Malgré les mauvaises nouvelles...

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Louis Tanguay
Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) Le trimestre terminé le 30 septembre a somme toute été bon pour les investisseurs en Bourse, mais il faut s'attendre à ce que les marchés s'écartent de cette tendance, d'ici à la fin de 2012.

En envisageant les prochains mois, il faut garder à l'esprit que l'horizon demeure sombre en Europe, avertit Charline Gilbert de RBC Dominion Valeurs mobilières.

Chaque sondage, d'ici à l'élection présidentielle américaine, pourrait devenir prétexte à des prises de profit affectant les indices à la baisse dans un marché qui vient juste de monter, ajoute Steve Buisson de Valeurs mobilières Banque Laurentienne.

Si la contagion de la crise financière atteint l'Italie, on pourrait bien faire quelques pas en arrière, prévient André D'Amours de la Financière Banque Nationale.

Ceci étant dit, il précise que, si les indices boursiers ont progressé de façon surprenante depuis un an, malgré une panoplie de mauvaises nouvelles, les titres restent faiblement évalués, même aux États-Unis. Pourtant, dit-il, les grandes entreprises «sont pleines de cash».

M. Buisson abonde dans le même sens, même si le temps est peut-être venu de prendre des profits dans des grandes sociétés, comme TELUS ou Enbridge, devenues très populaires auprès des investisseurs en quête d'un bon dividende.

Les télécommunications et les services financiers restent les secteurs défensifs préférés de Mme Gilbert, qui a, depuis peu, reconcentré son attention sur les actions canadiennes et adopté une position plus neutre par rapport au marché américain. Il faut cependant à son avis y garder les bonnes sociétés qui sont moins fragiles à une baisse de la consommation en Europe.

M. Buisson aussi favorise le secteur financier, mais «hors banques», dit-il, préférant les sociétés de gestion de patrimoine.

Les banques canadiennes devraient continuer de bien faire selon M. D'Amours, mais il affiche un biais plus favorable aux assureurs qui ont été pénalisés comme si les taux d'intérêt devaient rester bas à très long terme.

M. Buisson suggère par ailleurs de s'intéresser à des sociétés de moins grande capitalisation au Canada. On peut aussi y trouver un bon dividende en même temps qu'un potentiel de croissance, dit-il, citant en exemple Poseidon Concepts, un fournisseur de services aux industries du secteur de l'énergie.

Parlant de pétrole, Mme Gilbert n'anticipe pas de forte hausse du prix du brut à court terme, mais M. Buisson soutient qu'il reviendra tôt ou tard à plus de 100 $US le baril.

L'énergie et les matières premières font partie des secteurs sous-évalués selon M. D'Amours. À long terme, c'est le gaz naturel qu'il privilégie, compte tenu des projets d'usines de liquéfaction qui permettraient d'exporter les ressources nord-américaines vers l'Europe et l'Asie, où le gaz se vend quatre et cinq fois plus cher qu'au Canada.

Autre exemple dans le domaine des ressources qui peut réserver des surprises, il fait remarquer que le producteur d'engrais Agrium s'est «engagé» à racheter 7,5 % de ses actions dans une fourchette de prix oscillant entre 95 et 107 $.

Charline Gilbert observera attentivement, du côté américain, les dépenses des ménages reliées à l'Halloween. Ce sera le bon moment pour mesurer la confiance des consommateurs, puisque, chez nos voisins du sud, on enregistre généralement à cette occasion une activité encore plus importante que pour la période de Noël.

Comparant le présent trimestre au précédent, elle s'attend à ce qu'il soit moins flamboyant, et plutôt caractérisé par un certain «plateau».

André D'Amours ne serait pas surpris que les marchés affichent une bonne performance dans les prochains mois. Les investisseurs, dit-il, se sentent forcés de compenser l'absence de rendement du côté obligataire en acceptant un peu plus de risque dans les actions, surtout avec le «confort» relatif du dividende.

Steve Buisson, lui, craint que les indices boursiers déjà sous-évalués fléchissent encore dans les prochaines semaines. Mais il croit qu'ils repartiront ensuite à la hausse. Celui de la Bourse de Toronto pourrait même à son avis atteindre les 12 700 points au tournant de l'année.

«Les marchés ne sont pas à l'abri de décisions douteuses des autorités politiques ou monétaires.»

- André D'Amours

«Mieux vaut réduire ses attentes quant aux bénéfices des sociétés dans les prochaines rondes de résultats financiers.»

- Steve Buisson

«Il faut rester prudent, mais même dans un marché en dents de scie, on peut trouver des occasions d'investir.»

- Charline Gilbert

AVERTISSEMENT - Le fait de mentionner un titre dans le texte qui précède ne doit pas être interprété comme une recommandation d'achat ou de vente de la part du Soleil, ni de l'auteur, ni de la part de l'un ou l'autre de ses interlocuteurs.

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