Pénurie de main-d'oeuvre dans le commerce au détail

L'an dernier, le quart des détaillants ont éprouvé... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'an dernier, le quart des détaillants ont éprouvé des difficultés à recruter du personnel de vente, et près d'un employeur sur cinq a dû multiplier les démarches pour dénicher du personnel de supervision.

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Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) Dans le commerce de détail, la rareté de personnel n'est pas une menace lointaine qui risque un jour, peut-être, de s'abattre sur l'industrie. «La pénurie annoncée depuis longtemps se fait maintenant bien sentir. Il devient de plus en plus difficile de trouver des candidats qualifiés, expérimentés et ayant les qualités personnelles requises. Avec les retraites massives en perspective, plusieurs anticipent que ces difficultés iront en grandissant.»

Tel est le constat réalisé par Détail Québec - le comité sectoriel de main-d'oeuvre du secteur du commerce de détail - dans un sondage réalisé auprès de 200 employeurs et 300 employés portant sur les prévisions et les enjeux de l'emploi d'ici 2015 et dont les résultats ont été divulgués ce matin.

L'an dernier, le quart des détaillants ont éprouvé des difficultés à recruter du personnel de vente, et près d'un employeur sur cinq a dû multiplier les démarches pour dénicher du personnel de supervision.

Et la situation n'ira pas en s'améliorant.

«Selon les prévisions, le taux de croissance de la population irait en diminuant jusqu'en 2031. Il passerait de 4,1 % de 2006 à 2011 à seulement 1,8 % en 2026-2031, et serait particulièrement senti pour les 15-34 ans. Dans cette strate, pour les cinq prochaines années, on parle d'une baisse de 64 000 personnes. Pour le commerce de détail, cela pourrait signifier un ralentissement de croissance et des difficultés grandissantes de recrutement de main-d'oeuvre puisque les 15-34 ans composaient la moitié de la main-d'oeuvre en 2011.»

Par ailleurs, l'enquête confirme l'émergence d'une nouvelle tendance.

Un peu plus d'une entreprise sur cinq a embauché des personnes retraitées ou âgées de 55 ans et plus. Dans les établissements de 25 employés et plus, ce taux grimpe à 39 %. «Si je ne pouvais pas compter sur les semi-retraités, je devrais fermer les portes», a confié un employeur. «L'embauche d'une main-d'oeuvre expérimentée - souvent qualifiée et flexible quant aux horaires et heures de travail - devient un moyen de pallier aux difficultés de recrutement», estime Détail Québec.

Les patrons confessent que leur marge de manoeuvre en vue d'améliorer les salaires et les conditions de travail de leurs employés est bien mince.

Compte tenu de la hausse du salaire minimum, qui est passé de 7,30 $ à 9,90 $ l'heure entre 2003 et 2012, plusieurs employeurs avouent qu'il leur est difficile de proposer un salaire supérieur à ce qu'ils offrent actuellement. «On ne donne pas des augmentations à tout le monde. Alors l'augmentation du salaire minimum a pour effet d'écraser nos structures», affirme l'un d'eux. «Ça devient de plus en plus difficile de garder un écart de salaire entre les différents corps d'emplois», ajoute un autre.

Mode de rémunération

«L'une des solutions qui s'offrent aux employeurs est de mettre de l'avant d'autres modes de rémunération», suggère Détail Québec. À cet effet, le sondage révèle qu'en plus du salaire, 38 % des établissements offrent des commissions et 36 % offrent des primes de rendement. Les primes d'équipe et les régimes de partage des bénéfices sont respectivement offerts par 17 % et 11 % des entreprises.

Selon le comité sectoriel de main-d'oeuvre, les détaillants doivent fournir à leurs salariés un environnement de travail stimulant. En effet, les travailleurs sondés ont identifié l'ambiance de travail (31 %) comme le principal motif pour envisager de demeurer à l'emploi de leur patron actuel, et ce, bien avant le salaire et les conditions de travail (28 %) et l'intérêt des tâches exécutées (21 %).

Au Québec, le commerce de détail a réussi à passer à travers la crise économique de 2008 sans trop de dommages.

«Le nombre d'entreprises est resté relativement stable et le nombre de faillites n'a augmenté que légèrement», fait remarquer Détail Québec en signalant que le taux de chômage était passé de 4,8 % à 6,8 % entre 2007 et 2010. «Il est néanmoins demeuré inférieur à celui de l'ensemble des industries.»

Au Canada, en 2008, 73 % des PME du secteur du commerce de détail ont été rentables. La moyenne annuelle du bénéfice net des PME rentables était de 45 000 $.

En 2011, les ventes au détail au Québec ont totalisé près de 102 milliards $. Les ventes des épiceries et des marchands d'automobiles ont compté pour 39 % de ce total.

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