Papiers White Birch: transaction attendue d'ici la fin août

Pierre Couture
Le Soleil

(Québec) Si tout se déroule comme prévu, les trois usines québécoises de Papiers White Birch pourraient être vendues au fonds d'investissement américain Black Diamond à la fin août.«On vise une transaction autour du 31 août», a indiqué lundi au Soleil le contrôleur Martin Rosenthal de la firme Ernst & Young qui supervise le passage de la papetière sous la Loi des arrangements avec les créanciers.

Selon le syndic, tous les obstacles entourant la vente des éléments d'actifs (usines de Québec, de Rivière-du-Loup et de Gatineau) de Papiers White Birch au Québec à Black Diamond ont été levés. «Les avocats travaillent sur les documents de clôture corporatifs standards. Tous les points de négociation sont réglés», a fait savoir M. Rosenthal.

Un 14e report demandé

Ce matin, le contrôleur Ernst & Young sera d'ailleurs de retour en Cour supérieure devant le juge Robert Mongeon dans la métropole pour demander un nouveau délai (jusqu'au 14 septembre) visant à protéger la papetière de ses créanciers.

Si le juge Mongeon se rend aux arguments du syndic, il s'agira alors d'un 14e report de la période de sursis pour Papiers White Birch. Placée à l'abri de ses créanciers depuis février 2010, la papetière traîne des dettes de plus de 900 millions $.

Le syndic est d'avis que les plus récentes offres déposées et acceptées par ses travailleurs de Québec, de Gatineau et de Rivière-du-Loup, ainsi que ses ententes avec la Régie des rentes et Industrie Canada rendent maintenant possible une transaction avec Black Diamond.

La relance de l'usine Stadacona prévue pour le 2 août ne serait pas compromise, d'après M. Rosenthal.

Les retraités étudient les recours légaux

Quant aux retraités de la Stadacona, ils ne savent toujours pas s'ils contesteront devant les tribunaux l'entente intervenue entre le Syndicat des travailleurs de l'usine de Québec et Papiers White Birch.

L'accord prévoit notamment une baisse de leurs prestations de retraite de 30 %. «On vit une période très pénible en ce moment. Quelqu'un a décidé à notre place que nous allions perdre le tiers de nos rentes sans droit de regard, sans dire un mot», a déploré hier le président du Regroupement des retraités de l'usine Stadacona, Gilles Bédard.

Le regroupement des retraités dit vouloir prendre tout son temps afin d'étudier avec leur avocat les recours légaux possibles dans cette cause. «Nous n'avons pas l'intention de bloquer la relance de l'usine de Québec. En ce qui nous concerne, ça pourrait se régler dans une autre cause juridique», a laissé entendre M. Bédard.

Dans la négociation où trois usines de Papiers White Birch étaient en cause, seuls les retraités de l'usine de Québec subiront une perte de 30 % de leur revenu de retraite. Les retraités des usines de Gatineau et de Rivière-du-Loup encaisseront pour leur part une baisse de 10 % de leurs rentes.

À Québec, ce sont surtout les retraités les plus âgés qui écoperont, eux dont les revenus annuels de retraite varient entre 5000 $ et 15 000 $. La rente moyenne annuelle des 875 retraités de l'usine Stadacona s'élève à environ 23 000 $.

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