Pas de TGV en vue chez VIA Rail

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Marc Laliberté, présidentet chef de direction de VIA Rail

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) VIA Rail a beau avoir des plans à long terme, la société d'État n'a toujours pas sous son radar l'implantation d'un train à grande vitesse (TGV) dans le corridor Québec-Windsor. «Il faut commencer quelque part. Nous améliorons le service pour être prêts», a indiqué mercredi le président et chef de direction de VIA Rail, Marc Laliberté, lors d'une rencontre éditoriale au Soleil.

Le grand patron de VIA Rail note que dans tous les pays du G20 où le TGV s'est implanté (à l'exception du Canada et du Mexique), il a fallu mettre du temps.

Et de l'argent, aurait-il pu ajouter. Car c'est ce qui manque, ces temps-ci, à VIA Rail pour assurer son plein développement et l'entretien de son vaste réseau de 12 500 kilomètres de voies ferrées d'un océan à l'autre.

L'an dernier, malgré des revenus de 283 millions $, VIA Rail a épongé une perte nette de 261 millions $. Le populaire corridor Québec-Windsor a eu beau transporter 3,8 millions de passagers, ces services ont généré une perte nette de 135 millions $.

Là-dessus, le grand patron de VIA Rail est catégorique : le transporteur ne pourra jamais se passer de subventions. «On nous demande d'offrir des services en régions éloignées. Ces routes ne sont pas rentables. On le fait, puisque c'est notre mandat. Mais de penser qu'un jour VIA Rail sera autosuffisante financièrement, c'est impensable dans le contexte actuel.»

Québec-Montréal en 2 heures 32 minutes

Pour le service que le transporteur offre en Gaspésie, M. Laliberté jure qu'il n'a pas l'intention d'abandonner la liaison avec Gaspé, même si, pour l'instant, le train de VIA Rail doit s'arrêter à New Carlisle en raison d'une voie ferrée et des ponts en mauvais état. «Dès que nous le pourrons, nous allons retourner à Gaspé.»

Depuis son arrivée à la tête de VIA Rail, M. Laliberté dit s'être particulièrement attelé à travailler à améliorer le service à la clientèle et l'efficacité du réseau. «Je peux vous dire aujourd'hui que 9,8 trains sur 10 partent à l'heure et que 8,5 trains sur 10 arrivent à l'heure. Nous avons fait un pas de géant.»

Dans le trajet Québec-Montréal, VIA Rail dit avoir apporté des ajustements de fréquences qui répondent davantage aux besoins de sa clientèle d'affaires. «Notre train part à 6h de Sainte-Foy et nous sommes à Montréal à 8h32. Ce nouveau service est un franc succès», dit le pdg, qui a noté une augmentation de 15 % de l'achalandage sur cette liaison au mois d'octobre.

Pour attirer une nouvelle clientèle, VIA Rail dit avoir ajusté ses prix (avec un aller simple possible à 29 $) tout en offrant Internet gratuit haute vitesse sans fil à bord de ses trains. Un service que VIA Rail vante «comme le meilleur Wi-Fi sur rail au monde», question de courtiser notamment les travailleurs professionnels qui font souvent la navette entre la capitale et la métropole.

Sur l'avenir du transport ferroviaire au Canada, le pdg de VIA Rail croit qu'il est voué à connaître de beaux lendemains. Les études menées par VIA Rail indiquent que dans le corridor Québec-Montréal, seulement 10 % des gens optent pour le train. «Il a donc beaucoup de place pour accueillir de nouveaux clients.»

Quant à une privatisation possible du réseau de VIA Rail (tronçon Québec-Windsor, par exemple), le pdg dit ne pas avoir reçu d'offres concrètes de la part d'investisseurs privés potentiels. «Car là où les investisseurs se montrent intéressés, c'est là où les trains sont fréquents et rapides», rappelle-t-il, en précisant que la vitesse n'était toujours pas au rendez-vous au Canada.

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