Hydro-Québec aux prises avec de coûteux surplus d'électricité

Avec d'imposants surplus énergétiques dans ses coffres, Hydro-Québec... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Avec d'imposants surplus énergétiques dans ses coffres, Hydro-Québec continue d'acheter des quantités impressionnantes d'électricité à des producteurs privés. Cette demande vient directement de son actionnaire, le gouvernement du Québec.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Hydro-Québec ne devrait pas avoir trop de difficulté à répondre à la demande de sa clientèle québécoise cet hiver. Si tout va comme prévu, la société d'État devrait d'ailleurs nager dans des surplus d'électricité jusqu'en 2020. Mais à quel prix?

Cet hiver, Hydro-Québec s'attend ainsi à répondre à une pointe hivernale de 37 282 mégawatts (MW), soit près de 300 MW de plus que la pointe hivernale enregistrée l'an dernier.

Dans la mise à jour de son Plan d'approvisionnement déposé à la Régie de l'énergie tout récemment, Hydro-Québec note qu'elle disposera d'importants surplus d'électricité cumulés d'ici la fin de 2020, soit 28,5 térawattheures (TWh). Un térawattheure peut alimenter 50 000 maisons.

Il y a à peine deux ans, Hydro-Québec prévoyait pourtant des surplus énergétiques de 11 TWh pour la présente décennie.

L'an prochain, Hydro-Québec dit disposer d'une confortable «marge de manoeuvre» de 4,1 TWh alors que les surplus d'électricité sont estimés à 5,1 TWh en 2014 et de 5,6 TWh en 2015.

Mais que s'est-il donc passé? Hydro-Québec reconnaît que l'économie québécoise tourne moins rondement que prévu. Cette année, la progression du produit intérieur brut (PIB) ne devrait être que de 1 %. L'an prochain, Hydro-Québec s'attend à voir l'économie du Québec avancer de 2 %.

Chemin faisant, malgré une légère progression de la consommation du côté de ses clients résidentiels et de grandes entreprises, Hydro-Québec s'attend à voir ses clients de PME consommer moins d'électricité l'an prochain.

Des achats inutiles

Mais il y a plus. Car on remarque surtout qu'avec d'imposants surplus énergétiques dans ses coffres, Hydro-Québec continue d'acheter des quantités impressionnantes d'électricité à des producteurs privés. Cette demande vient directement de son actionnaire, le gouvernement du Québec.

En 2013 seulement, Hydro-Québec Distribution dépensera tout près de 500 millions $ pour acheter de l'électricité dont elle n'a pas besoin.

Hydro-Québec Distribution a ainsi signé plus de 20 contrats d'approvisionnement d'un total de 72 TWh d'énergie éolienne d'ici 2020.

Par exemple, dans la région de Thetford Mines, Hydro-Québec a accepté de payer 11,9 ¢ le kilowattheure pour l'électricité que produira le producteur privé Enerfin à partir d'éoliennes, soit 30 % de plus que ce qui sera versé dans un projet voisin mené par 3Ci (8,9 ¢ le kilowattheure).

Comme Hydro-Québec vend son électricité au prix moyen de 7 ¢ le kilowattheure à ses clients québécois, la perte pour chaque kilowattheure d'origine éolienne est énorme.

Dans le secteur des pâtes et papiers, Hydro-Québec a signé des contrats d'approvisionnement ferme avec Kruger, Tembec et Résolu pour leur acheter de l'électricité produite à partir de la biomasse. Dans le cas de Résolu, l'entente lui permet d'encaisser plus de 10 millions $ de revenus par année en vendant son électricité à Hydro-Québec.

Selon l'analyste en énergie Jean-François Blain, Hydro-Québec devra dépenser au moins 5 milliards $ au cours des 10 prochaines années pour des achats d'électricité à perte à des producteurs privés. «De l'électricité dont nous n'avions pas besoin et que le gouvernement a imposée à Hydro-Québec à coups de décrets ministériels. Hydro est maintenant prise avec cette électricité dont personne ne veut», signale-t-il.

Ce dernier estime à 10 TWh par année (et ce, au cours des 10 prochaines années) les achats d'électricité dite inutile par Hydro-Québec à un coût moyen unitaire de 10 ¢ le kilowattheure.

Or, l'analyste rappelle qu'Hydro-Québec peine ces temps-ci à obtenir 6 ¢ pour chaque kilowattheure vendu aux États-Unis en raison de la faiblesse des prix du gaz naturel qui dicte le marché de l'électricité sur la côte est américaine.

Le cas de la centrale de TCE

Il faut savoir qu'Hydro-Québec a décidé de reporter à au moins l'hiver 2018 l'utilisation de la centrale au gaz naturel de 507 MW de TransCanada Énergie située dans le parc industriel de Bécancour.

Hydro-Québec versera ainsi au moins 150 millions $ l'an prochain à TransCanada pour qu'elle garde fermée sa centrale au gaz. Avec ce nouveau dédommagement, la société d'État aura ainsi versé depuis 2008 plus de 900 millions $ à TransCanada sans toutefois pouvoir bénéficier d'un électron produit à cette centrale de Bécancour.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer