Gaz Métro refuse d'enterrer Rabaska

Gaz Métro refuse toujours de mettre une croix sur son projet Rabaska,  qui vise... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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(Québec) Gaz Métro refuse toujours de mettre une croix sur son projet Rabaska, qui vise à construire un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) à Lévis.

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La présidente et chef de la direction de Gaz Métro, Sophie Brochu

La Presse, Alain Roberge

«Rabaska, c'est le filet de sécurité pour la clientèle de Gaz Métro au Québec», a indiqué jeudi au Soleil la présidente et chef de la direction de Gaz Métro, Sophie Brochu.

Les trois partenaires de Rabaska (Gaz Métro, Enbridge et Gaz de France) disent avoir injecté jusqu'à maintenant 45 millions$ dans l'aventure. Le projet de 1 milliard$, qui ferait accoster des navires remplis de GNL en provenance de l'étranger à Lévis, a été mis sur la glace en raison de la chute des prix de la précieuse molécule en Amérique du Nord.

Selon la présidente de Gaz Métro, le marché mondial de la production et de la distribution du gaz naturel est en plein bouleversement et il serait une erreur d'enterrer le projet Rabaska trop rapidement. «Il faut penser à long terme. Si on assiste à un resserrement des prix, on sera prêts», a-t-elle fait valoir.

Il faut dire que le prix du gaz naturel nord-américain a chuté de façon draconienne ces dernières années, passant de 10$ à environ 2,75$ le 1000 pieds cubes ces temps-ci.

La découverte de nouveaux gisements issus notamment des schistes de la Pennsylvanie, de l'Ohio et du Texas a permis d'inonder le marché. Conséquence: les coûts du gaz naturel sont à leur plus bas depuis 10 ans.

En 2008, Gaz Métro négociait pourtant avec le géant russe Gazprom alors que le millier de pieds cubes de gaz naturel s'échangeait à 10$ en Amérique du Nord et à 13$ en Europe. Certains analystes avançaient même que le prix du gaz allait grimper en Amérique du Nord au cours des prochaines années. Ce qui n'a pas été le cas.

La numéro un de Gaz Métro estime que le projet Rabaska redeviendra actif si le prix du gaz naturel remonte en Amérique du Nord. «Disons que dans une fourchette de prix variant entre 8$ et 10$ le millier de pieds cubes, Rabaska redeviendra intéressant économiquement», a-t-elle laissé savoir.

Les abondantes réserves de gaz naturel en Amérique du Nord pourraient d'ailleurs sourire à Gaz Métro (et ses partenaires) si l'entreprise décidait d'exporter le combustible en Europe et en Asie, là où la demande est très importante et les prix élevés.

Chez Gaz Métro, on est toutefois loin d'évoquer aussi clairement ce scénario. «Cela n'a jamais été envisagé. Il faudra qu'il coule beaucoup d'eau sous les ponts pour en arriver là», a précisé Mme Brochu.

Cette dernière reconnaît que les calculs ne sont pas faciles alors qu'il faut se faire une idée sur le prix du gaz naturel en Amérique du Nord au cours des 15 prochaines années et le comparer avec ce que sera alors le prix en Europe et en Asie.

Actuellement, le gaz naturel en Europe se vend trois fois plus cher que celui en Amérique du Nord.

Plusieurs importants distributeurs de gaz naturel européens étudient pourtant la possibilité de s'approvisionner en gaz naturel ici en raison de la faiblesse des cours par rapport aux prix payés en Europe et en Asie.

Diversification

Quoi qu'il en soit, Gaz Métro dit poursuivre son plan de diversification de ses activités énergétiques. Jeudi, l'entreprise a notamment annoncé l'acquisition officielle du distributeur d'électricité du Vermont, Central Vermont Public Service.

Avec cet achat de 700 millions$US, jumelé à son autre réseau Green Mountain Power, Gaz Métro dessert maintenant plus de 250 000 clients au Vermont dans le secteur de la distribution électrique.

«Cette transaction marque un jalon important dans l'exécution rigoureuse de notre stratégie de diversification prudente et ciblée dans le monde de l'électricité», a dit Mme Brochu.

Au Québec, Gaz Métro investira tout près de 1 milliard$ dans le développement de plusieurs projets éoliens près de Québec (Seigneurie de Beaupré), qui totaliseront en 2015 une puissance installée de 341 mégawatts (MW).

Chemin faisant, en seulement cinq ans, la valeur des actifs de Gaz Métro aura doublé, fait remarquer Mme Brochu, passant de 2,7 milliards$ en 2007 à 5,4 milliards$ à la fin de 2013.

Jeudi, à la Bourse de Toronto, le titre de Valener (qui possède 30% de Gaz Métro) a terminé la journée à 15,01$, en baisse de 6¢.

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