CAF Fortier Excavation: la passion des grands chantiers

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Pendant ses jours de congé, André Fortier, président... (Photo Le Soleil, Patrice Laroche)

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Pendant ses jours de congé, André Fortier, président de CAF Fortier Excavation, travaille avec de la machinerie lourde pour aménager le terrain autour de sa maison.

Photo Le Soleil, Patrice Laroche

Yves Therrien
Le Soleil

(Québec) La piqûre du travail dans les chantiers, André Fortier l'a eue en 1967 lors des travaux que l'entreprise de son père Charles-Auguste effectuait à l'Expo 67 à Montréal. Il avait sept ans et aidait aux services des employés dans les immenses roulottes de chantier.

À croire qu'il avait eu à peine le temps de quitter les TONKA dans le carré de sable de l'enfance avant de passer au travail dans les cabines de la machinerie lourde. «Je suis venu au monde avec ça dans le sang. C'est ma passion», lance-t-il.

Aujourd'hui, il préside l'entreprise familiale Charles-Auguste Fortier (CAF) Excavation de Beauport, entouré de ses frères Mario, Florent, Rock, de sa soeur Édith, de sa femme Josée, de son fils Guillaume et d'autres membres de la famille. Mais, dans le fond, dit-il pendant l'entrevue dans les bureaux de Beauport, la grande famille est composée des employés qui sont demeurés unis et fidèles dans les périodes fastes comme dans les moments les plus difficiles.

Trois générations de Fortier travaillent donc dans l'entreprise, qui a commencé dans le terrassement résidentiel avant de passer aux plus gros travaux dans le secteur commercial et les chantiers d'ingénierie dans le secteur public.

André Fortier se souvient de son premier gros chantier, rue Jean-Perrin. La pelle excavatrice n'était pas assez grosse. Son père en a fait venir une plus grosse. Et au fil du temps, l'entreprise a grossi elle aussi.

Futur amphithéâtre

D'ailleurs, c'est cette entreprise de Beauport qui a décroché le contrat de 11 millions $ pour les travaux d'excavation pour le futur amphithéâtre de Québec et qui effectue des travaux de plus de 10 millions $ rue D'Estimauville, près de l'autoroute Dufferin-Montmorency. Il y a eu les travaux dans la côte du Passage à Lévis (11 millions $), l'an dernier, et le prolongement des travaux cette année (6 millions $). Et un autre chantier de 5 millions $ dans le secteur Saint-Romuald.

Il peut compter sur 135 employés et une centaine de véhicules, de camions, de pelles, de bulldozers et autres pièces de machineries lourdes.

Lorsque le père Charles-Auguste est mort en 1991, c'est le plus vieux de la famille, Rock, qui a repris les rênes de la compagnie. Mais en 2000, il choisit d'orienter sa carrière dans de nouvelles voies. C'est alors qu'André prend la tête de l'entreprise familiale.

Avant 2005 et le gros chantier sur Du Vallon, CAF effectuait des travaux pour des contrats entre 1 et 2 millions $. À partir de ce moment, la croissance était envisageable, et l'expansion commençait. Au moment de faire des travaux sur l'autoroute 50 dans la région de Montréal, l'entreprise comptait 200 employés.

«Nous nous sommes plantés avec ce chantier-là en 2008-2009, avoue-t-il. C'était la crise financière aux États-Unis, les banques ont eu peur et nous avons dû nous mettre sous la protection de la loi C-36.»

L'entreprise a eu le souffle coupé, mais elle a présenté une proposition de remboursement à 85 % de ses dettes qui lui permettait de rester en affaires. «Nous avons été mis en difficulté, mais nous nous en sommes sortis», raconte-t-il de l'émotion dans la voix.

La famille et la fidélité

C'est le sens de la famille, la fidélité des 135 employés qui sont restés malgré des conditions salariales moins élevées que celles offertes par la concurrence, et les «vrais amis» et fournisseurs qui ont donné un coup de pouce pour que CAF se relève de ce coup dur. «La force de la famille et la fidélité des employés qui ont su maintenir un niveau de performance élevé qui nous mène à ce que nous sommes aujourd'hui. C'est la fierté du travail bien fait et la passion qui nous tient ensemble», déclare-t-il en parlant de l'avenir et de la nouvelle génération qui prendra la relève.

L'avenir, elle passe par la consolidation des actifs, la stabilité financière de l'entreprise. Son rêve, son souhait le plus grand, c'est qu'après la troisième génération qui se prépare, une quatrième génération vienne mettre la main à la pâte avec la même fierté et la même passion pour honorer la mémoire de Charles-Auguste.

Et, si André Fortier a quitté son carré de sable bien jeune, aujourd'hui, à 52 ans, pendant ses jours de congé, il sort les pelles mécaniques pour faire des travaux grandeur nature pour aménager le terrain à son goût autour de sa propriété!

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