La vente du chantier Davie pourrait être bloquée

«C'est un dossier qui ne sent pas bon... (Photo Jean-Marie Villeneuve, Archives Le Soleil)

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«C'est un dossier qui ne sent pas bon et il n'y a pas de fumée sans feu», dit Christian Dubé, député de Lévis pour la Coalition avenir Québec (CAQ)

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(Québec) Le processus menant à la vente du chantier maritime Davie de Lévis aurait été truffé d'irrégularités telles qu'un groupe d'acheteurs potentiels écarté menace maintenant de bloquer la transaction devant les tribunaux.

«Un processus de soumissions bâclé et très mal mené. Et nous sommes capables de démontrer devant la cour qu'il y a eu des préjudices graves dans cette affaire», a indiqué lundi au Soleil l'homme d'affaires Michel Juneau-Katsuya. Le groupe de ce dernier promet de relancer le chantier maritime Davie et dit avoir en main des commandes pour la construction d'une quarantaine de navires.

Le processus de vente du chantier maritime Davie a été mené ces derniers mois par le groupe ontarien Upper Lakes (propriétaire du chantier Davie) et la firme PriceWaterhouseCoopers (PwC).

Au terme de cet exercice, c'est la firme européenne Zafiro Marine qui été retenue pour acquérir les installations du chantier maritime de Lévis. Une candidature autorisée également par Investissement Québec qui détient une débenture convertible de 40 millions $ sur les éléments d'actif du chantier.

Or, la transaction n'a toujours pas eu lieu alors que Zafiro Marine négocie toujours avec Exportation et développement Canada (EDC) pour acquérir des droits sur trois navires commandés par la société norvégienne Cecon.

Cecon, qui possédait 33 % du chantier maritime Davie lors de sa faillite en février 2010, est toujours un client du chantier qui n'a jamais pu remettre la main sur ses trois bateaux dont les travaux de construction ont été suspendus.

Zafiro Marine n'est d'ailleurs pas inconnue de Cecon puisque son principal dirigeant, Alex Vicefield, siège également au conseil d'administration de la société norvégienne.

Selon Michel Juneau-Katsuya (un ancien agent des Services secrets canadiens), Investissement Québec a notamment manqué à ses devoirs en ne s'assurant pas d'un processus de vente transparent du chantier maritime. «Zafiro et Cecon sont étroitement liées. Alors si Cecon revient dans le décor, c'est comme redonner les clés du chantier au même groupe qui l'a poussé en faillite en 2010. Ça ne fait pas très sérieux», a-t-il fait valoir.

Se disant très préoccupé par l'investissement de 40 millions $ détenu par le gouvernement du Québec dans le chantier Davie, M. Juneau-Katsuya questionne par ailleurs fortement l'arrivée de la Deutsche Bank dans le dossier qui exigerait d'être reconnue au premier rang des créanciers, «devant Québec et Ottawa qui ont pourtant injecté plus de 600 millions $ dans l'aventure depuis 2007».

Irrégularités

Dans une lettre envoyée à Investissement Québec le 24 septembre dernier, les avocats du groupe de M. Juneau-Katsuya ont ainsi soulevé plusieurs cas importants d'irrégularités dans le processus de vente du chantier. Investissement Québec n'a jamais donné suite à cette lettre.

Par exemple, M. Juneau-Katsuya s'explique encore mal comment son groupe a reçu la confirmation d'«acheteur qualifié» par le vendeur le matin du 7 août dernier alors que ce titre lui a été retiré quelques heures plus tard, dans la soirée du 7 août.

Le groupe de M. Juneau-Katsuya soutient également avoir fait les frais d'un marchandage éhonté de la part d'un employé d'Upper Lakes. Ce dernier aurait clairement signifié son intention de tout mettre son poids dans la balance pour son groupe en retour du paiement d'une somme importante lui garantissant un emploi au sein de la direction du chantier maritime au cours des trois prochaines années.

Lundi, personne chez Upper Lakes à Lévis n'était disponible pour commenter le dossier.

Dans les règles

Chez Investissement Québec, on nie que des cas d'irrégularités aient entaché le processus de vente du chantier Davie. «Tout a été fait dans les règles», a indiqué lundi la porte-parole, Chantal Corbeil.

Investissement Québec dit avoir embauché la firme Raymond Chabot pour vérifier la conformité du processus de vente et que rien d'«anormal» n'avait été noté.

La porte-parole d'Investissement Québec a souligné au Soleil que les liens de proximité entre Zafiro et Cecon n'étaient d'ailleurs pas «un facteur déterminant» de cette transaction alors que le gouvernement n'a pas l'intention de consentir une nouvelle aide financière au prochain acheteur du chantier maritime.

Investissement Québec nie également avoir payé 800 000 $ à Upper Lakes pour mener un processus de vente par l'entremise de la firme de services-conseils PwC.

De l'argent à risque

Pour le député de Lévis de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christian Dubé, les allégations lancées par l'homme d'affaires Juneau-Katsuya sont préoccupantes. «C'est un dossier qui ne sent pas bon et il n'y a pas de fumée sans feu», a-t-il reconnu lundi.

Le porte-parole caquiste en matière de Finances soutient que Québec a toujours un droit de veto sur la vente du chantier maritime qui lui permet de refuser une transaction jugée préjudiciable pour les intérêts du Québec. «Ce gouvernement a le pouvoir de s'assurer que ce chantier soit repris dans une perspective durable afin de créer des emplois de qualité», a-t-il rappelé sur un ton prudent.

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