C'est un chantier complexe qui se mettra en branle sur la plage Jacques-Cartier. Il faut remettre en état une conduite d'égout pluviale de 200 mètres qui part du chemin Saint-Louis et traverse la falaise, en passant sous la voie ferrée du CN, où les trains doivent continuer de rouler pendant toute la durée des travaux.
La préparation des plans et devis a été confiée à la firme d'ingénieurs CIMA+ moyennant 172 000 $. Pour une partie du tronçon, les consultants ont recommandé la technique de réhabilitation par projection béton-acier, ce qui équivaut à construire une nouvelle conduite à l'intérieur de l'ancienne.
Or, une seule entreprise maîtrise cette technique dite «sans tranchée» puisque c'est elle qui l'a développée. Il s'agit de Sanexen, entreprise de Varennes spécialisée dans la restauration de sites contaminés, qui travaille de pair avec des entrepreneurs généraux en région. À Québec, son partenaire est Gevilco, de Stoneham-et-Tewkesbury.
Deux appels d'offres
Un premier appel d'offres exigeant l'utilisation de cette technique a été publié le 7 novembre 2011. Cinq soumissions ont été reçues et ouvertes le 7 décembre. La plus basse a été présentée par Métro Excavation, qui offrait de faire les travaux pour 1 883 256 $. Les entreprises Gevilco occupaient le deuxième rang avec une offre de 2 178 214 $. Le plus haut soumissionnaire demandait 3 664 004 $.
Le 8 février, le comité exécutif a annulé l'appel d'offres. Jacques Perron, porte-parole de la Ville de Québec, assure que «ce n'était pas une question de complaisance» ou de devis truqué. Les employés de la Ville se seraient plutôt rendu compte que le document était trop directif. Ils ont voulu ouvrir la possibilité de proposer une autre technique.
Le 7 août, un nouvel appel d'offres était publié, avec échéance le 11 septembre. Cette fois, le document précisait clairement que «la méthode de réhabilitation par projection pourrait être remplacée par une méthode alternative proposée par le soumissionnaire à condition que l'ensemble des conditions et contraintes soient respectées».
L'entrepreneur devait toutefois faire la démonstration de son efficacité et prévoir une provision budgétaire de 25 000 $ pour la faire valider par les ingénieurs du CN. Même advenant l'acceptation par la Ville de Québec, c'est le CN qui aurait le dernier mot. «À défaut de démontrer que la méthode est équivalente, physiquement acceptable et respectant les exigences du CN, le soumissionnaire peut voir sa soumission rejetée» même s'il présente le prix le plus bas, précise le document.
Un seul soumissionnaire
Dans ce contexte, un seul soumissionnaire a présenté une nouvelle soumission, et c'est Gevilco, dont le prix s'établit désormais à 2 683 501 $. C'est un demi-million de dollars de plus que sa première offre et 800 000 $ de plus que le plus bas soumissionnaire de l'appel d'offres précédent.
Le Soleil a contacté ses concurrents pour savoir pourquoi ils n'avaient pas déposé de soumission. Pour certains, c'était une question d'échéancier.
Pour d'autres, la crainte d'une non-conformité. Tous appréhendaient une baisse des prix soumis, comme c'est souvent le cas quand un appel d'offres est repris. Ils sont donc étonnés que le prix demandé soit supérieur à la première fois.
La Ville de Québec, elle, n'a pas encore accordé le contrat. Les fonctionnaires «analysent rigoureusement la soumission», selon Jacques Perron, avant de faire leur recommandation au comité exécutif.
Parlant des appels d'offres concernant l'amphithéâtre, le maire Régis Labeaume a promis cette semaine d'éviter les demandes trop précises qui limiteraient le nombre de soumissionnaires. «Pour chaque appel d'offres de matériel, on va s'assurer qu'il y ait trois sortes de matériel au minimum» et donc plus d'une soumission, a-t-il assuré.