Une coop au secours du Mont Orignal

Avec son dénivelé de 300 mètres, le Mont... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Avec son dénivelé de 300 mètres, le Mont Orignal propose, entre autres, 23 pistes aux skieurs et des installations modernes pour les amateurs de glisse.

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Gilbert Leduc

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Le Soleil

(Québec) La nouvelle coopérative de solidarité de la station de ski du Mont Orignal peut maintenant aller vendre des frigidaires aux Esquimaux!

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La skieuse Marie-Michèle Gagnon a fait ses classes au Mont Orignal. Elle fait partie de la soixantaine d'investisseurs.

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En l'espace de quelques semaines, en plein été, elle a réussi à convaincre une soixantaine d'investisseurs privés à acheter des parts privilégiées de 25 000 $ chacune dans le but d'acquérir la station de ski de Lac-Etchemin.

«L'objectif est de vendre 48 parts à 25 000 $ pour amasser la somme de 1,2 million $ d'ici le 1er septembre. Huit semaines après le déclenchement de l'opération, nous en avons vendu 44. Il n'en reste plus que quatre sur le marché», rend compte le président du conseil d'administration de la coopérative, Marc Lacroix. «Jamais je n'ai vu une telle mobilisation et autant de détermination de la part d'une population autour d'un projet de sauvetage d'un équipement récréotouristique régional», exprime cet ancien dirigeant du Mouvement Desjardins qui est aussi chef de patrouille au Mont Orignal et propriétaire d'un chalet au pied de la montagne.

Parmi la soixantaine d'investisseurs privés qui ont sorti des billets verts pour assurer la continuité des opérations au Mont Orignal figure le nom de la jeune skieuse Marie-Michèle Gagnon, une étoile montante du circuit de la Coupe du monde qui a décroché, l'hiver dernier, un premier podium en carrière lors d'une compétition tenue en Suède. L'athlète de 23 ans a fait ses classes au Mont Orignal. «C'est la cour de récréation où j'ai grandi. Skier au Mont Orignal, c'est la chose que les jeunes à Lac-Etchemin et dans les environs peuvent faire durant l'hiver, il est donc important de maintenir la station ouverte», explique celle qui ne cache pas son bonheur de voir le titre de «copropriétaire» de la station de ski du Mont Orignal accolé bientôt à son nom.

Créée officiellement le 15 juillet, la coopérative de solidarité est composée de membres travailleurs et des membres de soutien. La contribution de ces derniers est de 500 $. Dans le cas des travailleurs de la station - ils sont 80 durant la saison hivernale -, leur participation de base individuelle s'élève à 50 $.

En plus de réaliser une récolte fructueuse dans le secteur privé, la coopérative a associé les leaders politiques et socioéconomiques au projet de sauvetage de l'un des trois principaux centres de ski dans la région de la Chaudière-Appalaches avec le Massif du Sud et le mont Adstock. La municipalité de Lac-Etchemin apporte une aide de 400 000 $ et va se porter acquéreur du chalet de la station qui deviendra un centre multifonctionnel servant à l'ensemble de la population. De son côté, la MRC des Etchemins injecte 50 000 $.

La caisse Desjardins des Etchemins (150 000 $), le CLD des Etchemins (100 000 $) et la SADC Bellechasse-Etechemin (65 000 $) apportent également leur coup de pouce sous la forme de subventions et de prêts.

«La région des Etchemins n'est pas l'une des plus favorisées au plan économique. Alors, avant d'essayer d'attirer de nouvelles entreprises sur le territoire, nous jugions important de s'occuper de celles que l'on a», souligne Marc Lacroix en indiquant que les contributeurs financiers viennent principalement de la Chaudière-Appalaches. «À eux seuls, les propriétaires de chalet ont investi près de 700 000 $.»

Une station en santé

Depuis 1994, la station de ski du Mont Orignal appartient à l'homme d'affaires et sénateur Michel Biron.

«À plusieurs reprises, M. Biron a évoqué la possibilité de la fermeture de la station», raconte M. Lacroix, qui fait partie d'un groupe de bénévoles - Les Amis du Mont Orignal - qui organise des activités pour financer des activités de la station. «Le 14 mai, il m'a avisé qu'il allait mettre fin aux opérations à compter du 1er septembre. M. Biron a 78 ans et dit qu'il veut passer à autre chose. Il m'a indiqué qu'il demandait 2 millions $ pour se départir des actifs.»

C'est à partir de ce moment que tout s'est bousculé pour Marc Lacroix et son groupe.

«Les sommes injectées ne rapporteront aucun intérêt, aucune ristourne aux investisseurs. Tous les profits seront réinvestis dans la station», explique Marc Lacroix. Il souligne que la coopérative allait hériter, si les dernières étapes des négociations avec le propriétaire actuel pour la vente des actifs se déroulent bien, d'une station en bonne santé financière et sans dette qui a réussi, ces dernières années, à enregistrer des profits de l'ordre de 100 000 $ par année (avant amortissement).

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