Acquisition de Logica par CGI: et Québec dans tout ça?

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Selon le vice-président principal de l'unité d'affaires de la capitale, Bernard Labelle, Québec tirera assurément profit de l'expansion de l'entreprise, qui, rappelons-le, a vu le jour ici dans le sous-sol d'un jeune entrepreneur de 26 ans.

Le Soleil, Jocelyn Bernier

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Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) Au mois d'août dernier, CGI mettait le grappin sur la britannique Logica pour la somme de 2,8 milliards $. Du même coup, elle devenait la sixième plus importante entreprise indépendante de services en technologie d'information et en gestion des processus d'affaires dans le monde. Son équipe compte maintenant 72 000 employés, aussi appelés des membres. Ses revenus totalisent 10,4 milliards $, et la valeur estimée de son carnet de commandes s'élève à 17,7 milliards $.

Avant l'acquisition de Logica, CGI tirait 94 % de ses revenus des États-Unis et du Canada. Aujourd'hui, ces deux pays ne représentent plus que 38 % du chiffre d'affaires de l'entreprise, qui a maintenant pignon sur rue dans 43 pays. Et Québec dans tout ça?

À Québec, la firme compte sur un centre d'excellence mondial qui fait travailler 1150 personnes. Elle prévoit en embaucher 150 autres au cours de la prochaine année. Et selon le vice-président principal de l'unité d'affaires de la capitale, Bernard Labelle, Québec tirera assurément profit de l'expansion de l'entreprise, qui, rappelons-le, a vu le jour ici dans le sous-sol d'un jeune entrepreneur de 26 ans, Serge Godin. C'est en effet à Québec, en 1976, que ce dernier et son collègue André Imbeau ont fondé CGI. Leur premier client a été le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Présence locale

«Beaucoup d'entreprises décident de délocaliser massivement leurs opérations dans les pays émergents. Chez CGI, nous possédons maintenant des capacités que nous n'avions pas dans ces pays avant l'acquisition de Logica, mais nous faisons aussi le choix de conserver une présence locale très forte», explique M. Labelle au cours d'une entrevue accordée au Soleil. «Nous misons sur l'expertise et la compétence de nos centres d'excellence que nous retrouvons au Canada, aux États-Unis et en Europe dont ceux de Québec, de Montréal, de Saguenay et de Sherbrooke.»

Dans la capitale, près de 800 des 1150 membres de CGI s'affairent auprès de clients locaux, comme les ministères et les organismes gouvernementaux et les compagnies d'assurance et de services financiers. «Québec a toujours été un bon marché pour les entreprises de services dans les technologies de l'information.»

Un autre contingent de 250 professionnels besogne à partir des locaux de CGI à Québec, sur le boulevard Charest, mais pour des clients mondiaux qui n'ont pas un pied-à-terre dans la capitale. Parmi eux, le Cirque du Soleil. Il y a aussi d'importants clients américains et européens dont l'identité ne peut être dévoilée pour des raisons de confidentialité.

«Dans le développement et l'intégration de systèmes, nous constatons qu'entre 40 % et 50 % du travail peut être fait à distance en raison du potentiel incroyable des technologies et des coûts des télécommunications qui ont baissé de façon importante», explique Bernard Labelle.

«La ville de Québec a la chance d'être bien positionnée au sein du réseau mondial de CGI comme l'un des centres d'excellence en mesure de servir des clients situés un peu partout sur la planète», affirme-t-il en signalant que les occasions d'affaires ne manquaient pas.

Il y a une dizaine de jours, la filiale américaine de CGI obtenait un contrat de 871 millions $US du Pentagone. Elle vient aussi de se qualifier pour soumissionner auprès de la US Army Sustainement Command en vue de l'obtention de contrats pouvant totaliser pas moins de 23 milliards $US.

En terminant, Bernard Labelle signale que CGI est maintenant en mesure d'offrir une gamme encore plus complète de solutions d'affaires à ses clients en raison de l'acquisition du prolifique portefeuille de propriétés intellectuelles de Logica. Une sorte de «média social d'entreprise» a été créé et permet aux 72 000 membres de CGI de partager leur expertise, leurs connaissances, leurs réalisations.

«Ça change de l'image du consultant qui arrive chez son client avec sa petite valise et qui travaille de façon isolée. Aujourd'hui, le professionnel peut compter sur un réseau extrêmement puissant derrière lui. Rapidement, il peut interpeller son réseau et aller chercher l'information qui l'aidera à trouver les solutions recherchées par son client.»

Le vice-président principal de l'unité d'affaires de CGI à Québec, Bernard Labelle Le Soleil, Jocelyn Bernier

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