Du concret pour les ados, svp

Partager

Louis Tanguay
Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) Les étudiants et les élèves de tous les niveaux sont revenus en classe depuis quelques semaines.

Et ceux qui sont inscrits au second cycle du secondaire n'ont toujours pas droit à une formation pour comprendre les enjeux qui les touchent dans les domaines de l'économie et les finances personnelles.

Depuis un an, au moins deux études ont démontré les lacunes dans les connaissances du domaine financier. L'une identifiait une situation particulièrement grave chez les jeunes de 18 à 34 ans.

L'autre, évaluant les attitudes des finissants du secondaire à travers le Canada, estimait que les jeunes Québécois sont les moins bien préparés à avoir la bonne attitude par rapport aux enjeux économiques. Un score décevant pour ne pas dire honteux.

Les constats sont constants et plusieurs solutions testées.

Maintenant que la bousculade printanière et la joute politique sont derrière nous, il est temps de se pencher à nouveau sur la question.

La présidente du Mouvement Desjardins, Monique F. Leroux, qui n'en est pas à sa première sortie publique dans ce domaine, y est revenue au cours d'une récente entrevue privée accordée au Soleil.

Elle est toujours aussi convaincue de l'importance d'enseigner dès le secondaire les notions de base de l'économie et de la finance.

Avant la campagne électorale, l'économiste Alain Paquet, alors ministre délégué aux Finances responsable de l'Autorité des marchés financiers, qui a un rôle à jouer en éducation financière, voyait d'un très bon oeil les expériences pilotes déjà en cours.

Mais il admettait qu'au bout du compte, c'est au ministère de l'Éducation qu'appartiendrait la décision de rendre obligatoire ou non une formation de base aux finances personnelles et à l'économie.

C'est à ce moment que j'avais pris la décision de frapper à nouveau sur ce clou.

En espérant que quelqu'un saura montrer à la personne qui prendra les rênes du ministère de l'Éducation où il faut pousser pour faire aboutir un dossier urgent.

Plusieurs politiciens ont mis à leur agenda estival et électoral de promouvoir auprès des jeunes la culture de l'entrepreneuriat.

C'est difficile d'être contre, mais commençons par les notions de base.

Au fond, les adolescents sont exposés à toutes sortes de sollicitations. Ils doivent au moins savoir combien ils payent en frais bancaires quand ils utilisent une carte de guichet automatique et pourquoi.

Il faut aussi leur expliquer à quoi s'attendre quand ils décident de se doter (ou de s'endetter) d'une carte de crédit dont ils n'auront pas nécessairement les moyens de régler entièrement le solde à chaque échéance.

Certaines institutions bancaires ont beau plaider pour une approche prudente de remboursement total de la facture mensuelle d'une carte, elles ne peuvent s'empêcher d'inciter les jeunes à profiter de certains avantages ou rabais liés à l'utilisation de leur rectangle de plastique comme mode de paiement en magasin ou en ligne.

Pour s'initier aux rouages des services financiers et de l'économie, ils ont besoin d'une pédagogie interactive.

Longtemps avant d'être des électeurs et des contribuables au sens de l'impôt sur le revenu, les adolescents sont des agents économiques et méritent qu'on les équipe pour comprendre cette partie de leur environnement.

Citation de la semaine

«Auprès des jeunes, on a beaucoup de boulot à faire et il faut leur enseigner du concret.»

- Monique F. Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, septembre 2012

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer