Elle devient en quelques mois la plus importante société de consultants en informatique ayant son siège social à Québec étant spécialisée dans l'architecture de réseau et les stratégies d'affaires jusque dans l'implantation et l'accompagnement des entreprises dans leurs projets de déploiement de leur système de technologie de l'information (TI).
Une fusion dans l'année du vingtième anniversaire peut paraître étonnante, mais selon l'ancien président de Sinapse, Denis Beauchesne, et le chef de la direction de CIA, Paul Raymond, les champs d'action des deux entreprises avaient les éléments de complémentarité permettant une addition des forces dans un marché occupé par des joueurs aux allures de multinationales.
Pour faire face à la concurrence et assurer une meilleure croissance, rien de mieux qu'une alliance des forces, une entreprise étant spécialisée dans les stratégies et la gestion des organisations dans le domaine public, l'autre dans les solutions et l'accompagnement des projets dans le secteur privé.
«Après sept années de croissance, nous avions besoin d'un levier pour aller vers l'international, explique Denis Beauchesne. Avec CIA, nous avions le meilleur partenaire pour notre développement.»
Vision commune
Paul Raymond partage le même sentiment, d'autant plus que les deux entreprises avaient une vision commune dans le monde de la technologie du savoir. «CIA était bien positionné dans son champ d'expertise, ajoute M. Raymond, mais il nous manquait le volet du secteur public et la stratégie d'architecture dans ce marché. Ainsi, peu importe le client, nous pouvons planifier, conseiller et accompagner le client dans ce qui est avantageux pour lui. Puisque nous ne sommes pas dépendants d'un logiciel ou d'une architecture en particulier, nous pouvons offrir un projet en fonction des besoins du client qui veut optimiser son processus d'affaires», peu importe sa taille.
Dans sa clientèle, la nouvelle entité CIA compte Desjardins et TELUS, par exemple, et maintenant des ministères comme les services partagés du Québec. Avec des bureaux à Toronto et Ottawa, l'expertise dans le secteur public devient une opportunité d'affaires pour s'attaquer à de nouveaux marchés, notamment du côté du fédéral qui aura lui aussi un organisme de services partagés comme au Québec.
Pour CIA, l'avenir passe par l'infonuagique (cloud computing) et par l'acquisition ou la fusion avec d'autres entreprises qui partagent les mêmes objectifs et les mêmes valeurs. Ce sera au Canada, pour établir de bonnes assises, et en Amérique du Nord d'abord, sans oublier de jeter un oeil sur le marché européen.
Pour illustrer les valeurs prônées, M. Raymond note la création des postes de vice-président au capital intellectuel et au capital humain, et le fait que tous les employés sont actionnaires de l'entreprise, puisque la richesse se crée par le partage et par l'engagement de chacun dans la progression de la compagnie. Ainsi, la confiance, le respect, la transparence, l'honnêteté et le plaisir sont au coeur de l'action.
Transformations
Mais, avant cette fusion et l'ouverture d'un bureau à Boston, CIA a vécu différentes transformations. En quittant le Mouvement Desjardins, il lui fallait un partenaire d'affaires pour assurer sa croissance.
Le fondateur et aujourd'hui président du conseil, Ghislain Rivard, trouve en CGI un partenaire qui investira avec une participation de 25 % dans la jeune entreprise. Avec le temps, la part de CGI grimpe jusqu'à ce que sa participation soit majoritaire. En 2011, CIA retrouve son indépendance en rachetant les actions de CGI, qui possédait 67 % des parts de CIA, tout en modifiant son équipe de direction. Paul Raymond, aujourd'hui président et chef de la direction, et Pierre Turcotte deviennent des partenaires financiers. La modification de la direction amenait de nouvelles orientations avec un plan de croissance dans des villes canadiennes et en Europe.
Outre le siège social, sur le boulevard Laurier à Québec, et le bureau de Boston, CIA possède des bureaux à Montréal, Ottawa, Toronto, et en France à Paris, Aix-en-Provence et Sophia-Antipolis. Le chiffre d'affaires se situe aux environs de 60 millions $ avec des perspectives d'embauche de 150 personnes d'ici la fin de 2013.