Finances du Québec: Marceau «déçu» de la gestion libérale

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Le ministre des Finances, Nicolas Marceau

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(Québec) Le risque de dépassement budgétaire du gouvernement du Québec est beaucoup plus élevé que ce qu'en a dit récemment l'ancien ministre libéral des Finances, Raymond Bachand, soutient son successeur, le péquiste Nicolas Marceau. Il est de près de 1,6 milliard$ pour l'année en cours.

Les données de la fin juin, rendues publiques vendredi, «présentent déjà un déficit de 1517 millions$», et ce, à peine trois mois après le début de la présente année financière, a souligné le ministre des Finances et de l'Économie du gouvernement Marois.

Nicolas Marceau évalue l'impasse financière actuelle à 1,6 milliard$. Elle est attribuable à des dépenses gouvernementales plus élevées que prévu de 1,1 milliard$ (au 31 août), ainsi qu'à des revenus moindres que ceux anticipés de 500 millions$.

La colonne des recettes pâtit d'une croissance économique anémique. Les exportations des entreprises, par exemple, traînent la patte.

«Gestion décevante»

«Je suis déçu de la gestion de l'ancien gouvernement», a laissé tomber le ministre des Finances.

Il a rappelé que Raymond Bachand a soutenu il y a moins de trois semaines que les dépenses étaient supérieures de 800 millions$ aux prévisions, soit moins que les 1,1 milliard$ que le gouvernement du Parti québécois vient de découvrir.

Pour le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, «les libéraux ont lâché les commandes du navire» durant leurs derniers mois à la tête de l'État.

Ordre a été donné à tous les ministères et organismes de respecter les objectifs de dépenses fixés en mars. Ils devront s'en tenir aux «cibles de 2 % d'augmentation» et pas plus, a dit Stéphane Bédard.

Engagement solennel

Dans une déclaration de présentation, vendredi, Nicolas Marceau a assuré qu'il maintient le cap sur le déficit prévu par l'ancien gouvernement pour 2012-2013, soit 1,5 milliard$; et sur l'atteinte de l'équilibre entre les dépenses et les revenus en 2013-2014.

Mais il a dû admettre, quelques instants plus tard, en point de presse, que la fermeture de la centrale Gentilly-2 gonflera de plus de 1 milliard $ le déficit budgétaire pour l'année en cours.

Il a parlé d'une simple «écriture comptable» et noté que cette perte, due à une «bonne décision économique», sera «non récurrente».

Le ministre des Finances a réitéré que le «déficit zéro» sera bel et bien atteint en 2013-2014. Il en a fait un engagement gouvernemental solennel.

Les annonces

Malgré la précarité de la situation, et les «défis» qu'elle suppose, Nicolas Marceau a fait valoir que son gouvernement n'a fait preuve d'aucune légèreté ni précipitation en annonçant rapidement la fermeture de la centrale nucléaire, l'annulation de la taxe santé et celle de la hausse des droits de scolarité à l'université.

La disparition de la taxe santé, parce qu'elle s'effectuera à «coût nul», ne fera pas perdre un sou au Trésor public, a-t-il dit. Et les sommes liées à l'annulation de la hausse des droits de scolarité pour l'année en cours et la suivante «sont tout à fait gérables».

Réplique

La réplique des libéraux est tombée quelques instants plus tard. Évoquant une mise en scène des deux ministres, le député Sam Hamad a déclaré que le nouveau gouvernement «gouverne comme une poule sans tête».

Il a rappelé que les dépassements budgétaires à ce stade-ci de l'année sont monnaie courante. Et qu'il est chaque fois du devoir du gouvernement en place de rappeler tout le monde à l'ordre.

«C'est ce que nous avons fait chaque année et il était prévu de faire le même exercice cette année», a déclaré l'élu libéral de Louis-Hébert.

Sam Hamad s'est montré cinglant sur les choix politiques du gouvernement Marois, alors que les revenus de l'État glissent vers le bas. «Au lieu d'encourager les entreprises à investir, M. Marceau veut les taxer. Il se propose d'encourager le ralentissement économique.»

Le libéral ne croit pas que le gouvernement du Parti québécois parviendra à éliminer les déficits budgétaires, comme il s'y est engagé hier. Sa décision de geler les tarifs d'électricité du «bloc patrimonial» l'éloignera encore plus de cet objectif, a-t-il dit.

Pour contenir les dépenses, le nouveau gouvernement a par ailleurs annoncé qu'il passera au crible des projets d'infrastructures dont les coûts paraissent s'envoler. Un exemple: la future route des monts Otish, dans le Moyen-Nord québécois, coûtera non pas 260 millions$, tel qu'annoncé au départ, mais plutôt 471 millions$ d'après les dernières évaluations.

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