Gouvernance de la Baie James: une entente bientôt ratifiée

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Louis Tanguay

Louis Tanguay
Le Soleil

(Montebello) L'entente confirmant le partage entre les Jamésiens et les Cris du pouvoir administratif sur le territoire de la Baie James pourrait être ratifiée d'ici à trois semaines.

Les négociateurs des deux parties ont terminé leur travail, a indiqué hier Matthew Coon Come, grand chef du Conseil des Cris, au cours d'un colloque organisé par l'Association minière du Québec (AMQ).

Le texte a été finalisé et il ne manque plus que l'approbation du Conseil des ministres et des membres du Conseil des Cris à qui il sera soumis les 25 et 26 juin. Son contenu pourrait alors être annoncé dès le début de juillet. La négociation sur la gouvernance dans le territoire où les Cris exercent leurs activités traditionnelles a été entreprise il y a un peu plus d'un an, soit 10 ans après la signature de la Paix des braves. Les principes qui ont prévalu à la négociation prévoient que le territoire soit, pour 10 ans, gouverné en collégialité par les Blancs et les Cris, qui comptent pour 50 % de la population régionale.

Des partenariats

M. Coon Come a par ailleurs profité de la présence des dirigeants de l'industrie minière québécoise pour leur rappeler que les promoteurs de projets de prospection et d'exploitation des ressources minérales doivent maintenant parler aux communautés cries et bâtir des partenariats au bénéfice commun des Cris et des développeurs, comme cela s'est fait par exemple dans le développement de la mine Éléonore de Goldcorp.

Le partage de l'espace entre les activités minières et les autres occupations a aussi été au coeur des propos de Mario Provencher, maire de Rouyn-Noranda et préfet de sa MRC. Sa municipalité a innové en créant un comité consultatif municipal qui a fini par s'entendre sur des grilles de priorité pour soumettre tous les projets à une analyse qui déborde habituellement les compétences techniques des élus. Le but, dit M. Provencher, est d'éviter que des promoteurs gaspillent des centaines de milliers de dollars pour finalement se faire dire non à un stade ultérieur.

Dans une autre municipalité de l'Abitibi-Témiscamingue, Malartic, la mise en exploitation à ciel ouvert d'une mine en milieu urbain a aussi fait couler beaucoup d'encre. Malgré toutes les initiatives prises dans la communauté locale autour de ce projet de 1 milliard$, il est impossible de faire l'unanimité, reconnaît Brian Coates, vice-président aux finances de la Corporation minière Osisko.

Mais la clé du succès de ce projet qui reçoit l'appui de 87 % de la population locale sondée, c'est la communication établie dès le départ avec toutes les parties prenantes, dit M. Coates. Sur l'ensemble des enjeux de l'acceptabilité sociale des projets miniers, Karine Casault, conseillère en développement durable à la firme CBleue, a pour sa part retenu beaucoup d'attention en expliquant que les informations véhiculées par les médias ont une influence non seulement sur les perceptions des citoyens mais aussi sur la performance boursière des sociétés canadiennes engagées dans les activités minières.

La recherche qu'elle a menée sur un vaste échantillon indique en effet une corrélation entre le ton des interventions médiatiques et la fluctuation de la valeur des actions des entreprises qui en étaient l'objet.

Par ailleurs, Mme Casault soutient qu'une attitude d'ouverture au changement et de transparence peut modifier les opinions exprimées dans les médias sociaux.

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