Les Canadiens dépendants de leur paie

Près d'un salarié sur deux au Canada éprouverait des difficultés  financières... (Archives La Tribune)

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Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
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(Québec) Près d'un salarié sur deux au Canada éprouverait des difficultés financières si le versement de sa paie était retardé d'une semaine, révèle un sondage effectué par l'Association canadienne de la paie (ACP) auprès de 3500 travailleurs.

Et selon l'ACP, il s'agit là d'une «nette amélioration»! En effet, une enquête similaire menée en 2011 montrait que ce pourcentage atteignait 57 %.

Au Québec, 33 % des salariés interrogés ont répondu qu'ils auraient de la difficulté à joindre les deux bouts si, par grand malheur, le versement de leur paie était retardé d'une semaine. Il s'agit du pourcentage le plus bas au Canada.

Signe encourageant, le sondage révèle qu'un plus grand nombre d'employés estiment qu'ils sont maintenant en meilleure position pour mettre des sous de côté. L'an dernier, seulement 40 % des employés mentionnaient qu'ils étaient en mesure d'épargner davantage. Ce pourcentage passe à 66 % en 2012. «Un saut énorme», qualifie l'ACP.

Encore une fois, c'est au Québec que les salariés se démarquent par rapport aux résidants des autres provinces. En effet, 71 % des salariés interrogés affirment qu'ils sont aujourd'hui en mesure d'accroître leur épargne.

Taux d'épargne bas

Malgré le fait qu'un plus grand nombre d'employés mettent de l'argent dans leur petit cochon, l'ACP fait remarquer que le taux d'épargne de ces derniers demeure bas. «Près de la moitié des répondants affirment qu'ils réussissent à épargner 5 % ou moins de leur paie. Or, les spécialistes de la planification financière recommandent généralement un taux d'épargne de 10 % de la paie nette.»

Si les salariés épargnent peu, c'est parce qu'ils sont endettés. En effet, deux employés sur cinq dépensent leur paie nette jusqu'à la dernière cenne.

«L'endettement est le principal obstacle à l'épargne», confirme Francine Hamel, consultante budgétaire à l'Association coopérative d'économie familiale de Québec.

«Tous les jours, je vois des gens qui ont des paiements de 2000 $ à faire et qui n'ont pas d'hypothèque. C'est seulement pour rembourser les cartes de crédit. Seulement 1 % des gens que nous rencontrons font un peu d'épargne», signale-t-elle en ajoutant qu'ils sont maintenant de plus en plus rares les gens qui arrivent à la retraite sans avoir à traîner une dette.

Constat inquiétant

Selon l'ACP, le bas taux d'épargne cache un constat «inquiétant». «Lorsque nous demandons aux salariés jusqu'à quel point ils se rapprochent de leur objectif de retraite, 73 % d'entre eux disent avoir épargné moins du quart des sommes qu'ils aimeraient avoir accumulées.» Chez les 50 ans et plus, à peine 45 % indiquent qu'ils ont amassé moins du quart de l'épargne qu'ils avaient souhaité avoir engrangé pour leurs vieux jours. Il ne faut donc guère se surprendre d'apprendre que 41 % des employés qui avaient déjà fixé une date de retraite disent qu'ils devront maintenant besogner plus longtemps qu'ils l'avaient prévu il y a cinq ans. Ils estiment qu'ils devront travailler en moyenne cinq ans de plus.

Dans son enquête, l'ACP constate également que les employés semblent se préoccuper davantage de leurs besoins de retraite. Trois répondants sur 10 évaluent que des économies de 500 000 $ à 1 000 000 $ suffiront pour leur assurer une retraite à l'aise. Comparativement à l'an dernier, un plus grand nombre de salariés (38 % par rapport à 27 %) croit qu'il leur faudra plutôt entre 1 million $ et 3 millions $ pour combler tous leurs besoins de retraite.

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