Budget Marceau: coups de rabot dans des mesures «coûteuses»

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Pour parvenir au «déficit zéro», le ministre des Finances Nicolas Marceau veut couper des mesures budgétaires programmées par le gouvernement de Jean Charest.

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(Québec) Pour boucler son budget et parvenir au «déficit zéro» au 31 mars 2014, le ministre des Finances Nicolas Marceau est contraint de revoir une série de mesures budgétaires et fiscales devant entrer en vigueur en janvier.

C'est pour prouver sa capacité d'équilibrer les comptes publics et pour prendre ses adversaires politiques de court que le gouvernement Marois a décidé de présenter un budget le 20 novembre, a-t-on beaucoup dit depuis une semaine.

Mais c'est aussi, très concrètement - rigueur oblige - pour raboter des mesures jugées «coûteuses» qui prendraient leur envol le 1er janvier prochain si rien n'était fait d'ici là. Des mesures programmées par les deux derniers budgets du gouvernement de Jean Charest.

Deux seraient particulièrement menacées actuellement, selon des informations non confirmées, mais provenant d'observateurs avertis : une baisse d'impôt pour les travailleurs de 65 ans et plus, ainsi que la réduction de taxe sur la masse salariale de ces mêmes employés, réduction dont les entreprises sont censées commencer à bénéficier d'ici un mois et demi.

Le premier élément a été annoncé dans le budget 2011-2012; le second, dans celui de 2012-2013. Tous deux pourraient être modifiés, décalés dans le temps ou reportés sine die, dit-on.

Actuellement, il est prévu que la baisse d'impôt pour les «travailleurs expérimentés» de 65 ans et plus pourrait atteindre 1500 $, une fois la mesure pleinement mise en application. Coût anticipé pour les finances publiques : 120 millions $ d'ici 2016.

Un incitatif fiscal visant à garder en emploi ces mêmes travailleurs expérimentés a aussi été programmé. Il prévoit accorder aux employeurs une réduction de la taxe sur la masse salariale, qui grimperait d'année en année pour atteindre 1000 $ par salarié concerné en 2016. Coût estimé : 54 millions $.

Silence

Au ministère des Finances, on a refusé de communiquer au Soleil la liste des mesures devant entrer en vigueur en janvier, une information pourtant purement factuelle. On a renvoyé l'intéressé au cabinet politique du ministre Nicolas Marceau, où l'on a préféré taire ces éléments dûment inscrits quelque part dans les grands livres des comptes publics.

En fait, dans ces milliers de pages de documents, on peut retrouver une foule d'éléments devant prendre vie sous peu. Outre ceux mentionnés ci-dessus, et qui seraient menacés, notons la bonification du crédit d'impôt remboursable pour le maintien à domicile d'une personne âgée et de celui destiné aux aidants naturels. Eux ne seraient pas dans le collimateur, selon nos informations.

Mentionnons aussi l'augmentation des enveloppes dédiées à l'intégration des immigrants, aux exportations, au secteur bioalimentaire ou aux festivals.

«Il sera intéressant de voir le 20 novembre sur quels éléments aura finalement décidé d'agir l'actuel gouvernement et à quelles mesures il ne touchera pas», a confié un interlocuteur en rappelant que «décider, c'est choisir».

Aux Finances, on ne dévoile évidemment rien de ce qui sera décidé à ce stade-ci. On dit que tout est sous analyse.

Les «riches» et les mines

Ce qui est sûr, pour l'instant, c'est que les contribuables gagnant plus de 100 000 $ devront payer davantage d'impôt et que les entreprises minières devront acquitter plus de redevances.

L'action gouvernementale portera sur un redressement de quelque 1,6 milliard $, d'où un tour de vis attendu dans les dépenses. Leur croissance doit être plafonnée à 2 %.

Pour «contrôler la progression» de la dette, la première ministre, Pauline Marois, a déjà annoncé que son gouvernement reverra le rythme des investissements dans les infrastructures. Outre de mener l'État au «déficit zéro» en 2014, l'équipe ministérielle a l'objectif, à l'instar du gouvernement de Jean Charest, de faire passer le poids de la dette de 55 % à 45 % du produit intérieur brut en 2025. Le budget à venir ne couvrira pas 12 mois comme d'habitude, mais 15.

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