Les députés, qui paient présentement 18 % de leur retraite, verront leur part monter graduellement à 50 % et devront attendre l'âge de 65 ans plutôt que 55 ans comme en ce moment pour la retirer sans pénalité.
Mais cette réforme entrera en vigueur seulement après les prochaines élections, en octobre 2015, a-t-il dit en rencontre de presse.
Leur contribution annuelle se trouvera multipliée par quatre, une fois le processus terminé, et passera de 11 060 $ à 38 769 $. «Je crois que les députés vont accepter de payer leur juste part», a commenté M. Clement.
Le gouvernement, a dit de son côté le ministre des Finances, Jim Flaherty, ne veut pas que les parlementaires jouissent de meilleures conditions que les employés de l'État, ou que ces derniers profitent de conditions sensiblement meilleures que celles du secteur privé.
En «conflit d'intérêts»
L'opposition néo-démocrate approuve l'idée d'une réforme des retraites des élus, mais se considère, selon les propos de sa députée Nycole Turmel, en «conflit d'intérêts» dans ce dossier.
Le projet devrait plutôt relever d'un comité indépendant et objectif, affirme le NPD, pour éviter que les députés se retrouvent à la fois juges et parties.
Mais ce débat risque de tourner à vide puisque comme l'a dit M. Mulcair en mêlée de presse, «du moment qu'ils le mettent dans la même loi où ils sont en train de scrapper une loi centenaire sur la protection de l'environnement, le résultat est préordonné. Ils savent parfaitement bien qu'on va voter contre», a-t-il dit.
Les libéraux, pour leur part, se sont dits prêts à voter immédiatement en faveur de la réforme pour les députés si le gouvernement accepte de scinder son projet.
Le chef Bob Rae a même offert d'accélérer le calendrier de cette réforme, si le gouvernement le souhaite. Le premier ministre Stephen Harper, sourire en coin, s'est dit intéressé par la proposition et a invité le NPD à suivre les libéraux sur ce terrain.
Mais les députés conservateurs ont refusé leur consentement à une proposition en ce sens du député Marc Garneau, après la période des interpellations.
«En vertu des changements annoncés aujourd'hui, pour la première fois dans l'histoire du Canada, les fonctionnaires, les députés et les sénateurs paieront leur juste part des cotisations à leur régime de pension», a dit M. Clement dans son court point de presse.
«La réforme marque un profond changement dans la gestion des régimes de pension du secteur public et montre que le gouvernement est déterminé à maintenir les taxes et les impôts peu élevés, à revenir à l'équilibre budgétaire et à bien utiliser l'argent des contribuables», a ajouté le ministre.