Produits forestiers Résolu dénonce les conditions de relance de Papiers White Birch

Selon le directeur des affaires publiques de Produits... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Selon le directeur des affaires publiques de Produits forestiers Résolu, Pierre Choquette, la réouverture de l'usine Stadacona (photo) viendra directement concurrencer la compagnie dans la production de grades de papiers dont les parts de marché sont en décroissance. La semaine dernière, Québec a accordé un prêt sans intérêt de 35 millions $ à Papiers White Birch afin de diversifier la production de l'usine Stadacona.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

(Québec) La relance de l'usine Stadacona ne fait pas l'unanimité au sein de l'industrie des pâtes et papiers. Produits forestiers Résolu dénonce l'aide financière et les lourdes compressions dans les fonds de pension accordées par Québec à Papiers White Birch la semaine dernière.

«Ce n'est pas compliqué, on ne joue plus maintenant à armes égales avec Papiers White Birch», a soutenu mardi au Soleil le directeur des affaires publiques de Produits forestiers Résolu, Pierre Choquette.

Selon ce dernier, la réouverture de l'usine Stadacona aura un impact direct au cours des prochains mois sur les activités de Résolu au Québec. «La relance de cette usine viendra directement nous concurrencer dans la production de grades de papiers dont les parts de marché sont en décroissance. C'est clairement pour nous un nouveau compétiteur qui arrive dans le marché, et ce ne sont pas de bonnes nouvelles.»

La semaine dernière, le gouvernement du Québec a annoncé en grande pompe la réouverture de l'usine Stadacona, prévue le 2 août. Québec a accordé un prêt sans intérêt de 35 millions $ à Papiers White Birch afin de diversifier la production de l'usine Stadacona. L'usine produira notamment du papier annuaire et du papier surbrillant.

Or, Résolu craint que l'arrivée sur le marché de ce «nouveau compétiteur» sonne l'arrêt définitif de sa machine numéro 9, qui fabrique du papier annuaire à son usine d'Alma, au Lac-Saint-Jean.

Résolu craint également pour la production de son usine d'Amos si Papiers White Birch se remettait éventuellement à produire du papier journal à Québec.

Avantage déloyal

Produits forestiers Résolu considère également comme un avantage déloyal les réductions de prestations accordées dans les régimes de retraite chez Papiers White Birch.

Car contrairement à Papiers White Birch, qui a décidé de couper 30 % (400 millions $) dans ses prestations aux retraités et de fermer ses régimes, Résolu a convenu d'étirer sur 15 ans, avec l'accord de la Régie des rentes du Québec, la période pour renflouer le lourd déficit (1,3 milliard $) de ses fonds de pension.

La façon de faire de Papiers White Birch a d'ailleurs soulevé la colère récemment du grand patron de la société de portefeuille financière Fairfax de Toronto, Prem Watsa, qui détient 19 % des actions de Produits forestiers Résolu.

La boîte de Pandore

Pour le professeur spécialiste en foresterie à l'Université Laval Luc Bouthillier, la réduction des prestations dans les régimes de retraite chez Papiers White Birch va créer un important déséquilibre au sein de l'industrie forestière. «On vient d'ouvrir une boîte de Pandore. C'est un important précédent. Je ne comprends toujours pas l'attitude du syndicat dans ce dossier», a-t-il dit mardi.

Le professeur doute d'ailleurs d'une relance durable de l'usine Stadacona. «J'imagine qu'il devait avoir de la pression énorme pour sauver cette usine en vue de la prochaine campagne électorale», a-t-il laissé entendre, ajoutant du même souffle que les marchés du papier annuaire et du papier surbrillant étaient en net déclin ces dernières années.

Les retraités crient au vol

Le Regroupement des retraités de l'usine Stadacona n'en revient toujours pas de l'entente signée entre les syndicats et Papiers White Birch. Les retraités verront leurs prestations amputées de 30 %.

«C'est un geste immoral. C'est du vol, d'autant plus que les répercussions se feront sentir partout au pays dans les caisses de retraite», a soulevé mardi le président du regroupement, Gilles Bédard. Les retraités n'ont d'ailleurs pas l'intention d'en rester là. Ils ont l'intention de contester cette entente devant les tribunaux.

Les retraités de la Stadacona, qui perçoivent en moyenne 23 000 $ par année, soutiennent que leurs économies de retraite n'avaient pas à être un enjeu pour rouvrir l'usine de Québec. À la section Québec du SCEP, on soutient que les retraités étaient au courant des négociations et qu'ils savaient ce qui se passait. «Nous sommes donc surpris de leurs réactions», a fait savoir hier le porte-parole François Gallant.

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