Réformes fiscales coûteuses pour Marois, selon l'Institut C.D. Howe

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L'auteur de l'étude, Alexandre Laurin, prétend que l'abolition de la taxe santé pour la remplacer par l'imposition majorée des plus riches et d'une augmentation de l'impôt sur les revenus tirés de dividendes et de gains en capital ne se fera pas à «coût nul», comme l'affirme le gouvernement de Pauline Marois.

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Sophie Gall
Le Soleil

(Québec) L'ensemble des réformes fiscales prévues par le gouvernement Marois généreront un manque à gagner de 800 millions $, selon une étude publiée hier par l'Institut C.D. Howe.

 

 

 

 

L'auteur de l'étude, Alexandre Laurin, prétend que l'abolition de la taxe santé pour la remplacer par l'imposition majorée des plus riches et d'une augmentation de l'impôt sur les revenus tirés de dividendes et de gains en capital ne se fera pas à «coût nul», comme l'affirme le gouvernement.

Pour son étude intitulée Tuer la poule aux oeufs d'or : les impacts des hausses d'impôt proposées au Québec, Alexandre Laurin, directeur adjoint de la recherche de l'Institut C.D. Howe, a utilisé des modèles statistiques éprouvés, actualisés et utilisés par Statistiques Canada, en plus de prendre en considération les réactions des contribuables aux hausses d'impôt.

«Le calcul du gouvernement est exact si les contribuables ne réagissent pas, mais des études montrent que les contribuables réagissent aux augmentations d'impôts», explique l'économiste.

Perte d'un milliard $

Ainsi, souhaitant abolir la taxe santé, le gouvernement pensait combler la perte d'environ 1 milliard $ en augmentant les impôts des mieux nantis. Mais c'était sans compter la réaction de ces derniers, qui peuvent, entre autres stratégies, réduire leur travail, migrer à l'étranger où les taux d'imposition leur sont favorables, réduire certains investissements pour lesquels le rendement serait moindre, ou tout simplement faire de la planification fiscale avantageuse. Alexandre Laurin calcule donc que la hausse d'impôt des hauts revenus permettrait de rapporter 320 millions $ dans les coffres de l'État, soit 25 % seulement de ce qui est prévu.

L'économiste prévoit que «les contribuables à hauts revenus vont en moyenne déclarer 8,9 % de revenu en moins». D'où un manque à gagner de 800 millions $.

«Le Québec a la meilleure répartition fiscale au Canada, c'est le régime le plus redistributif», avance M. Laurin. Le gouvernement souhaite l'être davantage, mais la voie empruntée est «coûteuse», selon ses mots. «Il y aurait d'autres façons, comme l'augmentation des taxes foncières des maisons de plus d'un million, ou des façons qui changent moins les comportements des contribuables», ajoute-t-il. L'étude relate aussi que la péréquation va combler en partie le déficit. «Mais la péréquation est variable», lance l'expert. «Et l'idéal, c'est de ne pas dépendre de cette péréquation.»

Il rappelle aussi que l'argent de la péréquation provient en partie des poches des contribuables québécois, qui devront, à terme, payer le manque à gagner d'une façon ou d'une autre, ce qui fait dire à M. Laurin «qu'on n'a pas fini d'augmenter les impôts».

Pas de réactions

«On ne réagira pas précisément à cette étude», a dit Mélanie Malenfant, attachée de presse du ministre des Finances Nicolas Marceau. «On est en train de réfléchir aux propositions entourant l'abolition de la taxe santé, et ce sera annoncé plus tard cet automne», a-t-elle signifié. L'étude d'Alexandre Laurin est disponible en ligne au www.cdhowe.org.

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