Grève à la CCQ: chèques retardés pour des ouvriers

600 employés de la CCQ sont actuellement en... (Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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600 employés de la CCQ sont actuellement en grève.

Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse

La Presse Canadienne
Montréal

La grève des 600 employés de la Commission de la construction perturbe non seulement le dépouillement du vote de changement d'allégeance syndicale dans l'industrie, mais entraîne des retards dans l'émission de chèques pour les ouvriers et fait que des ouvriers, présentement, travaillent sur les chantiers sans carte de compétence.

La FTQ-Construction et le Conseil provincial se plaignent du fait que leurs membres sont des victimes collatérales du conflit de travail qui sévit à la Commission de la construction (CCQ) depuis un mois.

Les deux principales organisations de la construction, qui représentent 70% des ouvriers, ont aussi refusé de franchir les piquets de grève, vendredi matin, alors que le dépouillement des votes devait commencer à l'ancien siège social de la Commission de la construction.

Ce vote de changement d'allégeance syndicale a eu lieu tout au cours du mois de juin, par la poste. Le dépouillement commençait vendredi, en présence d'observateurs provenant des syndicats.

Or, les cinq organisations syndicales de la construction ont refusé de franchir les piquets de grève dressés par les employés de la CCQ, qui sont aussi syndiqués à la FTQ, mais dans un autre syndicat. Le dépouillement se fera donc en l'absence de représentants syndicaux.

Ces 600 employés, membres du Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB-FTQ), sont en guerre ouverte avec la présidente de la CCQ, Diane Lemieux. Ils sont sans contrat de travail depuis décembre 2009 et les négociations sont très difficiles.

Le syndicat s'est plaint à trois reprises déjà soit de recours à des travailleurs de remplacement par la direction de CCQ, soit d'entrave aux activités syndicales, parce que la direction s'est adressée directement aux syndiqués.

Le directeur exécutif du SEPB-Québec, Serge Cadieux, demande à la ministre du Travail Lise Thériault de ramener à l'ordre la présidente de la CCQ, Diane Lemieux, elle-même une ancienne ministre péquiste du Travail et de l'Emploi, ou bien il veut que Mme Lemieux quitte son poste.

Pendant ce temps, la grève des 600 employés de la CCQ a des répercussions sur l'ensemble des ouvriers de la construction, ont plaidé le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, et celui du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), Donald Fortin.

Ils affirment que des chèques dus aux ouvriers accusent des retards et certains s'inquiètent pour les paies de vacances. Celles-ci auront lieu du 22 juillet au 4 août inclusivement.

«C'est notre monde en grève qui, habituellement, voit à l'émission des chèques pour les vacances de la construction. Ce sont nos employés en grève qui voient à superviser le scrutin qui se passe aujourd'hui (vendredi). Donc, on voit bien que la Commission n'est pas en mesure de remplir ses mandats sans utiliser de scabs», a tonné le directeur exécutif pour le Québec du Syndicat des employés professionnels et de bureau, Serge Cadieux.

«Effectivement, il y a des dommages majeurs. Il y a beaucoup de travailleurs qui ne reçoivent pas leur chèque de remboursement de médicaments. Il y a des travailleurs qui n'ont pas reçu leur chèque de vacances, parce qu'il y a eu des changements d'adresse et ils attendent après leur chèque. Ce sont des choses irréparables», a commenté Donald Fortin, du Conseil provincial.

De plus, comme ce sont les employés de la CCQ qui émettent les certificats de compétence aux nouveaux diplômés des écoles de construction, ceux-ci se trouvent à travailler sur les chantiers, mais sans carte de compétence, à cause de la grève.

«Ils utilisent des travailleurs qui n'ont pas leur carte de compétence; ça, c'est du travail au noir au sens de la loi», conclut M. Cadieux.

«Il va falloir que Mme Lemieux se rende compte que ça ne se passe pas seulement dans un bureau. Il y a des dommages collatéraux qui se font dans ce conflit-là actuellement. Il va falloir retravailler pour refaire tout ça, regagner la confiance des travailleurs, les ramener dans le droit chemin, à cause du travail au noir», a soutenu M. Ouellet, de la FTQ-Construction.

Il presse les parties de reprendre la négociation. «Il faut qu'ils s'assoient, qu'ils recommencent à négocier et qu'ils règlent ce conflit-là. L'industrie de la construction, depuis quelques années, c'est ça qui tient l'économie du Québec», a plaidé M. Ouellet.

M. Cadieux rapporte que les négociations sont au point mort et qu'aucune séance n'est prévue.

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