'oeuvre bon marché. Au lieu de les faire travailler, on les envoie à l'école et on les nourrit! «Ce genre de phobie là, je ne dis pas qu'elle n'existe pas, mais ce n'est pas une réalité répandue, témoigne M. Bergeron. Moi, ça fait 15 ans que je travaille avec des usines en Chine, j'y vais tous les mois, et je n'ai jamais vu des enfants travailler. Ça m'est arrivé juste deux fois d'en voir dans une usine, puis j'ai fait des gros yeux aux gens là-bas... mais on m'a vite expliqué que c'était parce qu'il n'y avait pas d'école ce jour-là et que les parents n'avaient pas trouvé de gardienne. Ça arrive chez nous aussi, ce genre de problème.»

L'objectif à court terme sera de tripler la superficie et le nombre d'employés de l'usine en trois ans. Et s'il le faut, on triplera aussi le nombre de classes. «Ce qu'on veut, c'est bien traiter nos employés et montrer que comme Canadiens, on est des gens qui prennent soin de notre personnel. On veut les former pour qu'ils restent avec nous longtemps, puis s'il y a des gens là-dedans qui deviennent assez bons pour partir leur propre usine de chaussures et alimenter le marché cambodgien, tant mieux! On aura alors atteint un objectif ultime.»

Stages en Asie

Tant qu'à bâtir une école au Cambodge, pourquoi ne pas en faire profiter les gens d'ici? Le président de Chaussures Régence se voit déjà créer des partenariats avec les universités et les cégeps québécois pour organiser des stages interculturels en Asie. «C'est le plan derrière. Chaque trimestre, on pourrait envoyer des étudiants qui iraient enseigner l'anglais ou les mathématiques dans notre école», projette déjà Christian Bergeron. «Là-bas, 70 % ou 75 % de la population n'a pas d'électricité. Donc imagine si on amène un ordinateur avec Internet, ça va être la fin du monde!» lance-t-il, très enthousiaste. Tout comme l'usine, l'école devrait être prête dès janvier.

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