Sylvain Gauthier a accepté pour la première fois de parler publiquement de l'avenir du Concorde, mis en vente en juillet pour des raisons de difficultés financières. «Faut faire attention quand on dit que l'hôtel est en difficultés financières. Cet été, l'hôtel a eu quand même une performance exceptionnelle, une de ses meilleures performances depuis un bon bout de temps. C'est clair qu'un propriétaire ne met pas en vente un hôtel parce que c'est un fleuron, on s'entend, mais je pense que la raison pour laquelle cet hôtel-là a été mis en vente, c'est qu'il n'était plus dans les priorités de la compagnie Loews pour l'instant, et ils essaient de voir et d'analyser s'il n'y a pas quelqu'un d'autre qui serait intéressé à le reprendre.»
Et il semblerait que plusieurs acheteurs - tous des hôteliers - sont au rendez-vous. «Regardez à Montréal, les bannières qui sont là, puis regardez ceux qui ne sont pas à Québec, vous allez voir qu'il y en a plusieurs. Et ils sont tous passés, pratiquement», de dire M. Gauthier. Une information qui a été confirmée par le président du syndicat, Jacques Fortin. «Il y a eu beaucoup de visites, mais on ne sait pas qui, affirme ce dernier. Il y en a peut-être eu une dizaine, même qu'il y en a qui sont venus plusieurs fois, on a reconnu leur visage. Alors, il y a de l'intérêt, ça, c'est sûr.»
Enjeu de taille
L'enjeu est de taille pour les employés syndiqués, eux qui n'ont pas renouvelé leur convention collective venue à échéance le 31 juillet. «C'est sûr qu'on a hâte de connaître le nouvel acheteur parce que contrairement aux autres hôtels [affiliés à la CSN], nous, on ne faisait pas partie de la négociation concertée. Donc, on attend le nouveau propriétaire pour négocier.»
Selon nos informations, une annonce pourrait être faite d'ici le temps des Fêtes, sinon avant le printemps.
Anguille sous roche
La seule raison pour laquelle Le Concorde ne pourra jamais devenir des condos, estime Jacques Fortin, c'est parce que le terrain appartient à une tierce partie et que cette dernière n'est pas intéressée à céder son lopin de terre.
En effet, en 1966, Marcel Adams, un riche investisseur immobilier d'origine roumaine, a mis la main sur le lot où s'est construit le fameux hôtel huit ans plus tard. Le terrain avait alors été loué à Loews pour 99 ans. À la fin du bail, il est prévu que l'immeuble revienne à la succession de M. Adams.
«Ça va bien. Il ne me reste que 60 ans à attendre!» avait lâché le monsieur, pince-sans-rire, à une journaliste du Soleil qui l'interviewait en 2002 dans le contexte d'une série sur les immigrants.
Cet été, en apprenant que l'hôtel était à vendre, Le Soleil a tenté à nouveau de s'entretenir avec le richissime homme d'affaires ayant fondé Les Développements Iberville. Mais, ayant toujours la fibre entrepreneuriale, à 92 ans, il croyait qu'on l'appelait pour lui vendre un terrain...