Le grand patron de la Maison Simons ne cache pas que cette expansion en Alberta marquera un grand pas dans l'histoire de l'entreprise familiale fondée à Québec en 1840. «C'est très gros, pour nous. C'est un gros défi», a-t-il souligné vendredi lors d'un entretien au Soleil.
Pour s'implanter à Edmonton, la chaîne de magasins de vêtements de Québec dit avoir mis le paquet. «On parle d'un magasin phare exceptionnel, un flagship, qui va surprendre et qui va étonner», souligne M. Simons.
Cet investissement de 30 millions $ permettra surtout à Simons d'offrir aux clients de l'un des plus gros centre commercial d'Amérique du Nord une expérience de magasinage unique. «Tout a été pensé. Ce magasin sera à la fine pointe des tendances dans le monde du commerce au détail, un peu à l'image de notre magasin de Place Ste-Foy», fait valoir M. Simons.
La signature artistique de la succursale d'Edmonton, qui aura une superficie totale de 115 000 pieds carrés, devrait surprendre par son architecture épurée mettant en vedette des artistes canadiens de renoms. On pourra notamment y admirer en permanence l'oeuvre de cristal de Philip Beesley.
Le revêtement extérieur du magasin risque aussi d'attirer les regards, lui qui sera recouvert d'énormes lames de titane d'une hauteur de 40 pieds.
Un oeil sur la concurrence
Avec l'arrivée ces dernières années d'une dizaine de nouveaux détaillants de vêtements étrangers au Québec, Peter Simons reconnaît que cette avancée dans le reste du pays était devenue inévitable.
Dans ce contexte, il croit toutefois que l'entreprise privée qu'il dirige a un avantage indéniable sur ses compétiteurs souvent inscrits en Bourse. «Nous, on ne répond pas à la pression d'actionnaires de New York. Dans les relations avec nos clients, avec nos fournisseurs, on croit que l'on peut faire une différence. On est capable de faire des choses qui ne seraient pas possibles ailleurs», signale-t-il.
L'arrivée l'an prochain du géant américain Target au Canada ne semble pas le troubler. «Vous savez, le secteur du commerce au détail est l'un des plus durs et des plus compétitifs du monde des affaires. La compétition, c'est sain. Il en faut. Nos compétiteurs, on les observe, on les regarde aller et on s'ajuste en conséquence.»
Rien d'acquis
L'homme d'affaires est d'ailleurs loin de tenir pour acquis sa clientèle. «Chaque matin, tout est à refaire. Dans le commerce au détail, la loyauté des clients, ça n'existe pas. Chaque fois qu'un client entre chez nous, il faut le séduire. Cela demande beaucoup d'imagination.»
Après Edmonton, plusieurs marchés canadiens sont toujours dans la mire de la Maison Simons, dont Vancouver, Calgary, Winnipeg et Ottawa. Peter Simons veut toutefois prendre son temps et avoue que la concurrence est très forte. «Certains compétiteurs ne veulent pas nous voir. On a remarqué que plusieurs grandes chaînes essaient de nous bloquer. On doit déranger.»
Parallèlement à l'ouverture de son nouveau magasin en Alberta, la Maison Simons continue également de peaufiner sa présence sur le Web. Une nouvelle version (la quatrième) de son site transactionnel sera lancée en mars.
Au Québec, où Simons compte déjà sept magasins, la famille s'agrandira l'an prochain avec l'ajout d'une succursale aux Galeries d'Anjou dans la métropole. Un investissement de 25 millions $.
Et après? Le magasin des Galeries de la Capitale a maintenant 17 ans. Simons pourrait bien le rénover comme il a fait avec celui de Place Ste-Foy en 2010. «On a des idées et on travaille sur du long terme», rappelle Peter Simons.