Beaupré veut ramener des industries sur les anciens terrains d'AbitibiBowater

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Le maire de Beaupré, Michel Paré, devant les restes de l'ancienne usine d'AbitibiBowater

Le Soleil, Erick Labbé

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) Déterminée à préserver la vocation industrielle des terrains de l'ancienne usine d'AbitibiBowater, la municipalité de Beaupré n'écarte pas la possibilité d'en faire l'acquisition.

«Est-ce que l'on va acheter le terrain? Il y a toutes sortes d'opportunités qui s'offrent à nous», a déclaré le maire de Beaupré, Michel Paré, en entrevue au Soleil.

En pleine restructuration, AbitibiBowater - aujourd'hui Produits forestiers Résolu - procédait à la vente, en juin 2010, de ses papeteries de Beaupré, de Donnacona et de Dalhousie, au Nouveau-Brunswick, à la société montréalaise American Iron & Metal (AIM) pour la somme de 8,7 millions $.

À Beaupré, le ferrailleur a pratiquement terminé la démolition de l'usine qui employait 370 travailleurs au moment de sa fermeture en octobre 2009. Il va rester à décontaminer le terrain.

«Notre intention n'est pas de développer le terrain, mais bien de le revendre», a indiqué Kamilia Wirpszo, chef du contentieux de la compagnie spécialisée dans le recyclage de métaux. En signalant qu'AIM entretenait des contacts avec des promoteurs intéressés à acquérir le terrain de Beaupré, Mme Wirpszo a mentionné qu'elle n'était pas en mesure de préciser si les acheteurs potentiels désiraient conserver la vocation industrielle des lieux ou plutôt de miser sur la construction résidentielle.

Emplois perdus

«Je n'accepterai la construction d'une maison sur l'emplacement de l'ancienne usine qu'au moment où l'on aura retrouvé les 370 emplois perdus», a insisté le maire Paré. «Un changement de zonage pour permettre le développement résidentiel? C'est non. C'est un site industriel. Ça va rester un site industriel. Chez AIM, les gens connaissent très bien notre position. Beaupré a déjà perdu suffisamment d'emplois.»

La municipalité de 3500 habitants a affiché ses couleurs, en décembre dernier, en déposant une offre d'achat à AIM pour mettre le grappin sur les bandes de terrain longeant la rivière Sainte-Anne-du-Nord et le fleuve Saint-Laurent. «Puisque nous n'avons pas obtenu de réponse de la part d'AIM à notre offre, nous avons donné le mandat à nos avocats de créer une réserve foncière pour des fins publiques dans le but de développer un parc linéaire le long de la rivière Sainte-Anne-du-Nord entre le boulevard Sainte-Anne et la limite de la municipalité vers le nord. Nous souhaitons ainsi augmenter les points de contact avec le fleuve pour les citoyens. AIM a contesté notre décision.»

Stratégie de requalification

Le mois dernier, Beaupré a confié un mandat à une firme spécialisée en planification, en développement et en aménagement - Daniel Arbour et associés - pour préparer une stratégie de requalification du terrain de l'ancienne papeterie. Les coûts de l'étude sont partagés avec le Bureau de la Capitale-Nationale et le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation. Les conclusions des experts sont attendues en septembre.

«Nous voulons identifier les créneaux industriels pertinents créateurs d'emplois et évaluer ce qu'il pourrait en coûter pour rendre le site encore plus attrayant pour les industriels», a mentionné Michel Paré, en rappelant que l'endroit est déjà bien desservi par des accès routiers, maritimes et ferroviaires, par une alimentation en eau de 45 000 mètres cubes par jour et par des installations électriques permettant de fournir 100 mégawatts. Des promoteurs industriels ont d'ailleurs visité les lieux ces dernières semaines.

«À partir des résultats de l'étude, nous évaluerons les différentes actions à prendre», a ajouté le maire en signalant que l'acquisition du terrain sur lequel se dressait l'usine était une avenue possible. Il estime le coût d'acquisition à 2,8 millions $. Sans compter les investissements requis pour rendre le terrain plus attrayant.

Une question de coûts

«Tout est une question de coûts. Pourrons-nous compter sur des subventions de la part du gouvernement? Beaupré est la seule municipalité à ne pas avoir reçu une compensation financière de la part du gouvernement du Québec à la suite de la fermeture d'une papetière sur son territoire. Nous n'avons jamais réussi à nous qualifier pour l'un ou l'autre des différents programmes gouvernementaux.»

«Notre objectif est de réhabiliter la zone industrielle laissée vacante par la fermeture de l'usine pour en refaire un pôle d'emplois structurant pour l'économie régionale. Nous voulons créer plus d'emplois que nous en avons perdus avec la fermeture d'AbitibiBowater et obtenir, pour nos contribuables, une richesse foncière plus importante que celle que nous apportait AbitibiBowater», a souligné le maire Paré, en rappelant qu'il n'était pas bien loin le jour où la région de Québec va manquer d'espace pour poursuivre son expansion industrielle.

En effet, le Plan métropolitain d'aménagement et de développement de la Communauté métropolitaine de Québec signale «qu'il va manquer dans la région, d'ici 2031, plus de 920 hectares de terrains industriels pour uniquement combler les besoins des villes de Québec et de Lévis. Des besoins en espaces supplémentaires pourraient également émerger sur le territoire de la ville de Saint-Augustin-de-Desmaures et des MRC de La Jacques-Cartier, de La Côté-de-Beaupré et de L'Île-d'Orléans.»

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