En mars 2011, le président de la STQ, Georges Farrah, indiquait que le premier traversier serait livré à l'automne 2013 et le second, six mois plus tard. Un an plus tard, devant les retards qui s'accumulaient dans l'opération de relance du chantier maritime de Lévis, la STQ refaisait ses devoirs. Dans la mesure où les travaux allaient débuter cet été, la prise de possession du premier bateau devrait se faire à la fin du mois de mars 2014, et celui du deuxième, à la fin du mois de juillet de la même année. C'était avant qu'Upper Lakes et son partenaire d'affaires, SNC-Lavalin, ne décident de lever l'ancre.
Pour le moment, la STQ garde le cap, assure sa directrice des communications et du marketing, Maryse Brodeur. «Nous n'avons pas d'indication, pour l'instant, que la démarche initiée par le propriétaire de Davie Canada allait décaler de façon significative notre calendrier.»
Pour finir par savoir, une fois pour toutes, sur quel pied danser, la STQ dit, par la voix de sa porte-parole, que «ça va dépendre à quelle vitesse la situation va se régulariser - si elle est régularisée - et dans quelle mesure le chantier pourra reprendre ou non rapidement ses activités».
Mme Brodeur a indiqué au Soleil que le remplacement du Armand-Imbeau et du Jos-Deschênes à la traverse de Tadoussac-Baie-Sainte-Catherine ne constituait pas une urgence nationale et que les deux navires étaient encore «en très bon état». C'était «dans l'optique d'une saine gestion d'une flotte qui est vieillissante» que la STQ avait décidé, il y a deux ans, que le moment était venu de remplacer les deux bateaux passeurs - qui devraient éventuellement amorcer une nouvelle vie du côté de la traverse Sorel-Tracy-Saint-Ignace-de-Loyola - par des bâtiments de 3500 tonnes chacun.
Questionnée à savoir si la STQ, dans les circonstances, ne pourrait pas être tentée d'aller faire construire ses navires ailleurs qu'à Lévis, Maryse Brodeur a rappelé qu'un décret gouvernemental, adopté le 18 mai 2011, ordonnait que la construction des deux navires se fasse au chantier Davie. Évoquant des «circonstances exceptionnelles», le gouvernement avait exempté la STQ de recourir à la procédure d'appel d'offres pour la construction des deux navires et avait accordé de gré à gré le contrat de 150 millions $ au consortium formé par Fincantieri et Drs Canada, qui négociait, à l'époque, l'achat du chantier. Tout ça afin de positionner Davie en vue de l'obtention des contrats de construction navale de 35 milliards$ du fédéral.
«En vertu de ce décret, nous sommes autorisés à négocier avec l'acquéreur éventuel des actifs du chantier. S'il n'y a pas d'acquéreur, nous pourrions alors aller en appel d'offres», a souligné Mme Brodeur.
Au cabinet du ministre délégué aux Transports, Norman MacMillan, l'attachée de presse a indiqué au Soleil qu'il n'était pas question de mettre à la poubelle le décret de mai 2011 et de permettre à la STQ de lancer un appel d'offres public pour faire construire les deux navires.
«Pour l'instant, en ce qui nous concerne, les bateaux seront construits à la Davie», a affirmé Véronique Normandin, en rappelant que le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE) était étroitement associé aux démarches en cours pour trouver un repreneur.
«Nous allons attendre que le MDEIE complète ses démarches avec les investisseurs potentiels et nous aviserons pour la suite des choses.»