À l'occasion d'un colloque marquant le début du Mois de la planification financière de la retraite, un sondage a démontré une fois de plus le surendettement des Québécois et leur manque d'intérêt pour l'épargne.
L'événement destiné aux professionnels des services financiers était organisé par Question Retraite, un regroupement sans but lucratif voué à sensibiliser les 25-45 ans à la nécessité de commencer tôt à préparer leur «après-carrière».
Après les appels à la raison de la Banque du Canada et plusieurs autres sonneries d'alarme, le constat est particulièrement inquiétant du côté des dettes. On trouve des soldes impayés sur les cartes de crédit de 38 % des répondants et dans les marges de crédit de 42 % des 25 à 64 ans.
Presque 6 sondés sur 10 estiment que la consommation au jour le jour repousse l'épargne au second rang de leurs priorités financières.
Le plus étonnant, c'est que seulement 15 % des répondants disent s'être fixé des objectifs précis et chiffrés d'épargne pour la retraite.
Il est pourtant facile de calculer à l'aide d'un outil en ligne comme celui de Question Retraite qu'une personne qui gagne 45 000 $, par année, sans cotiser à un régime de retraite personnel ou d'employeur, devra faire un effort irréaliste (presque 10 000 $ par année) si elle attend d'avoir 45 ans avant de se mettre à accumuler une épargne capable de remplacer 70 % de son salaire 20 ans plus tard.
Personnellement, je n'ai pas été trop impressionné de voir que l'importance attribuée à l'avenir financier augmente avec l'âge. En général, on planifie plus et on épargne davantage qu'il y a 10 ans.
Après tout, il est normal que les années ajoutent un peu de sagesse.
Si bien que plus d'une personne sur deux chez les 35 ans et plus aimerait pouvoir revenir en arrière de 10 années pendant lesquelles elle penserait davantage à préparer son avenir financier.
Malheureusement, aucune carte de crédit ne permet encore d'acheter une machine à remonter le temps.
Au contraire (est-il utile de le rappeler aux futurs retraités?), le gouvernement fédéral a annoncé en mars à tous les citoyens de moins de 50 ans qu'ils devront atteindre 67 ans au lieu de 65 avant de toucher leur premier chèque de prestation de sécurité de la vieillesse. Ce revenu (544,98 $ au maximum actuel) est considéré comme la base de la pyramide de la sécurité financière à la retraite.
Au printemps on avait calculé qu'un travailleur de 50 ans désireux de prendre quand même sa retraite dans 15 ans doit épargner 75 $ de plus par mois qu'avant ce changement et obtenir un optimiste rendement de 5 % de ses placements REER, seulement pour combler ce manque à gagner de deux ans.
D'accord, de plus en plus de gens envisagent de rester au travail plus longtemps que ceux qui avaient le même âge il y a 15 ans.
Mais, avec la longévité qui s'étire, la retraite requerra des fonds de plus en plus longtemps. En accumuler un peu plus un peu plus tôt, ce n'est quand même pas préparer ses funérailles.
CITATION DE LA SEMAINE
«Plusieurs travailleurs réalisent aujourd'hui qu'ils auraient pu se faciliter la tâche en commençant à épargner plus tôt pour leur retraite.»
- Jocelyne Houle-LeSarge, présidente de Question Retraite