Les travailleurs de Papiers White Birch heureux... malgré tout

La plupart des travailleurs rencontrés vendredi se réjouisssaient... (Le Soleil, Yan Doublet)

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La plupart des travailleurs rencontrés vendredi se réjouisssaient de la réouverture prochaine de l'usine.

Le Soleil, Yan Doublet

Le Soleil

Les travailleurs de l'usine Stadacona de Papiers White Birch se réjouissent de la relance des activités tout en ayant un goût amer en raison des concessions sur le plan des salaires et des retraites consenties ces derniers mois.

«Je suis de bonne humeur parce qu'on recommence à travailler, mais disons qu'avec tout ce qu'on a laissé tomber, ça va prendre un peu de temps à oublier, à passer au travers», laisse entendre Benoît Racine, un technicien en instrumentation et contrôle à Papiers White Birch.

«Ça laisse un petit goût amer», ajoute celui qui comptait prendre sa retraite avant l'annonce de la fermeture de l'usine à la veille de Noël. Les retraités de l'usine Stadacona devaient au départ perdre la moitié de leur fonds de retraite en conséquence de la fermeture. Le plan de relance confirmé vendredi fera désormais en sorte que les retraités auront droit à 70 % de leur fonds de retraite.

«C'est sûr que c'est un moindre mal, indique l'employé. Les gens vont recommencer à travailler. Et pour moi, qui étais rendu près de ma retraite, c'est plus difficile. Ce sont des pertes. Mais ce n'est pas grave. On continue.»

Brigitte Leblanc était quant à elle radieuse lors de l'annonce de la relance de la papetière de Québec. Cette commis à l'entretien voyait enfin un terme à l'angoisse et à l'incertitude. «La période de chômage se terminait dans quelques semaines! Je pense qu'aujourd'hui, ça va enlever beaucoup de pression dans les foyers.»

Beaucoup de concessions

Comme bien d'autres, la salariée a payé chèrement ce retour possible au travail dans les prochaines semaines. «On a fait beaucoup de concessions, mais ça s'en vient comme ça un peu partout. Alors là, on regarde en avant», philosophe Brigitte Leblanc. «Il ne faut plus regarder en arrière. Si on regarde tout ce qu'on a perdu, on n'avancera plus dans la vie.»

Guy Riel reconnaît que ses membres ont pris une décision douloureuse en misant sur une réouverture hypothétique. «Ça fait au-dessus de sept ou huit mois qu'on travaille d'arrache-pied pour avoir une entente. C'était toujours long. Ça perdurait, et le chômage était sur le point d'achever. Ça a été très difficile pour nos membres», résume le président du local 250 des employés sur les machines à papier. «C'est vrai qu'on a perdu beaucoup. Mais les gens nous disaient : "Si on peut ravoir notre emploi, pour pouvoir continuer à se refaire." Alors aujourd'hui, c'est une bonne nouvelle pour tout le monde.»

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