Quand André D'Amours de la Financière Banque Nationale parle de défis, c'est d'abord à cause de la perte de pouvoir d'achat du détenteur d'un portefeuille essentiellement composé d'obligations à échéance de 10 ans. Rendement : 1,6 %, pendant que l'inflation maintient son rythme autour de 2 %.
Comme solution, il suggère une mixité d'obligations de court terme, pour protéger le capital, et d'actions privilégiées de très bonne qualité (P-1 et P-2).
Par exemple dans les pipelines, on peut espérer un dividende entre 4 et 5 % et, «si la situation se détériore, on peut voir venir le train». En haut de sa liste, les privilégiées offrant un taux ajusté aux cinq ans.
Steve Buisson de Valeurs mobilières Banque Laurentienne s'intéresse de plus en plus aux obligations de société. Ceux qui en ont acheté il y a un certain temps ont vu leur valeur diminuer quand l'écart entre elles et le taux des obligations «sans risque» a considérablement augmenté à cause du climat d'incertitude.
Mais aux taux actuels, elles contiennent, selon lui, un potentiel de rendement intéressant quand l'écart reviendra à son niveau habituel, soit à environ 3,5 % au-dessus des obligations gouvernementales.
Le gain pourrait toutefois être grugé par une remontée des taux d'intérêt.
Charline Gilbert de RBC Dominion Valeurs mobilières privilégie elle aussi l'approche «dividende» associée aux grandes sociétés.
Marché américain
Sur le marché américain, elle préfère les secteurs défensifs, comme les produits de consommation de base. Dans ses portefeuilles, elle a tendance à augmenter légèrement les positions en soins de santé et à diminuer les titres industriels et énergétiques. Au Canada, elle est plutôt à l'aise avec les banques.
M. Buisson aussi voit des aubaines dans le secteur financier et reste porté vers les titres non cycliques.
Au contraire, dit M. D'Amours, tout le monde s'est lancé sur les titres défensifs et ils ont déjà bien fait. Il travaille plutôt sur les ressources (pétrole et gaz, matériaux de base et agriculture) qui ont souffert de ventes massives par des gestionnaires de fonds de couverture qui ont liquidé des portefeuilles entiers.
Pour le Canada, dit Mme Gilbert, les piliers sont la stabilisation en Europe, la remontée du produit intérieur brut aux États-Unis et la croissance économique en Chine. À ce sujet, elle a très hâte de voir au cours des prochains jours les statistiques qui pourraient expliquer en partie l'empressement des autorités monétaires chinoises à adopter cette semaine des mesures plus accommodantes pour la deuxième fois en un mois.
Précédemment, rappelle M. D'Amours, elles avaient resserré le crédit à six reprises en un an, pour éviter la surchauffe, et elles disposent d'une marge de manoeuvre pour aiguillonner la croissance. L'exposition aux marchés étrangers est un de ses trois critères pour choisir des grandes multinationales américaines capables d'accroître leur dividende.
Steve Buisson parle même d'options pour investir plus directement dans les marchés émergents, «pour ceux qui ont le coeur solide», dans un contexte de volatilité.
Mais il croit que, à l'heure où le Canada ralentit, le marché boursier américain fait mieux que les autres et continuera à mieux faire d'ici la fin de l'année, malgré une période de turbulence à craindre à l'approche des élections de novembre.
Selon lui, la ronde des résultats trimestriels qui débute devrait être généralement bonne.
Ils seraient au mieux «corrects», estime Charline Gilbert, qui ne s'attend pas à ce que la parade insuffle beaucoup de mouvement aux indices boursiers.
André D'Amours rappelle que les bénéfices des sociétés américaines dépassent de 25 % le sommet qu'ils avaient atteint en 2008.
Il cite aussi une étude montrant que les fonds communs de placement investis en actions renferment un niveau de liquidités atteint seulement deux fois ces 10 dernières années.
Et chaque fois une forte poussée à la hausse a suivi sur les places boursières.
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