Papiers White Birch: les retraités de Québec ne décolèrent pas

Plusieurs retraités de l'usine Stadacona rencontrés sur place... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Plusieurs retraités de l'usine Stadacona rencontrés sur place mercredi en avaient  gros sur le coeur.

Le Soleil, Yan Doublet

(Québec) Les retraités de l'usine Stadacona de Papiers White Birch à Québec ne décolèrent pas. Ils ont la nette impression d'avoir fait les frais de la relance de l'usine en voyant leurs prestations de retraite amputées de 30 %.

«Il n'y a pas de mot pour décrire ce que l'on ressent en ce moment. On se sent carrément floué et abandonné», a soutenu mercredi le président du regroupement des retraités de l'usine Stadacona, Gilles Bédard, en marge d'un point de presse improvisé devant l'usine de Québec.

Le Regroupement n'écarte d'ailleurs pas la possibilité de déposer une poursuite devant les tribunaux pour obtenir réparation. «On va étudier avec notre avocat tous les recours possibles», a souligné M. Bédard, ajoutant du même souffle ne pas avoir l'intention de menacer la relance de la Stadacona.

Les retraités soutiennent notamment ne pas avoir été consultés lors des négociations visant à rouvrir l'usine de Québec. «C'est notre argent qui était en jeu, et nous avons été ignorés», a ajouté le président du Regroupement.

Ce dernier souligne que dans une négociation où trois usines de Papiers White Birch étaient en cause, seuls les retraités de l'usine de Québec subiront une perte de 30 % de leur revenu de retraite contre 10 % pour leurs vis-à-vis des usines de Rivière-du-Loup et de Gatineau.

«Dangereux précédent»

Pour le Regroupement, ce «dangereux précédent» ouvre maintenant la porte à tous les employeurs du pays qui seront tentés d'imiter Papiers White Birch en se plaçant sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies afin de radier une partie de leurs obligations financières envers leurs régimes de retraite. «Retraités, attention à vos économies, une porte vient de s'entrouvrir», a-t-il laissé entendre.

Le Regroupement reconnaît qu'un «trou» dans la loi canadienne C-36 sur les arrangements avec les créanciers des compagnies ne permet pas aux bénéficiaires des régimes de retraite d'obtenir un statut de créancier prioritaire.

Dans le cas de l'usine Stadacona, ce sont surtout les retraités plus âgés qui écoperont, eux dont les revenus annuels de retraite varient entre 5000 $ et 15 000 $. La rente moyenne annuelle des 875 retraités de l'usine de Québec s'élève à environ 23 000 $.

Gros sur le coeur

Plusieurs retraités de l'usine Stadacona rencontrés sur place mercredi en avaient aussi gros sur le coeur. «C'est aberrant, ce qui se passe. On a l'impression que notre propre syndicat nous a laissé tomber», a fait savoir Raymond Thibault, qui compte 33 années de service à l'usine de Québec.

Son collègue retraité, Laurent Langlais, comptant 39 années de service, avait lui aussi peine à y croire. «C'est très dangereux, ce qui se passe. Ça montre l'exemple que d'aller piger dans les caisses de retraite des travailleurs, c'est maintenant possible au Canada», a-t-il laissé tomber.

Le représentant syndical du SCEP, Pierre Auclair, a de son côté déploré cette sortie publique des retraités tout en reconnaissant que toutes les parties impliquées dans ce dossier ont dû faire d'importantes concessions. «Nous avons tous été coincés. J'espère que les actions des retraités ne mettront pas en péril la relance de l'usine», a-t-il évoqué.

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